La Noctuelle de la cardère

Noctuelle de la cardère

Un camaïeu de beige rehaussé de noir : comme son nom le suggère, le potager n’a rien à craindre de la Noctuelle de la cardère.

Noctuelle de la cardère

Envergure moyenne : 35 mm. Visible entre mai et août.

Elle volète vivement parmi la végétation basse du jardin. Avec une préférence pour le trèfle des allées. Plutôt nocturne, la Noctuelle de la cardère (Heliothis viriplaca) n’en est pas moins à l’aise sous le soleil. En prenant le temps de visiter un à un les petits fleurons rosés.

Une dominante beigeâtre rend sa silhouette trapue difficile à distinguer, au sol comme en vol. Surtout dans l’herbe hélas déjà pailleuse. Heureusement, le trèfle résiste bien à la sécheresse et facilite ici l’observation.

De gros yeux verts pointés de sombre. Une fourrure thoracique et abdominale fauve clair. Les ailes enfin retiennent (un peu) l’attention en jouant sur des contrastes plus ou moins estompés. Avec notamment une large bande médiane brune aux antérieures et une marginale noire aux postérieures. On en retrouve des échos en gris et noir au revers.

Trèfles, crépis, silènes, centaurées… Les plantes hôtes de sa progéniture sont de taille modeste au regard de la cardère – alias le cabaret des oiseaux – retenue pour son appellation traditionnelle. Il est vrai que les seules feuilles basales de la sauvageonne géante ont de quoi rassasier les chenilles les plus gloutonnes.

Noctuelle de la Cardère

La Cardère sauvage frise les deux mètres en été. Sur sa solide hampe épineuse, les feuilles opposées et soudées forment de larges « coupes » où s’accumule l’eau de pluie : le cabaret des oiseaux.

En savoir plus :

  • Hétérocères diurnes, 2020, Rainer Ulrich, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photo des insectes, 2019, Heiko Bellmann, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • La Noctuelle de la cardère avec la galerie du site insecte.org

Photos JF Irastorza

 

Le Syrphe pyrastre

Voilà du renfort pour les chasseurs de pucerons au jardin : le solide Syrphe pyrastre, moins précoce mais des larves tout aussi voraces !

Le Syrphe pyrastre alias le Syrphe du poirier.

Taille maxi : 15 mm. Visible de février à novembre.

Cela fait déjà des semaines, sinon des mois, depuis la fin de l’hiver, que les syrphes et leurs larves font la chasse aux pucerons. Il en manquait un. Et non des moindres. Le Syrphe pyrastre (Scaeva pyrastri), alias le Syrphe du poirier, est un des plus costauds. Jusqu’à 15 mm. Plutôt du genre estival, il émerge généralement en juin avec les premières chaleurs. Il est servi cette année !

On l’appelle parfois Syrphe à croissants. Allusion aux lunules blanches qui scandent son abdomen noir brillant. Les deuxièmes et troisièmes paires sont obliques et ne touchent pas le bord des tergites. Le thorax sombre s’anime d’une pilosité roussâtre sur les côtés. Et, finement velus, les yeux bordeaux tranchent sur une face blanche.

Plusieurs générations se succèderont d’ici l’automne. Avec, à chaque fois, de nouveaux bataillons de chasseresses de pucerons. Puis, dès les premiers frimas, les dernières larves chercheront un abri. Au creux d’une écorce ou sous la litière de feuilles mortes. Là, elles deviendront pupes et attendront la fin du prochain printemps pour émerger. 

Le Syrphe pyrastre alias le Syrphe du poirier.

À l’approche de la Sauge argentée.

Syrphe du poirier sur Cirse des champs.

En savoir plus :

  • Mouches et moustiques d’Europe, 2024, Denis Richard et Pierre-Olivier Maquart, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • Le Syrphe pyrastre avec le site quelestcetanimal.com

Photos JF Irastorza 

 

Le Jonc fleuri

Ombelle du Jonc fleuri.

Au bord des fossés, le Jonc fleuri fait son show printanier. Superbe aubaine pour les amateurs maraîchins de nectar et de pollen.

Isodonte mexicaine sur Jonc fleuri.

Nectar à gogo pour l’Isodonte mexicaine.

Emblématique du Marais poitevin, le Jonc fleuri (Butomus umbellatus), alias le Butome en ombelle, est actuellement en pleine floraison. Au bord voire dans les fossés plus ou moins envasés. Ici du côté de Bessines. On en trouve parfois des plans en jardinerie, ou en ligne, pour animer les abords de bassin. La formule est simple : les pieds dans l’eau, la tête au soleil !

Bourdon des jardin sur Jonc fleuri.

Un jeu d’enfant pour le Bourdon des jardins et sa longue langue.

Si le fouillis acéré des touffes basales n’a rien de spectaculaire, c’est pour mieux lâcher un somptueux feu d’artifice d’ombelles au milieu du printemps. Tout commence par la montée en flèche de solides hampes. Sans feuille aucune. Puis leur épanouissement en plusieurs dizaines de rayons – jusqu’à cinquante – porteurs de petits boutons roses et blancs.

Et voilà alors la régalade pour les butineurs de tous poils. Bourdons et abeilles sauvages y puisent un nectar facilement accessible, suintant au pied des pistils rassemblés en un petit fagot central rouge foncé. Quant aux étamines, également d’un rouge bien franc à l’éclosion, elles ne tardent pas à s’ouvrir pour libérer un abondant pollen jaune. Syrphes et coléoptères en raffolent. Pas étonnant que nombre d’araignées y soient à l’affût. Le petit Thomise Napoléon patiente ainsi au revers d’une corole. The place to be !

Thomise Napoléon à l'affût sur Jonc fleuri.

Dans une version jaune et noire, le Thomise Napoléon sait que la patience est son meilleur atout. Avec une attaque fulgurante le moment venu.

Les petits sacs de pollen sont vides. La Cétoine grise s’en va, saupoudrant au passage les stigmates.

Le Lepture fauve vient de se poser. Il lui suffira de déchirer l’enveloppe rouge des anthères pour se régaler de pollen.

En savoir plus : 

  • Guide des fleurs sauvages, Richard Fitter, Alaster Fitter et Marjorie Blamey, 2009, Delachaux & Niestlé
  • Fleurs sauvages, guide nature, collectif, 2022, La Salamandre.
  • Avec l’herbier numérique du site flore-en-ligne.fr
  • Avec le site sauvagesdupoitou.com
  • Le Jonc fleuri avec le site zoom-nature.fr
  • Le Butome en ombelle avec le site flore-en-ligne.fr

Photos JF Irastorza