Discrète Hespérie des potentilles

L'Armoricain, alias l'Hespérie des potentilles.

Trapue, le vol vif, la mise assez terne : voilà jusqu’en automne la seconde génération de l’Hespérie des potentilles, alias l’Armoricain.

L'Armoricain, alias l'Hespérie des potentilles.

Enverguremaxi : 30 mm. Visible d’avril à septembre.

Elle est réputée apprécier les milieux calcaires et plutôt secs. L’Hespérie des potentilles (Pyrgus armoricanus), alias l’Armoricain, n’en est pas moins familière du Marais poitevin où, en cette saison, elle visite assidument la Pulicaire dysentérique et la Menthe aquatique.

Comme tous les membres de la famille Hespérie, voilà un papillon très discret. Par sa taille, ses couleurs assez ternes, son vol vif, le plus souvent dans la végétation basse.

La plupart de ses cousins et cousines lui ressemblent beaucoup. Même silhouette ramassée, gros yeux sombres et globuleux, marges blanches ponctuées de picots bruns, antennes aux extrémités crochetées, ailes souvent à 45° au repos… Et des mouchetures blanches sur fond brun noir pour seul décor. Plus clair au revers avec de larges plages blanches.

L’Hespérie des potentilles présente malgré tout quelques détails distinctifs. Notamment des postérieures assez estompées. Et parmi les taches blanchâtres, une marque rectangulaire dont l’échancrure se prolonge, presque de bout et en bout, d’un filet qui lui donne une allure de pince à linge ancienne !

L'Armoricain, alias l'Hespérie des potentilles.

La « pince à linge » caractéristique au centre des postérieures (flèche noire).

Sous le soleil, la ternie livrée peut prendre des reflets marron plus lumineux.

Parmi les détails distinctifs de l’Hespérie des potentilles, une tache blanche ovale bien visible ici sur la marge interne des postérieures (flèche noire).

Le revers, surtout des postérieures, est plus clair, avec des taches blanches plus larges.

Au petit matin, perlée de rosée sur un panicule fané de dahlia.

En savoir plus :

  • Guide pratique des papillons de jour, Jean-Pierre Moussus, Thibault Lorin et Alan Cooper, 2022, Delachaux & Niestlé.
  • Le Guide nature au jardin, collectif, 2017, Salamandre.
  • Guide la la vie sauvage du jardin, Michael Chiney, 2002, Delachaux & Niestlé.
  • La difficile identification des Hespéries avec le site nature79.org

Photos JF Irastorza

 

L’Eupatoire à feuilles de chanvre

Eupatoire à feuilles de chanvre et Amaryllis.

Spectaculaire sur les prairies humides comme au bord des fossés, l’Eupatoire à feuilles de chanvre régale également les butineurs du jardin !

Familière des zones humides, l’Eupatoire à feuilles de chanvre (Eupatorium cannabinum), autrement appelée du joli nom de chanvrine, a trouvé sa place au jardin où la belle a l’habitude de fleurir en fin d’été. Jusqu’en automne.

Ses inflorescences échevelées ne ressemblent à aucune autre. Voilà des bouquets à dominante vieux rose. Avec des dizaines de petits fleurons tubulaires d’où émergent de longs et fins styles blancs. Les papillons en raffolent. Abeilles, bourdons, guêpes également. Et même les coléoptères !

Quand aux fameuses feuilles de chanvre, la comparaison vient en effet à l’esprit, avec trois à cinq foliotes lancéolés et dentés. Mais si la chanvrine compte parmi les plantes médicinales du marais, pas de fumette en perspective. C’est en décoction ou infusion surtout (feuilles et racines) que la tradition lui accorde quelque vertu pour remédier notamment à certains troubles hépatiques.

Au bord des fossés, la solide silhouette rameuse étage ses feuilles caractéristiques et ses inflorescences vieux rose.

Eupatoire à feuilles de chanvre et Vulcain.

On l’appelle parfois l’herbe aux papillons ! Ici avec le Vulcain.

Eupatoire à feuilles de chanvre et abeille domestique.

Les abeilles domestiques sont également au rendez-vous !

