L’Eucère à longues antennes

Eucère longicorne sur sarriette en fleurs.

Avec pareil emblème, impossible pour Monsieur Eucère à longues antennes de passer incognito. On ne voit qu’elles !

Taille maxi : 15 mm. Visible d’avril à juillet.

Son nom relève du pléonasme. Car, chez les Eucères, quelle que soit l’espèce, tous les mâles arborent fièrement ces spectaculaires attributs. Plus longues que le corps ! Alors, à défaut de spécificité, avec l’Eucère à longues antennes, alias l’Eucère longicorne (Eucera longicornis), voici l’espèce emblématique du genre.

Son pourpoint roussâtre déborde sur les premiers segments de l’abdomen et sur le dessus de la tête. Un peu hirsutes, les touffes faciales tirent davantage vers le fauve, tant au front qu’aux joues, noyant parfois le clypéus jaune.

Monsieur vient tout juste d’émerger. Alors que, comme l’Osmie cornue ou l’Anthophore plumeuse, certaines abeilles sauvages sont déjà sur le pont depuis la fin de l’hiver, lui attend traditionnellement que le printemps s’installe vraiment. Il devra patienter encore quelques temps avant l’arrivée de ces Dames. De quoi ronger son frein et céder bientôt à la supercherie de l’Ophrys abeille. La superbe orchidée sauvage s’apprête en effet à jouer les illusionnistes avec ses corolles aguicheuses. Autant de sex-toys à l’attention des eucères. Pour des pseudo-copulations qui véhiculeront le pollen de fleur en fleur.

Eucère longicorne, mâle, sur fleur de pommier.

Le leurre de l’Ophrys

Chaque année, fin avril, début mai, les leurres de l’Ophrys abeille commencent à se mettre en place au jardin. Les deux pollinies jaunes sont ici bien visibles sous l’étroit casque verdâtre. Elles s’accrocheront aux abeilles sauvages mâles – particulièrement les Eucères sp. – attirés par l’artifice odorant et coloré de la belle orchidée sauvage. Ainsi les pseudo-copulations favoriseront-elles la dissémination du pollen d’une fleur à l’autre.

Ici sur une centaurée, ce mâle trimbale des pollinies jaunes involontairement « récoltées » sur les ophrys abeille alentour. Souvenir de naïves pseudo-coppulations. Comme le sparadrap du capitaine Haddock !

Et voilà Madame !

Madame Eucère longicorne : sans les longues antennes, apanage des mâles. Ici sur la Vesce commune.

Dans le bourdonnant cortège de la phacélie.

En savoir plus :

  • Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, JF Irastorza, 2026, La Geste éditions.
  • Abeilles sauvages, Boyer, 2015, Ulmer.
  • Découvrir et protéger nos abeilles sauvages, Vereecken, 2018, Glénat.
  • Les eucères avec le site aramel.free.fr
  • Eucera longicornis avec le site galerie-insecte.org

Photos JF Irastorza 

 

Parade nuptiale de l’Aurore

Parade nuptiale de l'Aurore.

Au bord d’une haie, voici venu le temps de la parade nuptiale pour l’Aurore. Un des premiers papillons du printemps.

Parade nuptiale de l'Aurore.

Envergure maxi : 43 mm. Visible de mars à juillet.

Combien de fois a-t-il arpenté le bord des haies du jardin, et des prairies alentours, avant, enfin, de trouver l’âme soeur ? C’est à peine si Monsieur Aurore prenait le temps de siroter un peu de nectar sur la Cardamine des prés ou l’Alliaire officinale. Furetant, chassant les autres mâles de « son » territoire, errant dans une interminable quête…

Et, d’un coup, bingo ! Blanche tachée de noir aux antérieures, marbrée de gris aux postérieures. La belle va-t-elle se laisser séduire ? Ni fuite, ni agressivité. Sur une feuille de Cornouiller sanguin, l’abdomen retroussé frémit même comme une invitation. La parade nuptiale peut commencer.

Pas de précipitation ! Voleter tout autour, de plus en plus près, avec des mouvements sans équivoque de l’abdomen. Même longueur d’ondes côté phéromones. Contact. Et, brusquement, les deux complices s’envolent, toujours accolés, pour aller conter fleurette ailleurs. Loin de l’objectif du photographe. Un peu de pudeur que diable !

Parade nuptiale de l'Aurore.

Les taches orangées sont l’apanage des mâles. Madame est difficile à distinguer des autres « papillons blancs » du jardin. Sinon par sa petite taille, les marbrures grises des postérieures …

… et, surtout, le superbe réseau vert du revers, qu’elle partage avec Monsieur.

La chenille de l’Aurore : dessous vert foncé, dessus bleu vert très pâle piqueté de noir, ligne blanche latérale.

En savoir plus :

  • Guide pratique des papillons de jour, 2022, Moussus, Lorin et Cooper, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • La famille des piérides avec le site aramel.free.fr
  • L’Aurore avec le site Galerie-insecte.org

Photos JF Irastorza

 

L’Osmie bleuissante

Osmie bleuissante, accouplement.

Reflets bleutés pour l’une, dorés pour l’autre : rien de tel que l’accouplement pour souligner le dimorphisme sexuel de l’Osmie bleuissante !

Osmie bleuissante, accouplement.

Taille maxi : 10 mm. Visible de mars à septembre.

Voilà une abeille sauvage bien différente de ses deux cousines, l’Osmie rousse et l’Osmie cornue, traditionnellement sur le pont avant même le Mardi gras. L’Osmie bleuissante (Osmie caerulescens) est nettement moins précoce. Elle émerge ainsi aux alentours de Pâques. Quand le printemps est déjà bien sonné.

Pas de cornes. Ni d’éclatante fourrure fauve ou brique. Mais de timides filets de soies grises sur l’abdomen et de petites touffes cendrées sur les côtés du thorax et sur la face. Le tout sur une cuticule noire, luisante, aux reflets bleutés. Du moins pour la femelle.

Car le mâle s’en distingue par une abondante fourrure thoracique et faciale roussâtre. Comme en écho aux reflets bronze cuivré de son abdomen. Il est aussi beaucoup plus petit. Il faut dire que Madame arbore notamment une sacrée grosse tête !

Dans la famille osmie, la collecte du pollen passe par une brosse ventrale. Ni orangée ni rouge, elle est ici plus discrète, entièrement noire. Et puisque l’accouplement vient d’avoir lieu, la récolte va bientôt commencer. 

Osmie bleuissante, accouplement.

Comme la plupart de ses cousines, sitôt l’accouplement, la femelle se met en quête d’un gîte où établir son nid. Opportuniste, elle adopte un tube de bambou autant qu’une galerie abandonnée, creusée dans un tronc ou une branche par un insecte xylophage. Elle y aménage alors des cellules et clôt le nid à l’aide d’une pâte végétale.

Mâle à l’approche d’une inflorescence de trèfle blanc.

Deux cousines

Une cousine déjà au travail depuis quelques semaines : l’Osmie rousse, avec sa fourrure fauve et sa brosse ventrale orangée.

Une robe très contrastée pour cette autre cousine : l’Osmie cornue, thorax et tête noire, éclatant abdomen brique. On devine ici les deux petites cornes faciales auxquelles l’espèce doit son nom.

En savoir plus :

  • Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, JF Irastorza, 2026, La Geste éditions.
  • Abeilles sauvages, Boyer 2015, Ulmer.
  • Découvrir et protéger nos abeilles sauvages, Vereecken, 2018, Glénat.
  • Les osmies avec le site aramel.free.fr

Photos JF Irastorza