Le Chrysotoxe festif

Le Chrysotoxe festif.

Avec ses solides antennes vissées droit devant sur une face jaune, le Chrysotoxe festif ne départ pas des standards du genre.

Chrysotoxe festif

Quoi de plus facilement accessible que le nectar et le pollen du Gaura ? Les syrphes en tous genres ne s’en privent pas actuellement. Notamment le Chrysotoxe festif (Chrysotoxum festivum) dont on a pu croiser ici deux cousins plus communs voilà peu. C. prudent et C. intermédiaire.

Malgré son nom, celui-ci n’a pas dû être à la fête dernièrement. Le flanc gauche avant porte en effet les stigmates de l’agression d’un parasite ou d’un prédateur. La plaque dorsale a pu tant bien que mal se ressouder mais la première lunule jaune reste explosée façon puzzle.

L’espèce se reconnaît notamment à ces paires de bandes jaunes, plutôt étroites, incurvées vers l’arrière. À noter enfin des pattes jaune orangé et des ailes fumées, rouille orangé, marquées d’une tache sombre presque carrée.

Fidèle aux traditions familiales, ou plutôt du genre, le régime du Chrysotoxe festif est floricole quand ses larves ont besoin de protéines. Les femelles pondent dès lors au collet des plantes potagères là où ces satanées fourmis élèvent des pucerons racinaires.

Chrysotoxe festif.

En savoir plus : 

Photos JF Irastorza

 

Panicaut, piquante séduction

Le Panicaut, alias de Chardon bleu.

On l’appelle parfois le Chardon bleu, le Panicaut n’est pas pas moins un grand séducteur. Qui sait prendre son temps.

Rien à voir avec le chardon. Sinon les épines. Mais il est bien bleu. Du moins le devient-il progressivement. Tiges, feuilles, bractées et capitules naturellement. C’est même là le signal auquel les butineurs ne résistent pas. Pollen et nectar sont à disposition. Qu’on se le dise !

Séduire, d’accord, mais pas tout d’un coup. Il faut savoir faire durer le feux d’artifice sur la grande carcasse rameuse. Tout commence, par vagues ascendantes, au plus près des collerettes de bractées. Et quand les capitules centraux envoient ainsi leurs premières salves, leurs satellites sont encore loin de leur maturité. 

Les fleurons ont une drôle d’allure. Pas de pétales ? Voire. Cinq en vérité. Bleus bien sûr. Mais recourbés vers l’intérieur comme pour mieux protéger les deux stigmates qui émergent au centre. On ne saurait être plus clair : c’est là qu’il faut passer la langue. Ou la trompe ! 

Mine de rien, les étamines ont déjà sorti le grand jeu. Impossible d’éviter leurs anthères bleu foncé chargées de pollen. Abeilles, coléoptères, papillons et même l’Isodonte mexicaine, se chargeront de la diffuser.

Le Panicaut, alias de Chardon bleu.

Le Panicaut et les guêpes

Ses larves mangent des sauterelles mais pour l‘Isodonte mexicaine, c’est pollen et nectar.

Le plein d’énergie pour l’Eumène unguiculé, une guêpe potière XXL, avant de partir en chasse de chenilles, la pitance de ses larves.

La Scolie hirsute, alias la Guêpe du vers blanc, et ses solides antennes en forme de massue.

Le Poliste gaulois en chasse perpétuelle autour et sur les fleurs : des insectes pour lui même et pour les boulettes protéinées de ses larves.

En savoir plus : 

  • Le panicaut champêtre, un cousin aux fleurs blanches, avec le site flore-en-ligne.fr

Photos JF Irastorza

 

Le Charançon influent

Charançon influent, femelle.

Un fin rostre coudé, de longues pattes avant chez le mâle : le Charançon influent installe sa progéniture dans les bourgeons de peuplier.

Charançon influent, mâle.

Taille maxi : 8 mm. Visible de mars à novembre. Mâle aux longues pattes avant.

En bon charançon, le petit Dorytome à longues pattes (Dorytomus longimanus) arbore un solide rostre à l’avant de la tête. En l’occurrence très long et courbe. Mais ce sont plutôt ses fémurs et tarses avant qui ont inspiré son nom. Impressionnants il est vrai. Surtout chez le mâle. D’où le clin d’oeil de cet autre sobriquet : le Charançon influent. On ne saurait mieux dire qu’il a… le bras long !

Revenons au rostre. Sa bouche en vérité. L’outil semble bien adapté au glanage estival de nectar et de pollen. Ici sur une inflorescence d’Oenanthe Lachenal. Au printemps, la femelle en fait un tout autre usage : perforer les bourgeons des peupliers. C’est là en effet qu’elle installe sa progéniture. 

Silhouette fuselée, dominante brun clair, élytres fortement striés et maculés de beige, yeux sombres proéminents… Notre charançon se distingue encore par ses antennes coudées. Implantées au milieu du « nez », à la manière de binocles, elles lui donnent un air étrangement sérieux. Vous avez-dit influent ?

Charançon influent, femelle.

En savoir plus : 

  • Coléoptères d’Europe, 2017, Vincent Albouy et Denis Richard, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photo des insectes, 2019, Heiko Bellmann, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • Le Charançon influent avec la galerie du site insecte-org
  • La famille des charançons avec le site aramel.free.fr

Photos JF Irastorza