
Il fallait bien que les iris suivent le mouvement. Les premières fleurs viennent d’éclore. Qu’on se le dise chez les butineurs.
Et voilà sans doute les fleurs les plus sensuelles de ce début mars. Comme brusquement et prématurément réveillés, les longs tépales bleu-violacé des iris ont encore un petit air chiffonné.
Ils ne s’en préparent pas moins à accueillir abeilles et bourdons. Légèrement alangui sous le soleil, l’un d’entre eux semble fin prêt. Il expose déjà sans ambages le réseau de veines blanches qui pointe vers l’entrée du calice. L’invitation n’est pas assez claire ? Rehaussée de jaune, une fine ligne de barbe blanche balise donc le chemin.
Intimité garantie ! Un petit tépale sommital mettra ainsi la pollinisation à l’abri des regards sous son léger auvent… Pourtant, dans les étages du dessous, les longs boutons hésitent. Est-ce vraiment l’heure ? L’hiver n’est peut-être pas terminé. Prudents, ils semblent temporiser, sagement enveloppés dans leur mousseline de soie mauve.



Oubliée la gelée blanche du matin ! 17° pour un après-midi de février. Pas une once de vent. Et quel ciel bleu… De quoi vous titiller les ailes. Et la trompe. La petite escouade des premières abeilles va droit au but. Anticyclone ou pas, le soleil et la fraicheur tombent vite. Alors, pas le temps de batifoler. L’efficacité d’abord. Autrement dit, direction le romarin.






La Pervenche a été longue à trouver sa place dans la petite cour près de la maison. Finalement, si le pied mère n’a pas survécu, ce sont ses drageons qui ont vigoureusement pris le relais.