La Guêpe des tordeuses

Guêpe des tordeuses (Ancistrocerus nigricornis)

Butineuse et chasseresse solitaire, la Guêpe des tordeuses traquent les chenilles ravageuses du verger.

Guêpe des tordeuses (Ancistrocerus nigricornis)

Taille maxi : 13 mm. Visible de mars à octobre.

On ne dira jamais assez combien les guêpes jouent un rôle décisif dans l’équilibre du jardin ! Pour garnir le garde-manger de leurs larves, elles sont en effet en chasse permanente. Les populations de nombreux ravageurs peuvent ainsi être relativement maîtrisées. Après les traqueuses de vers blancs ou de chenilles de noctuelles, voici donc la Guêpe des tordeuses (Ancistrocerus nigricornis) !

Les tordeuses ? Les petites chenilles de certains papillons de nuit qui se développent dans les haies mais aussi au verger, sur les pommiers et les poiriers notamment. Elles y tordent et enroulent les feuilles pour s’aménager un abri. C’est le point de départ de leurs razzias, aux dépens du feuillage et des jeunes fruits.

Mais les feuilles enroulées constituent un refuge tout relatif. Notre chasseresse y voient évidemment un excellent indice de la présence de ses cibles. Anesthésiées, les proies sont alors transportées vers le nid : une tige creuse compartimentée en loges successives avec de la boue. Plusieurs dizaines de chenilles par nid ! Qui dit mieux ?

Actuellement, on rencontre essentiellement les femelles fécondées de la Guêpe des tordeuses (Ancistrocerus nigricornis). Ce sont elles qui passeront l’hiver dans une cavité (tige creuse, bois mort, vieux mur) pour aménager leurs nids et pondre à partir de mars-avril. Le rôle des mâles se limite à la fécondation estivale. Ils meurent en début d’automne.

En savoir plus :

  • Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, 2019, Heiko Bellmann, Delachaux et Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • Ancistrocerus nigricornis avec le site quelestcetanimal.com
  • Ancistrocerus nigricornis avec la galerie du site insecte.org

Photos JF Irastorza 

 

L’Éristale horticole

L'Éristale horticole.

Comme le nom de cette jolie butineuse le suggère, l’Éristale horticole visite ordinairement les fleurs des jardins…

Taille maxi : 11 mm. Visible de juin à septembre.

À vrai dire, même si le jardin se requinque un peu avec l’humidité de l’automne, l’Éristale horticole (Eristalis horticola) ne s’y aventure guère en ce début novembre. Les sources de nectar y sont rares en effet après quatre mois de canicules et de sécheresse. Alors vivent les prairies humides et leurs généreuses stations de menthe aquatique !

Avec son allure de petite abeille, ce syrphe se distingue par des couleurs abdominales bien tranchées sur fond noir brillant. Un filet jaune cercle ainsi chaque segment alors que deux taches triangulaires orangées dessinent un sablier noir sur le second. Enfin, les ailes hyalines présentent un zigzag transversal sombre plus ou moins diffus.

Comme la plupart des syrphes, voilà un virtuose du vol stationaire. Notamment les mâles qui espèrent ainsi intimider leurs concurrents. Sinon, sauf à avoir des mouvements brusques, il se laisse volontiers approcher. Surtout lorsqu’il butine une inflorescence, en prenant son temps, fleuron après fleuron. Un pollinisateur consciencieux que l’on espère retrouver la saison prochaine au jardin.

L'Éristale horticole.

En savoir plus :

Photos JF Irastorza

La Guêpe potière méditerranéenne

Guêpe potière méditerranéenne (Eumenes mediterraneus)

Quand elle ne chasse pas les chenilles, pour nourrir ses larves, l’élégante Guêpe potière méditerranéenne est une butineuse assidue.

Guêpe potière méditerranéenne (Eumenes mediterraneus)

Taille maxi : 16 mm. Visible d’avril à octobre.

On a déjà rencontré ici plusieurs de ses cousins familiers du jardin. Du petit Eumène pomiformis à l’impressionnant Eumène unguiculé. Dans une taille intermédiaire, actuellement sur le massif d’asters, la Guêpe potière méditerranéenne (Eumenes mediterraneus) adopte bien-sûr l’élégante silhouette jaune et noire caractéristique du genre.

Petite tête triangulaire sommée de solides antennes ; thorax quasi sphérique ; long pétiole renflé puis étranglé ; suite de l’abdomen en forme de poire harmonieusement pansue. Quant aux dessins jaunes, subtilement différents d’une espèce d’eumène à l’autre, on s’attardera surtout sur… les pattes ! Le détail est en effet assez facile à observer : des fémurs presqu’entièrement jaunes à l’avant, entièrement noirs à l’arrière et moitié-moitié aux pattes médianes.

Comme son nom l’indique, l’espèce est réputée méditerranéenne. En fait, la plupart des eumènes, originaires du sud, apprécient la chaleur. Réchauffement climatique aidant, leur répartition s’est considérablement élargie. En l’occurence jusqu’en Poitou. Et même en automne !

Guêpe potière méditerranéenne (Eumenes mediterraneus)

Les eumènes se nourrissent de nectar et de pollen. Mais les femelles sont aussi de redoutables chasseuses de chenilles : leurs larves ont besoin de protéines.

Nid en forme de petit « pot », maçonné avec de la boue par une guêpe maçonne, au revers d’un… parasol du jardin ! À raison d’une chenille anesthésiée et d’un oeuf par pot, les femelles ont fort à faire pour façonner les loges individuelles de leur progéniture et en garnir le garde-manger.

En savoir plus : 

  • Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, 2019, Heiko Bellmann, Delachaux et Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • Eumenes mediterraneus avec la galerie du site insecte.org

 Photos JF Irastorza