Frêne en fleurs

Frêne en fleurs / Un jardin dans le Marais poitevin.

Des fleurs par dizaines de milliers. Rien de très spectaculaire pourtant. L’étrange floraison rougeâtre du frêne précède de quelques semaines son superbe feuillage.

Frêne en fleurs / Un jardin dans le Marais poitevin.Arbre emblématique du Marais poitevin, le Frêne est actuellement en fleurs. Curieuse floraison en vérité. Etamines et stigmates s’y présentent dans le plus simple appareil, sans calice ni corolle. 

Tout commence par la percée de protubérances grumeleuses, comme autant de framboises pourpre foncé, presque noir. Les étamines porteurs de pollen ouvrent ainsi la voie. D’abord compacts, les petits paquets s’élancent bientôt en de longues panicules dressées d’où émergent les petits coeurs pourpre clair des stigmates.

Pas de calice, pas de nectar. Les pollinisateurs ignorent le frêne. Qu’importe. C’est en effet le vent qui, balayant ce fatras, se chargera bientôt de véhiculer le pollen. Les panicules retomberont alors en de longues grappes pendantes de graines ailées dont raffolent les oiseaux.

Il faut attendre une quarantaine d’années avant qu’un frêne produise ses premières fleurs. Régulièrement taillés en têtard, les plus anciens sont là depuis le XIXe siècle dans le Marais poitevin où ils font l’objet d’une attention particulière. Face à l’avancée de la chalarose notamment.

Frêne en fleurs / Un jardin dans le Marais poitevin.

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Photos JF Irastorza

 

Le sureau ouvre le bal des purins

Sureau, feuillage / Un jardin dans le Marais poitevin.

On finirait par oublier que nous sommes au coeur de l’hiver. Le sureau vient de doubler l’ortie. Alors, premières feuilles, premier purin…

Sureau, feuillage / Un jardin dans le Marais poitevin.Il est réputé pour son feuillage précoce. Mais cette année le sureau bat tous les records. Les bourgeons ont explosé tout début février. Déjà, le voilà qui déploie ses belles et grandes feuilles vert foncé. Cinq lobes finement dentelés à l’odeur métallique caractéristique.

Est-ce bien raisonnable ? D’ordinaire, c’est le jardinier qui est toujours trop pressé. N’oublions pas qu’il neigeait ici fin mars dernier ! Quoiqu’il en soit, puisque le sureau vient de se lancer bien avant l’ortie, il ouvrira aussi le bal des purins printaniers !

Laissons-le développer encore un peu son feuillage. Il supportera mieux la cueillette dans une quinzaine de jours. La recette est la même qu’avec l’ortie ou la consoude. 1 kg de feuilles fraiches hachées pour 10 litres d’eau de pluie. Puis deux semaines de macération. Filtré et dilué (1/10), il sera fin prêt pour stimuler l’enracinement des premières plantations printanières.

 

Champignons et bois mort

Tramète versicolore / Un jardin dans le Marais poitevin.

Champignons et bois mort : à chacun sa part pour ces deux-là qui semblent avoir pactisé pour ne pas se marcher sur les pieds.

Hypholome en touffe / Un jardin dans le Marais poitevin.Dans un coin de la prairie voisine, deux colonies de champignons se partagent la décomposition d’une souche de peuplier. D’un côté, les touffes jaune-ocre de l’Hypholome. De l’autre, les cascades brunes, ourlées de blanc-crème, de la Tramète.

De loin, la première évoque la savoureuse Pholiote du peuplier. Mais la couleur souffre des lamelles et une Champignons et bois mort / Un jardin dans le Marais poitevin.odeur peu amène douchent vite la perspective d’omelette. Dommage. Car la récolte aurait été belle tant sont denses les paquets mamelonnés ancrés dans les anfractuosités du bois mort.

Dans une sorte de Yalta silencieux, les deux colonies semblent être convenues d’une frontière vers laquelle elles avancent inexorablement leurs troupes. Le sort de la vieille souche est scellé. Le moment venu, il reviendra aux insectes xylophages puis in fine à la Xylaire de terminer le travail.

Champignons et bois mort : l'hypholome en touffe / Un jardin dans le Marais poitevin.

Photos JF Irastorza