Eupatoire à feuilles de chanvre et Scolie hirsute.

La Scolie hirsute et ses deux bandes jaunes. Une guêpe aussi impressionnante qu’inoffensive.

La Cétoine dorée n’aime rien tant que de « brouter » les inflorescences d’eupatoire.

Le Bourdon terrestre, un visiteur assidu de l’eupatoire, malgré sa langue plutôt courte.

Une allure de bourdon mais c’est bien une mouche. La plus grosse qui soit. La Tachinaire corpulente. La face et la naissance des ailes jaune-orangé sur une dominante noire hérissée de soies épaisses.

Telle est prise qui croyait prendre ! La Pélopée maçonne vient de capturer et de piquer l’araignée-crabe, à l’affût sur une inflorescence. Anesthésié, le Thomise variable ira compléter le garde-manger préparé par l’élégante guêpe pour sa progéniture.

Familière des milieux humides, l’Eupatoire à feuilles de chanvre fait bon ménage avec la pulicaire, ici sur les berges de la Sèvre niortaise.

En savoir plus : 

  • Guide des fleurs sauvages, Richard Fitter, Alaster Fitter et Marjorie Blamey, 2009, Delachaux & Niestlé
  • Fleurs sauvages, guide nature, collectif, 2022, La Salamandre.
  • Avec le site sauvagesdupoitou.com
  • L’Eupatoire à feuilles de chanvre avec l’herbier numérique flore-en-ligne.fr

Photos JF Irastorza 

 

Monsieur et Madame Souci

Souci mâle sur Menthe aquatique.

Jaune vert et jaune orangé, plus pâle chez Madame,  le Souci n’ouvre jamais les ailes lorsqu’il se pose…

Souci mâle sur Menthe aquatique.

Envergure maxi : 54 mm. Visible de mai à novembre.

Oh bien sûr, il y a aussi les éclats rose vif de la salicaire et de l’épilobe. Les capitules jaunes de la pulicaire et les inflorescences vieux rose de l’eupatoire. Mais non. S’ils ne les ignore pas, Monsieur et Madame Souci (Colias crocea) n’y font que de brèves haltes pour toujours revenir à leur péché mignon. La Menthe aquatique (Mentha aquatica).

Ils ne sont pas les seuls. En cette fin août août caniculaire, les prairies humides du marais embaument et trouvent là leur meilleure ambassadrice auprès des papillons, des syrphes et des abeilles sauvages.

Un rendez-vous également immanquable pour le photographe ! D’autant que le Souci est bonne pâte. Même s’il n’ouvre jamais les ailes lorsqu’il butine. Sinon, dans une dominante jaune orangé et jaune vert, il laisse volontiers admirer ses petites coquetteries. Outre les points noirs des antérieures, de subtiles touches rousses ici et là : liseré alaire, pattes, antennes, cerclages de deux taches blanches aux postérieures… Et comme une crête iroquoise sur le dessus de la tête.

Souci femelle au repos parmi les hautes herbes d'une prairie humide.

Madame Souci au repos parmi les hautes herbes d’une prairie humide. Même livrée que Monsieur, plus pâle toutefois. C’est surtout lorsqu’elle ouvre les ailes que la différence est sensible avec une dominante presque blanche. Mais ça, c’est une autre histoire…

La photo n’est pas d’une grande netteté mais c’est si rare de voir Madame et Monsieur Souci ailes ouvertes ! À l’occasion d’une parade nuptiale. Marge noire sur fond jaune vif pour Monsieur. Marge noire tachée de jaune sur fond jaune pâle pour Madame.

Souci mâle sur Pulicaire dysentérique.

La Pulicaire dysentérique, l’autre péché mignon du Souci en ce mois d’août caniculaire.

Début octobre. Si le Souci n’ouvre jamais les ailes lorsqu’il se pose, un large accroc permet ici d’entrapercevoir la dominante jaune orangé et la marge noire de la face dorsale.

En savoir plus :

  • Guide pratique des papillons de jour, 2022, Moussus, Lorin et Cooper, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • Le Souci avec le site quelestcetanimal.com

Photos JF Irastorza