La Boarmie pétrifiée

La Boarmie pétrifiée.

Un sobre décor minéral très graphique pour la Boarmie pétrifiée, un des premiers papillons de nuit au sortir de l’hiver.

La Boarmie pétrifiée

Envergure maxi : 42 mm. Visible d’avril à septembre.

Dans la famille des phalènes, les boarmies ont mauvaise réputation. À l’image surtout de la Boarmie des bourgeons (Boarmia gemmaria) dont le surnom – mange bourgeons – illustre bien les ravages causés à la vigne au moment du débourrement. Rien à craindre de ce point de vue avec la Boarmie pétrifiée (Menophra abruptaria) qui installe sa progéniture sur les feuilles de prunus, de troènes voire de lilas.

Bordées d’une délicate frange, les ailes de ce papillon de nuit évoque – d’où son nom – une paroi rocheuse où alternent les couches beiges et ocres, parcourues de fines veines brunes.

Il vient d’émerger après un hiver passé sous forme de chrysalide. Las ! Si les températures presqu’estivales de la fin mars l’ont enhardi, quel contraste avec les premiers jours d’avril… Voilà la boarmie, aplatie sur l’herbe du jardin, qui tente de conjurer la bise hivernale revenue au soleil de midi. Doublement pétrifiée !

Une autre cousine arpenteuse, la Boarmie du chêne (Hypomecis roboraria), appuyée à un bouton de rose. Elle espère ici échapper à la convoitise des prédateurs en se figeant en « mode brindille ».

En savoir plus :

  • Hétérocères diurnes, 2020, Rainer Ulrich, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • La Boarmie pétrifiée avec les Carnets nature de Jessica

Photos JF Irastorza

 

La Bugle rampante

Ancienne médicinale, familière des haies et des sous-bois, la Bugle rampante est un bon couvre-sol, généreux et coloré.

Elle côtoie le Lamier pourpre et le Gléchome lierre terrestre au pied des haies. Pas de risque de confusion. La Bugle rampante (Ajuga reptans) dresse un bel épi serré où le bleu violacé des petites fleurs se mêle au vert puis au bronze d’un feuillage empourpré au sommet de la pyramide.

Comme chez ses voisines, les fleurs Épi floral de la Bugle rampante / Un jardin dans le Marais poitevin.de la Bugle rampante présente deux lèvres ouvrant sur un long tube nectarifère. Et la lèvre inférieure à trois lobes reçoit logiquement les butineurs. Mais, au dessus, curieusement, la lèvre supérieure est atrophiée. Pour ne pas dire inexistante. Étamines et styles, qui en débordent largement, ne bénéficient donc pas d’auvent protecteur.

Cela dit, comme son nom le laisse entendre, la belle compte moins sur ses graines que sur ses stolons pour se propager. Ils rampent et s’enracinent facilement le long des haies. Un bon couvre-sol. Vite envahissant toutefois.

Jadis prisées à raison de leurs vertus cicatrisantes, les feuilles fraiches de « l’herbe au charpentier » viennent parfois encore relever les salades. A petite dose toutefois. Et à condition d’en apprécier la légère amertume.

Bugle rampante, fleur. La lèvre supérieure est à peine visible, laissant étamines et styles sans protection / Un jardin dans le Marais poitevin.

Avec une lèvre supérieure atrophiée, étamines et styles sont exposés sans protection au dessus de l’entrée du tube nectarifère.

En savoir plus : 

  • Guide des fleurs sauvages, Richard Fitter, Alaster Fitter et Marjorie Blamey, 2009, Delachaux & Niestlé
  • Fleurs sauvages, guide nature, collectif, 2022, La Salamandre.
  • Avec le site sauvagesdupoitou.com
  • La Bugle rampante avec le site flore-en-ligne.fr

Photos JF Irastorza 

 

L’Épistrophe élégant

Épistrophe eligans.

Syrphe précoce et subtilement paré d’or, l’Épistrophe élégant est aussi un précieux auxiliaire. Ses larves sont grosses consommatrices de pucerons.

Taille maxi : 10 mm. Visible de mars à août.

Il est certes plus courtaud que la plupart des autres syrphes du jardin. Au repos, les ailes hyalines débordent ainsi largement l’abdomen. Avec des marques jaunes sur fond noir bien-sûr. Comme tout syrphe qui se respecte. Mais dans une disposition originale : deux taches triangulaires presque jointes à l’avant, suivies d’un anneau d’or.

Et l’Épistrophe élégant (Epistrophe eligans) pousse davantage encore sa mise raffinée ! La demi-lune du scutellum arbore donc un rutilant jaune doré. Avec les pattes et la naissance des ailes à l’unisson. Comme autant d’échos à la scintillante patine mordorée du thorax. Un ensemble délicatement sublimé par une fine toison ambrée.

Cela dit, ce n’est pas seulement pour des raisons esthétiques que ce petit Syrphe (moins d’un centimètre) est le bienvenu au jardin. Ses larves sont en effet grosses consommatrices de pucerons. Dès le mois de mars. Et tout particulièrement sur les arbres fruitiers ! 

Épistrophe eligans.

Un abdomen mince nettement plus court que les ailes.

Épistrophe eligans.

L’Épistrophe élégant émerge dès début mars. Les adultes se nourrissent de pollen et de nectar. Il visite ici le cassis-fleurs du jardin.

Parmi les premiers butineurs du mirabellier en fleurs.

En savoir plus :

  • Mouches et moustiques d’Europe, 2024, Denis Richard et Pierre-Olivier Maquart, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • L’Épistrophe élégant avec les Carnets nature de Jessica

Photos JF Irastorza