Monsieur Sympétrum strié

Monsieur Sympétrum strié à l'affût.

Rouge délavé nuancé d’orangé : sauf sur le thorax où de vifs contrastes animent la marqueterie emblématique de Monsieur Sympétrum strié.

L’élagueuse de haie est passée par là. Au bord du halage, la branche de frêne devenue moignon fait cependant très bien l’affaire pour Monsieur Sympétrum strié (Sympetrum striolatum). Il y revient sans cesse, rarement bredouille, après chaque raid de sa chasse à l’affût.

Libellule de taille moyenne, il se distingue par sa livrée rouge assez terne nuancée d’orangé. Et surtout par une marqueterie thoracique très contrastée. Comme Madame, en effet, il présente une série de plaques latérales, jaunes, rouges, brunes, aux sutures noires bien marquées.

Il en va différemment sur l’abdomen. Chez Madame, sur un fond brun-jaune et gris-bleu, les segments sont solidement rythmés. Mais traits, lignes et points se dissipent ici dans une dominante rougeâtre délavée. À noter toutefois deux taches dorsales noires bien franches à la pointe de l’abdomen.

Chasseur inlassable, Monsieur Sympétrum strié sait aussi prendre le temps de longs bains de soleil. On le rencontre alors sur une feuille morte, au pied d’une haie. Immobile. Mais toujours aux aguets. 

Monsieur Sympétrum strié à l'affût.

Assez vif sur le thorax et à l’attache des ailes, le rouge devient délavé sur l’abdomen, avec des nuances latérales orangées. Le rythme des traits et des lignes, bien lisible chez la femelle, est davantage estompé chez le mâle.

Madame Sympétrum strié à l'affût.

Madame Sympétrum strié. Mêmes plaques latérales aux sutures noires fortement marquées (le rouge en moins). Même dessus des yeux marron. Mais une dominante dorsale brun jaune, plutôt gris bleu dessous. Avec un jeu de traits, de lignes et de points pour scander les segments.

Bain de soleil sur une feuille morte. Les deux taches dorsales noires  à la pointe de l’abdomen sont ici bien visibles.

En savoir plus  : 

  • Guide des libellules de France et d’Europe, 2021, Dijkstra, Schröter et Lewington, Delachaux & Niestlé.
  • Libellules du Poitou-Charentes, 2009, collector, Poitou-Charentes Nature (Ed).
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.

Photos JF Irastorza 

 

Le Satyre du marais !

Le Satyre sur Menthe des champs.

Deux noms, une même espèce de papillon. Et voilà le Satyre ! Le mâle de la Mégère. Alors, comment les distinguer ?

Le Satyre sur Menthe des champs.Réputé apprécier les pelouses rocailleuses et sèches, voici le Satyre (Lasiommata megera) pourtant à son aise sur une prairie humide du marais. Comme la Mégère, la femelle de l’espèce, il y butine notamment la menthe aquatique. Un grand classique de la fin d’été !

Comment distinguer la Mégère et le Satyre ? D’abord par le comportement. Elle butine longuement, lui plus furtivement, trop occupé à défendre son territoire et à y rechercher l’âme soeur. Cela dit, comme Madame, Monsieur se laisse aller, parfois, à un bain de soleil. Entre deux patrouilles.

Sinon, côté décor, le Satyre présente, sur fond orange, une bande épaisse, brun foncé, oblique, irrégulière, qui barre fortement les ailes antérieures dont le jeu de marqueterie est davantage appuyé. Le reste est assez semblable, y compris au revers. 

S’il passe parfois au jardin, il ne s’y laisse guère approcher. À vrai dire, il préfère le fouillis des prairies. Là où il est né, parmi fétuques, paturins, dactyles et autres herbes folles. Surtout, en cette saison, lorsque menthe et pulicaire s’y mêlent.

Le Satyre sur Menthe des champs.

Sur un jeu de marqueterie nettement accentué, une bande brune épaisse barre les antérieures.

Celui-ci a les ailes quelque peu fatiguées. Peut-être un individu de seconde génération en bout de course (avril/juillet, juillet/septembre, septembre/novembre). La génération suivante ira jusqu’au bout de l’automne. Si le temps le permet.

Mi avril 2022. La génération printanière vient d’émerger. En pause ici au bord d’un chemin.

La lumineuse Mégère, avec un jeu de marqueterie à peine esquissé, parcouru de lignes sinueuses évoquant la coiffure serpentine de la terrible déesse grecque.

Le revers des ailes est assez comparable d’un sexe l’autre, notamment l’élégante « broderie » aux postérieures.

En savoir plus :

Photos JF Irastorza

 

Le Taon des chevaux

Taon des chevaux sur plan de salade.

Le Taon des chevaux ne pique pas. Il mort ! Avec un rostre propre à broyer le cuir du bétail. La rançon d’un potager proche des pâturages.

Taon des chevaux sur plan de choux.

Taille maxi : 24 mm. Visible de juin à août.

Les yeux disjoints, c’est une femelle. Chez les taons, misogynie à part, ça n’est pas bon signe ! Ce sont les femelles, en effet, qui piquent, ou plus exactement qui mordent. Avec le Taon des sudètes, alias le Taon des chevaux (Tabanus sudeticus), la morsure est particulièrement douloureuse.

Voilà donc le plus gros des taons. Plus de deux centimètres. Armé pour percer le cuir du gros bétail ! Son rostre broyeur n’aura d’évidence aucune difficulté à déchiqueter votre tendre épiderme. Histoire de faire perler des gouttes de sang dont Madame espère bien se gaver. Non qu’elle soit cruelle : « sanguinivore » par nécessité plutôt. Uniquement pour bénéficier d’un afflux de protéines indispensable à l’élaboration de ses oeufs ! 

Dominante sombre, thorax discrètement rayé de gris, abdomen animé de petits triangles dont la couleur roussâtre se diffuse parfois sur les premiers segments : malheureusement, Madame a ici perdu une aile. Impossible de voler. À force d’importuner chevaux, vaches ou … jardiniers, on risque fort un revers qui, s’il n’est pas directement fatal, ne laisse en l’occurence rien présager de bon face aux prédateurs.

Taon des chevaux sur plan de salade.

Au moins l’absence d’une des ailes permet-elle de mieux voir l’abdomen. Une suite de petits triangles beiges à roussâtres sur chaque segment.

En savoir plus :

  • Mouches et moustiques d’Europe, Denis Richard et Pierre-Olivier Maquart, 2024, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photo des insectes, Heiko Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Le Guide nature au jardin, collectif, 2017, Salamandre.
  • Guide la la vie sauvage du jardin, Michael Chiney, 2002, Delachaux & Niestlé.
  • La famille des taons afec le site aramel.free.fr

Photos JF Irastorza