L’Abeille charpentière

On pense d’abord à un bourdon. L’Abeille charpentière est si imposante ! Parfaitement inoffensive, c’est surtout une très active butineuse.

Abeille charpentière / Un jardin dans le Marais poitevin.

Taille maxi : 28 mm.  Visible de mars à octobre.

Les abeilles sauvages comptent parmi les butineurs les plus hardis au sortir de l’hiver. De la plus petite jusqu’à la plus impressionnante. Dès la fin février, au moindre rayon de soleil, l’Abeille charpentière, alias le Xylocope violacé (Xylocopa violacea), fait ainsi son tour au jardin. Elle ne passe pas inaperçue. Notamment sur le romarin en fleurs.

Un lourd vol bruyant. Une massive silhouette noire. On jurerait un gros bourdon. Mais c’est bien une abeille. La plus volumineuse qui soit. Thorax et abdomen poilus se poudrent de pollen au fil du butinage. Et les reflets électriques de ses ailes bleu violacé rutilent dans le soleil. Il s’agit ici d’un mâle, reconnaissable aux « anneaux d’or » de ses antennes.

Le cycle de l’Abeille charpentière est singulier : les individus des deux sexes qui émergent en fin d’hiver sont nés l’été précédent. Ils ne s’accouplent qu’au printemps suivant. Les mâles meurent alors, laissant les femelles aménager et approvisionner un nid solitaire creusé dans du bois mort. Ou dans un tube de bambou. La nouvelle génération apparaît en juillet-août.

L’abeille charpentière au sortir de l’hiver

Abeille charpentière / Un jardin dans le Marais poitevin.

Fin février. Au sortir d’un long hivernage, il faut prendre des forces. Avant le temps des amours dans quelques semaines…

Fin février. À l’approche des dernières fleurs de bourrache de la saison passée, survivantes d’un hiver trop doux.

Au printemps

Fin mars. Dans le mirabellier en fleurs, le prétendant de l’abeille charpentière se déclare sans ambages. Quitte à commencer ici de façon acrobatique…

Mi avril. Sur les pommiers en fleurs.

Fin avril. Il est temps d’aménager un nid. Ce tube de bambou fera l’affaire. Oh, pardon, la place est déjà prise !

Fin mai. Très assidue sur la planche des petits pois !

Fin mai. Parmi les commensaux de la Sauge des bois.

Fin mai. Sous le « casque » de la Sauge de Jérusalem.

Mi juin. À l’assaut des corolles sur mesure du Penstémon !

Début juin. À l’approche de la Sauge argentée.

Début juin. L’art du raccourci pour atteindre sans peine le nectar de la Sauge « hot lips ».

En été

Fin juin. Des fleurs en tandem, réunies par une large bractée blanc pourpre : le nectar de la Sauge toute-bonne est immanquable pour l’abeille charpentière. Droit devant !

Fin juin. La Sauge argentée, un somptueux feuillage et une abondante source de nectar.

Mi juin. Poudrée du pollen orangé du lupin arbustif.

Mi juin. Impatience. Sans attendre l’épanouissement complet du capitule, l’Abeille charpentière à l’assaut des tout premiers fleurons violets d’artichaut.

Début juillet. Les roses trémières, ce n’est pas que pour les bourdons !

Début juillet. Poudrée de pollen sur les solides capitules des échinacées.

En automne

Fin septembre. La nouvelle génération a pris le relais pour « passer l’hiver » et s’accoupler au printemps prochain.

Mi octobre. Sur le Gattilier, alias l’Arbre au poivre.

Mi octobre. Sur le massif automnal d’asters.

En savoir plus :

  • Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, JF Irastorza, 2026, La Geste éditions.
  • La charpentière avec le site aramel.free.fr
  • Le Xylocope violacé, alias l’Abeille charpentière, avec le site quelestcetanimal.com

 Photos JF Irastorza 

 

Le Sténoptère roux

Sténoptère roux sur reine des prés.

