L’accouplement de l’Aeschne mixte

L'accouplement de l'Aeschne mixte

Le discret accouplement de l’Aeschne mixte n’en finit pas. Un classique du début d’automne avec cette libellule aux couleurs variées et contrastées.

L'accouplement de l'Aeschne mixte

Longueur maxi : 64 mm. Visible surtout en août septembre.

Près d’une heure ! Pour le moins, l’accouplement de l’Aeschne mixte (Aeschna mixta) n’est pas expéditif. Sans compter les préliminaires en vol. Le coeur copulatoire était en effet déjà formé lorsque le tandem, toutes ailes bruissantes, est venu s’isoler et se figer ici dans la ramure d’un frêne.

Pas un mouvement. À peine quelques soubresauts de temps à autre. De sporadiques frémissements d’ailes notamment. Puis, longtemps après, Madame finit par s‘étirer les pattes. Commencerait-elle à s’impatienter ? Lui reste impassible. Mais la pointe de l’abdomen resserre son étreinte : il faut encore laisser un peu de temps au temps…

Quand vient le relâchement, Madame déroule lentement l’abdomen. Pendante, elle ne tient alors plus que par la « prise de tête » de Monsieur.  Les deux s’envolent bientôt de concert pour se décrocher en vol. Et disparaître chacun de son côté.

L'accouplement de l'Aeschne mixte

Le qualificatif « mixte » attribué à l’espèce fait allusion au mélange de couleurs de ses livrées. Bleu vif, jaune vert, brun plus ou moins foncé et noir pour le mâle. Jaune vert, brun clair, chocolat, noir et bleu gris pour la femelle.

Chez la femelle, le jaune vert est surtout présent sur les flancs du thorax et des premiers segments de l’abdomen. Il transparaît également, comme couleur de fond, sous les taches chocolat de l’abdomen. en allant s’éclaircissant pour tendre vers le bleu gris.

En savoir plus  : 

  • Guide des libellules de France et d’Europe, 2021, Dijkstra, Schröter et Lewington, Delachaux & Niestlé.
  • Libellules du Poitou-Charentes, 2009, collectif, Poitou-Charentes Nature (Ed).
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.

Photos JF Irastorza 

 

Le Pentatome méridional

Une punaise aux « épaulettes » noires bien marquées : le Pentatome méridional, amateur de graines fraîches.

Taille maxi : 14 mm. Visible de juin à octobre.

Des graines fraîches ? En cette fin d’été, le Pentatome méridional (Carpocoris mediterraneus) sait où en trouver. Sur la grande carcasse de la Bardane à petites têtes, il inspecte les capitules violacés qu’abeilles et papillons ont pollinisé… Sa gourmandise est là. Des graines en formation. Tendres et juteuses. Il les transperce de son rostre et les siphonne avec délectation.

Très variable d’un individu l’autre, du jaune vert au rouille, sa livrée présente quelques caractéristiques bien visibles ici. Pronotum aux bordures antérieures jaunes et aux angles latéraux saillants tachés de noir ; premier article orangé pour des antennes par ailleurs noires ; pattes orangées tirant là vers le jaune.

On remarquera enfin quatre bandes sombres plus ou moins estompées partant de la tête. Elles se prolongent sur le pronotum et se perdent en taches diffuses sur le scutellum.

On est très loin de l’invasion ce début d’automne. Les oiseaux et les mouches tachinaires ont suffit à en réguler la population. Il est vrai qu’en figeant puis grillant le potager, sécheresse et canicules de l’été ont été peu favorables aux insectes piqueurs-suceurs.

Tournée d’inspection également sur les cosmos dont la fructification constamment renouvelée tout l’été ne saurait ici tarder.

En savoir plus : 

  • Hémiptères de France, 2015, Romain Garrouste, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photos des insectes, Heiko Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • Carpocoris mediterraneus avec la galerie du site insecte.org
  • Le Pentatome méridional avec le site quelestcetanimal.com

Photos JF Irastorza

 

La Noctuelle de la tomate

Noctuelle de la tomate ((Helicoverpa armigera)

Une discrète et paisible butineuse. Mais gare aux chenilles de la Noctuelle de la tomate. Friandes des feuilles, elles minent aussi les légumes-fruits !

Noctuelle de la tomate ((Helicoverpa armigera)On a déjà rencontré ici une jolie noctuelle aux ailes mordorées –  la Plusie chalcite – dont les chenilles sont amatrices de légumes-fruits. En voici une autre, à la livrée moins clinquante mais dont la progéniture est tout aussi ravageuse. En témoigne son nom populaire sans équivoque : la Noctuelle de la tomate, alias l’Armigère (Helicoverpa armigera), butinant ici la menthe aquatique d’une prairie humide.

Trapue, la silhouette fuselée, elle présente une dominante fauve, avec des yeux globuleux verdâtres, de longues antennes et une trompe rouille. Sur un fond beige charbonneux, les ailes antérieures se distinguent par deux petites taches sombres et une large bande brune plus ou moins estompée. Les postérieures sont davantage contrastées, gris clair, avec une large marge noirâtre.

Les tomates donc au menu des chenilles. Mais pas que. La plupart des légumes du jardin leurs conviennent très bien. Aubergines, courges, concombres, poivrons et même artichauts. Croisons les doigts : le jardin n’a jamais vraiment connu de prolifération. Oiseaux et mouches tachinaires font leur office !

Noctuelle de la tomate ((Helicoverpa armigera)

Fin octobre 2022. En automne, surtout après les canicules de l’été, plus de légumes-fruits au potager, alors va pour les dalhias !

Plusie chalcite sur feuille de tomate.

Livrée mordorée et taches argentées : la Plusie chalcite, l’autre noctuelle dont les chenilles apprécient les tomates !

En savoir plus : 

Photos JF Irastorza