L’Éristale horticole

L'Éristale horticole.

Comme le nom de cette jolie butineuse le suggère, l’Éristale horticole visite ordinairement les fleurs des jardins…

Taille maxi : 11 mm. Visible de juin à septembre.

À vrai dire, même si le jardin se requinque un peu avec l’humidité de l’automne, l’Éristale horticole (Eristalis horticola) ne s’y aventure guère en ce début novembre. Les sources de nectar y sont rares en effet après quatre mois de canicules et de sécheresse. Alors vivent les prairies humides et leurs généreuses stations de menthe aquatique !

Avec son allure de petite abeille, ce syrphe se distingue par des couleurs abdominales bien tranchées sur fond noir brillant. Un filet jaune cercle ainsi chaque segment alors que deux taches triangulaires orangées dessinent un sablier noir sur le second. Enfin, les ailes hyalines présentent un zigzag transversal sombre plus ou moins diffus.

Comme la plupart des syrphes, voilà un virtuose du vol stationaire. Notamment les mâles qui espèrent ainsi intimider leurs concurrents. Sinon, sauf à avoir des mouvements brusques, il se laisse volontiers approcher. Surtout lorsqu’il butine une inflorescence, en prenant son temps, fleuron après fleuron. Un pollinisateur consciencieux que l’on espère retrouver la saison prochaine au jardin.

L'Éristale horticole.

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Photos JF Irastorza

La Charpentière et les acariens

La Charpentière et les acariens.

Comme une ceinture mortifère. La Charpentière et les acariens ne font pas bon ménage. Insidieusement, les parasites sont à l’oeuvre…

La Charpentière et les acariens.Tout juste émergée et déjà parasitée ! La Charpentière et les acariens : cruelle fable en vérité. Car le Xylocope violacé, alias l’Abeille charpentière (Xylocopa violacea), a beau prendre ici des forces sur le massif d’asters, il risque fort de ne jamais voir le printemps…

L’extrémité jaune-orangé des antennes trahit un mâle. Comme ses futures conquêtes, il est sorti du nid en août-septembre et s’apprête à hiverner. Il suffira alors d’un après-midi bien ensoleillé pour le faire sortir dès février-mars. Et les accouplements débuteront en mars-avril. Souvent dans les fruitiers en fleurs au jardin.

Hélas, à bien y regarder, ce scénario immuable semble compromis. Des dizaines de petits squatters se sont en effet agglutinés entre abdomen et thorax. Leur gangue brunâtre s’étend vers la naissance des ailes. Et ce n’est sans doute qu’un début. Les acariens vont ainsi se développer aux dépens de leur cible. Dans quelques semaines, à l’abri d’un terrier de rongeur abandonné où il comptera passer l’hiver, l’invasion des parasites lui sera sans doute fatale…

La Charpentière et les acariens.

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Photos JF Irastorza

 

La Guêpe potière méditerranéenne

Guêpe potière méditerranéenne (Eumenes mediterraneus)

Quand elle ne chasse pas les chenilles, pour nourrir ses larves, l’élégante Guêpe potière méditerranéenne est une butineuse assidue.

Guêpe potière méditerranéenne (Eumenes mediterraneus)

Taille maxi : 16 mm. Visible d’avril à octobre.

On a déjà rencontré ici plusieurs de ses cousins familiers du jardin. Du petit Eumène pomiformis à l’impressionnant Eumène unguiculé. Dans une taille intermédiaire, actuellement sur le massif d’asters, la Guêpe potière méditerranéenne (Eumenes mediterraneus) adopte bien-sûr l’élégante silhouette jaune et noire caractéristique du genre.

Petite tête triangulaire sommée de solides antennes ; thorax quasi sphérique ; long pétiole renflé puis étranglé ; suite de l’abdomen en forme de poire harmonieusement pansue. Quant aux dessins jaunes, subtilement différents d’une espèce d’eumène à l’autre, on s’attardera surtout sur… les pattes ! Le détail est en effet assez facile à observer : des fémurs presqu’entièrement jaunes à l’avant, entièrement noirs à l’arrière et moitié-moitié aux pattes médianes.

Comme son nom l’indique, l’espèce est réputée méditerranéenne. En fait, la plupart des eumènes, originaires du sud, apprécient la chaleur. Réchauffement climatique aidant, leur répartition s’est considérablement élargie. En l’occurence jusqu’en Poitou. Et même en automne !

Guêpe potière méditerranéenne (Eumenes mediterraneus)

Les eumènes se nourrissent de nectar et de pollen. Mais les femelles sont aussi de redoutables chasseuses de chenilles : leurs larves ont besoin de protéines.

Nid en forme de petit « pot », maçonné avec de la boue par une guêpe maçonne, au revers d’un… parasol du jardin ! À raison d’une chenille anesthésiée et d’un oeuf par pot, les femelles ont fort à faire pour façonner les loges individuelles de leur progéniture et en garnir le garde-manger.

En savoir plus : 

  • Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, 2019, Heiko Bellmann, Delachaux et Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • Eumenes mediterraneus avec la galerie du site insecte.org

 Photos JF Irastorza