La Peletaria rubescens

Dans la série des insectes très utiles au jardin, la Peleteria rubescens cible les chenilles de noctuelle pour installer sa progéniture…

Mouche peleteria rubescens sur fleur d'origan.

Taille maxi : 15 mm. Visible de mai à septembre.

Encore une mouche auxiliaire qui gagne à être (re)connue ! La Peleteria rubescens n’a pourtant pas de nom populaire. Il est vrai qu’elle n’est pas si courante. On peut d’ailleurs aisément la confondre avec la Tachinaire à pieds roux également hérissée de soies épaisses sur un abdomen orangé plus ou moins taché de pruine argentée.

Mais la silhouette est ici plus allongée et la bande noire médiane, moins large, n’est pas constituée d’une succession de losanges. Plutôt une suite de trois triangles effilés, le dernier se confondant avec la pointe noire poilue de l’abdomen.

Les curieux décèleront également des soies noires caractéristiques en lisière des yeux rouge brun, sur une tête blanchâtre.

Comme la plupart de ses cousines tachinaires, fera ou magnicornis notamment, elle parasite les chenilles terricoles de noctuelle. En déposant ses oeufs au sol. À charge pour les larves de trouver « l’hébergement » ad hoc. D’y pénétrer pour s’en nourrir jusqu’à devenir elles-mêmes autant de mouches. Quelles noctuelles ? Il y en a tant et tant. La Peleteria rubescens reconnaîtra les siennes !

Au fil des saisons

Mouche peleteria rubescens sur fleur d'origan.

Sur l’origan en fleurs.

Halte sur la touffe de mélisse en fin de floraison.

Dégustation printanière dans les haies, sur les premières fleurs du Cornouiller sanguin.

Sur la menthe aquatique d’une prairie humide du marais.

Après la disette de l’été, canicule oblige, voici l’abondance automnale notamment avec les asters.

En savoir plus :

  • Mouches et moustiques d’Europe, Denis Richard et Pierre-Olivier Maquart, 2024, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photo des insectes, Heiko Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Le Guide nature au jardin, collectif, 2017, Salamandre.
  • Guide la la vie sauvage du jardin, Michael Chiney, 2002, Delachaux & Niestlé.
  • Les mouches tachinaires avec le site aramel.free.fr
  • Peleteria rubescens avec Les carnets nature de Jessica
  • Peleteria rubescens avec la galerie du site insecte.org

Photos JF Irastorza 

 

La Phasie crassipenne

La Phasie crassipenne, mâle.

Ses larves contribuent à la régulation des populations de punaises : pour sa part, la Phasie crassipenne est une belle et paisible butineuse.

La Phasie crassipenne, mâle.

Taille maxi : 9 mm. Visible surtout en août-octobre.

Encore une mouche qui s’était faite discrète dans la touffeur de l’été !  La Phasie crassipenne (Ectophasia crassipennis) rattrape le temps perdu en ce début d’automne. Malgré sa petite taille, moins de 1 cm, on la voit actuellement partout, au jardin comme dans les prairies alentour. 

La Phasie crassipenne, femelle.Il faut dire que son éclatante livrée est  incomparable. Du moins celle du mâle. Avec un abdomen plat, particulièrement large, jaune d’or, souligné d’une épaisse bande longitudinale noire. La femelle est un peu plus discrète, avec deux larges demi-lunes latérales orangées et une pointe abdominale blanche sur fond noir.

Quel que soit le sexe, la Phasie se distingue encore par une tête plate démesurée, manquée par de gros yeux bordeaux, débordant très largement du thorax. On notera enfin la position de ses ailes, à demi relevées lorsqu’elle butine. Des ailes à la naissance orangée puis fumées et tachées de noir.

En retard donc mais bienvenue ! Car voilà un insecte auxiliaire dont le jardin ne saurait se passer. La femelle privilégie en effet les punaises pour installer sa progéniture. Un oeuf par cible. Les larves y pénètrent et s’y développent. Elles y passeront l’hiver, sous forme de pupes, pour émerger à la fin du printemps prochain.

La Phasie crassipenne, femelle.

Demi lune orangée et apex blanc de l’abdomen : il s’agit ici d’une femelle. On perçoit bien la démesure de la tête plate, débordant largement du thorax.

Mâle sur Origan en fleurs.

Un petit oeuf blanc à l’arrière de la tête de la Punaise verte : dès l’éclosion, la larve ne tardera pas à pénétrer son hôte involontaire.

En savoir plus : 

Le Moro-sphinx

Moro-sphinx automnal

Le Moro-sphinx automnal  : la seconde génération du « papillon colibri » visite le jardin en septembre-octobre. Avec les astéracées en ligne de mire.

Moro-sphinx automnalAu printemps, ce spécialiste du ravitaillement en vol participe activement à la pollinisation des arbres fruitiers. On le voit notamment dès le mois de mars sur le mirabellier en fleurs. La très longue trompe du Moro-sphinx (Macroglossum stellatarum), alias le Papillon colibri, fait également merveille dans les haies, pour visiter le profond tube nectarifère du Chèvrefeuille.

Ce sont les chenilles de cette première génération qui ont enduré les interminables canicules de l’été. Elles viennent de passer le relais au Moro-sphinx automnal. Toujours aussi vif. Mais on est loin, hélas, de l’abondance printanière. Même si le jardin s’est un peu requinqué depuis quelques semaines. Qu’importe. Zinnias, cosmos et asters font très bien l’affaire.

Vivent donc les fleurs composées ! L’occasion d’admirer (rapidement) la spécialité du Moro-sphinx : le vol stationnaire. Comme suspendu au-dessus de chaque capitule. Pas un mouvement. Les ailes vibrent si vite qu’on ne les voit guère. Seule la trompe s’articule et passe d’un fleuron à l’autre. Quelques secondes et l’impatient part déjà siroter ailleurs !

Moro-sphinx automnal

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Photos JF Irastorza