Costume queue de pie de rigueur quand le Sténoptère roux visite la Reine des prés. Et des fémurs à peine enflés.

Sténoptère roux sur fleur de marguerite.

Taille maxi : 15 mm. Visible de mai à août.

Parmi les petits coléoptères du jardin, en nombre sur les massifs fleuris, le Sténoptère roux (Stenopterus rufus) se distingue au premier coup d’oeil. Par sa dominante rousse bien sûr. Mais aussi par les renflements de ses fémurs. Et pas uniquement sur les pattes arrière du seul mâle comme chez le l’Oedémère noble.

Ce sont d’ailleurs les petites protubérances des pattes avant et médianes qui retiennent d’abord d’attention. Leur noir bien tranché fait ainsi écho à celui de la tête, du corselet et des « épaulettes » des élytres. Les renflements sont plus fuselés sur les pattes arrière uniformément rouge orangé.

Enfin, certes réduits à la portion congrue, les élytres n’en ont pas moins des allures d’élégante queue-de-pie ! Roux plutôt foncé, ils laissent entrevoir un abdomen noir rehaussé de bandes blanches.

Comme celles des leptures, ses larves se développent sur les branches mortes des haies et des fourrés alentour. Pour sa part, le Sténoptère roux adulte préfère le pollen. Particulièrement celui des marguerites et des cosmos. Cela dit, actuellement, il se laisse enivrer par la capiteuse et généreuse Reine des prés.

Sténoptère roux sur reine des prés.

Noirs pour les deux premiers, tirant vers le roux ensuite, les articles des longues antennes sont bien visibles. À noter aussi une petite touffe de poils blancs « aux quatre coins » du thorax. Et une tache blanche à la jonction des élytres.

Sténoptère roux sur pétale de cosmos / Un jardin dans le Marais poitevin.

Prostré pendant l’averse sur une feuille de rudbbéckia, en attendant le retour du soleil.

En savoir plus :

  • Coléoptères d’Europe, 2017, Vincent Albouy et Denis Richard, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photo des insectes, 2019, Heiko Bellmann, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • Le Sténoptère roux avec le site quelestcetqanimal.com

 Photos JF Irastorza 

 

L’Andrène nigrospina

Andrène nigrospina femelle.

Dans la série des abeilles noires, l’Andrène nigrospina se distingue par des brosses de collecte blanches aux pattes arrière.

Andrène nigrospina femelle.

Taille maxi : 15 mm. Visible en mai-juin.

Une abeille sauvage noire. Les exemples ne manquent pas au jardin. La Charpentière bien-sûr, noire uniformément. L’Andrène agile dont quelques touffes blanches animent face, thorax et abdomen. L’Andrène cendré qui doit son nom à deux larges bandes grises thoraciques… Avec l’Andrène nigrospina, le distinguo saute aux yeux.

Outre une discrète pilosité grise sur le thorax et la tête, la blancheur des brosses de collecte de la femelle fait la différence. L’occasion de bien visualiser d’une part le manchon de soie très dense des pattes arrière et, d’autre part, la touffe de poils à la base de celles-ci. Pareillement équipée, Madame peut largement « charger la mule » lorsque la récolte bat son plein.
L’Andrène nigrospina n’a pas de nom français, sinon l’Andrène charbonneuse, appellation adoptée en Belgique. L’espèce est terricole. Avec une seule génération annuelle, elle est notamment visible comme ici sur le panicaut en fin de printemps.
Andrène nigrospina femelle.

En savoir plus

  • Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, JF Irastorza, 2026, La Geste éditions.
  • Abeilles sauvages, Boyer, 2015, Ulmer.
  • Découvrir et protéger nos abeilles sauvages, Vereecken, 2018, Glénat.
  • Les abeilles solitaires avec le site aramel.free.fr
  • Andrena nigrospina avec le site Les cahiers nature de Jessica.
  • Andrena nigrospina avez le site galerie-insecte.org

  Photos JF Irastorza