Le Syrphe des pucerons racinaires

Le Syrphe des pucerons racinaires : le Chrysotoxe prudent.

Mine de rien, les larves du Chrysotoxe prudent, alias le Syrphe des pucerons racinaires, protègent les légumes du potager.

Le Syrphe des pucerons racinaires : le Chrysotoxe prudent.À première vue, on jugerait une guêpe un peu replète ! Mais le Chrysotoxe prudent (Chrysotoxum cautum) est bien une mouche. Aussi robuste que parfaitement inoffensive. Membre de la grande famille des syrphes, il se laisse facilement approcher, notamment à l’occasion de ses longs bains de soleil.

Comme la guêpe commune, il arbore un costume noir rayé et taché de jaune, des ailes ambrées aux bordures orangées, des pattes jaunes aux fémurs noircis à la base… Il pousse en outre le mimétisme jusqu’à étirer ses solides antennes, très longues pour une mouche, dressées à l’avant d’une face triangulaire jaune… Mais, en bon syrphe, il arbore d’énormes yeux réniformes, un thorax barré de gris et un scutellum en demi-lune, bien contrasté, en l’occurrence jaune taché de brun roussâtre.

Voilà un auxiliaire bien utile du jardin ! Ses larves se développent en effet dans le sol où elles traquent les pucerons des racines. Notamment ceux des laitues et des carottes !

Le Syrphe des pucerons racinaires : le Chrysotoxe prudent.

Parmi les pucerons racinaires ravageurs du potager, le genre Pemphigus a un cycle de vie complexe. Au printemps, les femelles qui ont passé l’hiver dans les anfractuosités de l’écorce des peupliers, piquent le pétiole des jeunes feuilles. Il en résulte d’étonnantes galles tire-bouchonnées où se développe une génération printanière qui, sitôt émergée, migre vers les jardins pour pondre à son tour sans retard. Par centaines d’individus, sa progéniture colonise alors tout l’été les racines des salades mais aussi des artichauts. À l’automne, nouvelle migration vers l’écorce des peupliers alentour pour une ponte avant les gelées. Et la boucle est bouclée !

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Photos JF Irastorza

 

L’Andrène des crucifères

Andrène des crucifères.

Une solide abeille sauvage en noir et blanc. L’Andrène des crucifères se distingue aussi par les reflets violacés de ses ailes.

Andrène des crucifères.Parmi les andrènes familiers du jardin, c’est loin d’être le plus précoce. Ainsi, ses cousins à pattes jaunes ou au cul-rouille se sont accouplés voilà quelques semaines déjà et leurs femelles approvisionnent actuellement leurs nids. Et alors ? On n’est que mi avril ! L’Andrène des crucifères, alias l’Andrène agile (Andrena agilissima) vient donc d’émerger.

C’est un des plus costauds de la famille. Son gabarit massif – environ 1,5 cm – rivalise avec l’abeille domestique ! Une dominante noire légèrement bleutée sur l’abdomen, une fourrure thoracique grise clairsemée, quelques échos touffus sur le front, les joues et les côtés de la pointe abdominale. Il fait irrésistiblement songer à un autre de ses cousins. L’Andrène cendré. Mais, entre autres distinguos, loin d’être hyalines, les ailes sont ici fortement fumées avec des reflets métalliques violacés.

Dépourvu de brosses blanches collectives de pollen aux pattes arrière, c’est là un mâle. Attablé sur la planche de moutarde blanche, il fait honneur à son nom populaire. Mais, en ce début de printemps, on peut également le rencontrer sur l’aubébine des haies comme sur les derniers fruitiers en fleurs.

Andrène des crucifères.

À ne pas confondre avec l’Andrène cendré, également de belle taille, dont les ailes sont hyalines.

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La guêpe coucou

Chryside enflammée sur Cornouiller sanguin en fleurs.

On a déjà vu des abeilles ou des mouches coucous au jardin : voici la Chryside enflammée, une « guêpe coucou » aux cibles très éclectiques.

Une superbe petite guêpe. Car il s’agit bien d’une guêpe ! Très loin du noir et jaune habituel. Dans la famille Chryside, on arbore plutôt le vert et le rouge. Parfois le bleu, l’or ou le cuivré. Toujours avec des reflets métalliques caractéristiques et une fine ponctuation. Ici ce pourrait être la Chryside enflammée (Chrysis ignita). Le distingo est affaire de spécialistes mais, va pour l’Enflammée, puisqu’il s’agit de la plus commune.

Le vert métallique, mâtiné de bleu, envahit toute la partie avant, thorax et tête, mais aussi les pattes et la face ventrale de l’abdomen. Sur sa face dorsale, celui-ci compte seulement trois larges tergites. Les deux premiers d’un éclatant rouge mordoré, le troisième taché de noir.

Comme toutes les autres Chrysides, c’est une « guêpe coucou ». Si certains membres de la famille sont spécialisés, elle semble plus éclectique. Avec le même mode opératoire. La femelle pond dans le nid d’une guêpe ou d’une abeille maçonne. Ses larves s’y développent aux dépens des occupantes. En s’efforçant de les garder vivantes le plus longtemps possible. Et, pendant ce temps là, l’Enflammée butine…

Chryside enflammée sur ombelles de Cerfeuil des bois.

Sur les premières ombelles de Cerfeuil sauvage…

… et les premières fleurs blanches de l’aubépine.

En savoir plus : 

  • Heiko Bellmann, 2019, Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, Delachaux et Niestlé.
  • La famille des Chrysides avec le site aramel.free.fr

Photos JF Irastorza