L’Anthracine morio

Anthacine morio sur feuille de Picride fausse vipérine.

Ailes à demi-noires, l’Anthracine morio a une allure d’avion de chasse. Sa cible favorite ? Les larves de tachinaires !

Anthracine morio sur feuille de Picride fausse vipérine.

Taille maxi : 14 mm. Visible de mai à août.

À quelques détails près, on ne prêterait guère attention à cette grosse mouche noire et trapue. Ce sont évidemment les ailes de l’Anthracine morio (Hemipenthes morio) qui frappent tout d’abord. Noires dans leur moitié antérieure. Hyalines sur leurs bordures postérieures. Avec une frontière caractéristique en escalier.

La silhouette évoque un avion de chasse ! Plus sérieusement, elle rappelle celle, massive, du Bombyle hottentot. Un cousin à la fourrure roussâtre. Mais seules ici quelques petites touffes rousses se détachent discrètement sur un fond brun foncé et noir.

Voilà une mouche ordinairement tranquille butineuse. Cette femelle semble toutefois là en inspection. Sinon en traque. En vue d’une ponte très sélective. Elle va et vient ainsi à la recherche… d’hôtes pour ses futures larves. Lesquelles sont en effet parasites de celles des mouches tachinaires, elles-mêmes parasites des chenilles. Ainsi va le jeu décidément très complexe de l’équilibre du jardin !

Anthacine morio sur feuille de Picride fausse vipérine.

Même silhouette massive pour le Bombyle hottentot, cousin de l’Anthracine morio.

Les mouches tachinaires sont les cibles favorites des larves de l’Anthracine morio. Et notamment la plus grosse d’entre elles, l’Échinomye corpulente, noire illuminée de jaune-orangé à la tête et à la naissance des ailes. À noter l’abdomen hérissé de solides soies noires, caractéristiques de la famille des tachinaires.

En savoir plus :

  • Mouches et moustiques d’Europe, Denis Richard et Pierre-Olivier Maquart, 2024, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photo des insectes, Heiko Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Le Guide nature au jardin, collectif, 2017, Salamandre.
  • Guide la la vie sauvage du jardin, Michael Chiney, 2002, Delachaux & Niestlé.
  • L’Anthracine morio avec le site quelestcetanimal.com

Photos JF Irastorza 

 

La Cordulie à corps fin

Cordulie à corps fin, mâle, accrochée à une graminée.

Une nouvelle auxiliaire au jardin ! En chasse, la belle et discrète Cordulie à corps fin tourne et vire autour de la petite mare.

Cordulie à corps fin, mâle, accrochée à une graminée.

Longueur maxi : 39 mm. Visible de mai à août.

De magnifiques yeux vert-jade. Un thorax vert-métallique. Et un abdomen vert-bronze, sombre, rehaussé d’une suite de taches jaune-orangé en face dorsale. La Cordulie à corps fin (Oxygastra curtisii) ne ressemble à aucune autre libellule du jardin. Elle est d’ailleurs relativement rare et protégée.

De taille moyenne (50 m de longueur), vol vif et imprévisibles changements de cap, la discrète est impossible à suivre du regard lorsqu’elle patrouille, de fin mai à fin août. Pour chercher l’âme soeur comme pour chasser. Et elle passe quasi inaperçue lorsqu’elle fait une brève pause. Accrochée à une graminée ou une branche. À la verticale. 

Assez semblables, les deux sexes présentent ce même amincissement central de l’abdomen qui qualifie l’espèce. Les ailes de la femelle sont toutefois plus ambrées et le mâle arbore une petite crête blanchâtre à la naissance des cercoïdes.

Comme une suite de plume « Sergent major » jaune pour rythmer le corps bronze de la Cordulie. Ici une femelle aux ailes fortement ambrées.

Petite excroissance blanche du mâle bien visible en pointe de l’abdomen.

Cordulies à corps fin, accouplement.

Accouplement au bord d’une haie non loin de la petite mare du jardin. Le mâle est accroché à une tige de ronce commune. Il a saisi et maintient la tête renversée de Madame avec ses cercoïdes. Celle-ci courbe l’abdomen pour en présenter la pointe au contact du deuxième segment de Monsieur.

Ils sont arrivés au jardin par dessus la haie, déjà accouplés en vol, pour conclure dans le feuillage du lilas.

Clair obscur. Quand le soleil joue avec les yeux verts de la cordulie.

En savoir plus  : 

  • Guide des libellules de France et d’Europe, 2021, Dijkstra, Schröter et Lewingto, Delachaux & Niestlé.
  • Libellules du Poitou-Charentes, 2009, Poitou-Charentes Nature (Ed).
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.

Photos JF Irastorza 

L’Odynère réniforme

Odynère réniforme sur bouton d'or.

Guêpe solitaire et maçonne, l’Odynère réniforme est amateur de pollen. Il chasse aussi les chenilles pour garnir le garde-manger de ses larves.

Odynère réniforme sur bouton d'or.À peine ouverte, la corolle du bouton d’or donne ici la mesure de la petite guêpe maçonne. L’Odynère réniforme (Odynerus reniformis) mesure moins d’un centimètre. Tout de noir vêtu, il est parcimonieusement taché et rayé de jaune. Sur la face, à la naissance des antennes et des ailes fumées, sur le « cou » et à l’arrière du thorax. Sans oublier les pattes. Ni l’abdomen, naturellement, où une rayure fait bande à part comme pour mieux souligner un léger rétrécissement du fuseau réniforme.

L’Odymère est amateur de pollen mais c’est aussi un redoutable chasseur. Comme chez son cousin l’Eumène pomiforme, la femelle traque en effet les chenilles pour garnir le garde-manger de sa progéniture. La première cavité venue fait alors l’affaire pour accueillir le nid. Pourquoi pas une tige de bambou ou d’ombellifère. Ou l’un des trous d’un hôtel à insectes. L’essentiel est dans l’aménagement. La guêpe maçonne y transporte du mortier pour façonner les loges des futures larves et, in fine, fermer la porte de la nurserie.

Source :

Odynère réniforme sur bouton d'or.

Un proche cousin : l’Eumène pomiforme façonne de petits pots de terre pour installer ses larves.

Un autre cousin, sans doute Ancitrocerus renimacula, en tournée d’inspection, à la recherche de chenilles pour le casse-croute de ses futures larves.