L’Heuchère sanguine

Heuchère sanguine et abeille domestique.

Ne comptez pas sur l’Heuchère sanguine pour en mettre plein la vue ! Quoi que. Il suffit de s’y arrêter un peu. Délicate découverte.

Eucère sanguine et petite ouvrière du Bourdon des champs.Elle souffre un peu de la concurrence de ses opulents voisins. Notamment des Scabieuses, irrésistibles auprès des papillons. Et des Penstemons qui, quelle qu’en soit la couleur, vont tellement comme un gant aux bourdons ! Mais, pour faire moins d’esbrouffe, l’Enchère sanguine (Heuchera sanguinea) ne manque cependant pas de charmes.

Tout ici respire le raffinement. Du coussin de feuillage vert tendre aux fines et dansantes hampes florales. Loin de la cohue alentour, nectar et pollen y semblent autant d’offrandes réservées à quelques butineurs esthètes !

Des centaines de clochettes, cramoisies ici, rouge orangé là, sonnailles précieuses, tout en légèreté. La bordure festonnée des corolles fait ainsi alterner larges lobes rouges et fines oves laiteuses. Pour mieux cibler l’essentiel. Les cinq petites perles jaunes de pollen puis les deux carpelles dressés du pistil. Délicat passage obligé pour atteindre la libation sucrée qui suinte tout au fond.

Heuchère sanguine et Syrphe ceinturé.

Si abeilles et bourdons doivent tirer longuement la langue pour atteindre le nectar, le Syrphe ceinturé se contente de lécher les petits sacs de pollen des étamines en bordure de la corolle.

En savoir plus :

Photos JF Irastorza

La Phycide du plantain

Phydide du plantain (Homoeosoma sinuella)

Une allure de fétu de paille pour la petite Phycide du plantain : parfait camouflage dans la végétation basse.

Phycide du plantain (Homoeosoma sinuella)

Envergure maxi : 11 mm. Visible de juin à août.

Lorsqu’elle est au repos, la Phycide du plantain (Homoeosoma sinuella) ramasse soigneusement ses ailes le long du corps. La silhouette est d’autant plus longiligne qu’elle se prolonge de deux solides antennes souvent dressées en avant.

Fauve clair, parcourue de trois lignes sinueuses brunes, elle présente deux gros yeux sombres et un toupet de fourrure rousse à l’avant de la tête. Réputée nocturne, elle n’en volette pas moins le jour, sans trop chercher à se cacher à l’atterrissage. Son mimétisme suffit à sa protection.

Membre de la grande famille des pyrales, elle n’a cependant pas une réputation de ravageuse. Il est vrai que la plante-hôte favorite de ses chenilles n’est pas cultivée. Ni dans les champs, ni au jardin. Les différentes espèces de plantains passent ainsi à graines actuellement dans les prairies naturelles comme au long des chemins. Les feuilles basales sont assez touffues pour régaler les futures phycides !

Phycide du plantain (Homoeosoma sinuella)

En savoir plus : 

  • Hétérocères diurnes, 2020, Rainer Ulrich, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • Lépidoptères des plantains, bel article de Bruno Didier, dans la revue Insectes n° 177, 2015.
  • La Phycide du plantain avec les Carnets nature de Jessica.

Photos JF Irastorza

 

Le Néphrotome commun

Néphrotome commun (Nephrotoma quadrifaria)

Pas de piqûre avec vue avec le Néphrotome commun mais, comme toujours avec les tipules, gare aux larves gourmandes de racines au potager !

Néphrotome commun (Nephrotoma quadrifaria)On ne compte plus les « cousins » dans la grande famille des tipules ! Avec de nombreuses ressemblances, dont les fameuses interminables pattes et une allure de gros moustique. Grisâtres ou orangés, ils sont sporadiquement légion au jardin. Y compris le Néphrotome commun (Nephotoma quadrifacia), qui mérite un peu d’attention.

De la tête à l’extrémité abdominale, il présente en effet un graphisme sophistiqué ici et là, notamment sur le thorax, avec d’harmonieux contrastes jaunes, beiges, orange et noirs. L’espèce se distingue en outre par ses ailes, avec le zigzag d’une ligne diffuse, juste en dessous d’un pterostigma noir bien marqué. Et un écho enfumé à l’apex.

Une allure de moustique, certes, mais pas de panique ! La pointe abdominale n’a rien d’un aiguillon. Il s’agit de l’ovipositeur d’une femelle. Et c’est là, hélas, que les choses se gâtent. Car, quelle que soit l’espèce, les larves de tipule se développent sous terre, au dépens des racines et du collet de jeunes plans. On se consolera en pensant que voilà autant de proies faciles, notamment pour les oiseaux.

Néphrotome commun (Nephrotoma quadrifaria)

Un « cousin » presque semblable, avec un curieux masque à l’avant du thorax, mais sans zigzag enfumé sur les ailes. Peut-être le Néphrotome de Pierre (Nephrotoma appendiculata).

En savoir plus : 

  • Mouches et moustiques d’Europe, Denis Richard et Pierre-Olivier Maquart, 2024, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photo des insectes, Heiko Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Le Guide nature au jardin, collectif, 2017, Salamandre.
  • Guide la la vie sauvage du jardin, Michael Chiney, 2002, Delachaux & Niestlé.
  • La famille des tipules avec le site aramel.free.fr
  • Le Néphrotome commun avec la galerie du site insecte.org

Photos JF Irastorza