Le Membracide bison

Membracide bison sur une feuille de frêne.

Vif, insaisissable, il saute plus qu’il ne vole. Le Membracide bison, parmi les insectes « piqueurs suceurs » les plus étranges du jardin.

Membracide bison sur une feuille de frêne.

Taille maxi : 10 mm. Visible de mai à octobre.

On ne le voit guère au jardin. D’abord en raison de sa taille, moins d’un centimètre, mais aussi du mimétisme de son vert tendre piqueté de blanc. Avec son air aussi charmant qu’insolite, le petit Membracide bison (Strictocephala bisonia) n’a pas bonne réputation. Notamment dans les vergers et les vignes.

C’est surtout la ponte, sous l’écorce incisée des jeunes rameaux, qui est susceptible de dégâts. Du moins en cas d’invasion importante. Les larves descendent ensuite au sol où, piqueuses suceuses comme les adultes, elles se nourrissent essentiellement au dépend de la végétation herbacée, trèfle et luzerne notamment. 

Le Membracide bison est surtout remarquable par la forme pyramidale de son pronotum . Avec une longue épine teintée de jaune à l’arrière, deux ”cornes” noirâtres à l’avant et, juste en dessous, deux petits yeux noirs globuleux. D’où cette allure rappelant vaguement le bison.

D’ordinaire, en cas de début d’invasion, il peut suffire de collecter le surnombre. Mieux vaut ne pas y compter ici. À la moindre approche, le « bison » s’éclipse avec une étonnante vivacité. Champion du “saute qui peut”… Cela dit, outre les fruitiers, la femelle pond le plus souvent sur les jeunes pousses de frêne, de saule, d’aubépine ou de peuplier. Elle n’a que l’embarras du choix dans le marais alentour.

Membracide bison sur une feuille de frêne.

En savoir plus : 

  • Hémiptères de France, Romain Garrouste, 2015, Delachaux & Niestlé.
  • Mouches et moustiques d’Europe, Denis Richard et Pierre-Oilivier Maquart, 2024, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photos des insectes, Heiko Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Guide la vie sauvage au jardin, Michael Chiney, 1997, Delachaux & Niestlé.
  • Le guide nature au jardin, collectif, 2017, Salamandre.
  • Le Membracide bison avec les Carnets nature de Jessica.

Photos JF Irastorza

 

Le Frelon asiatique

Frelon asiatique subtilisant une abeille prise dans une toile d'Epeire fasciée.

Le Frelon asiatique s’attaque aux abeilles et aux mouches éristales qui leur ressemblent un peu. Quitte à s’inviter sur une toile d’araignée.

Sur une inflorescence de Rince-bouteille.

Taille maxi : 30 mm (reine). Visible de mars à novembre.

Oh, bien sûr, le Frelon asiatique (Vespa velutina) est amateur de nectar. Même si, en cette saison, la pulpe sucrée des pommes ou des poires blettes tombées au sol ont sa préférence. Il y creuse de véritables cavernes à grands coups de mandibules pour finalement ne laisser que le trogon. 

C’est aussi un redoutable chasseur. Opportuniste toutefois, il ne résiste pas ici à la tentation d’une abeille prise au piège d’une Épeire fasciée. La malheureuse vient à peine d’être « emmaillotée ». Il fonce sur la toile et en évince méchamment la tenancière qui préfère s’éclipser.

Un peu plus loin, c’est une mouche éristale qui est capturée en vol. La première herbe sèche venue fait alors l’affaire pour prendre appui et jouer des mandibules. Accroché par une seule patte, dans un curieux équilibre, le Frelon asiatique a tôt fait de mettre sa proie en pièces. Non pour son propre casse-croute : abeilles et mouches concassées, transformées en boulettes protéinées, sont destinées aux larves de la colonie.

D’abord déchirer la gangue de soie blanche puis tailler la proie en pièces.

Frelon asiatique finissant de dévorer une mouche éristale capturée en vol.

Moins d’une minute pour transformer la mouche éristale en précieuse boulette protéinée pour nourrir les larves de la colonie.

Curée sur une pomme blette à laquelle se mêle le Vulcain qui n’a pas l’air impressionné !

Le cousin autochtone

Plus impressionnant encore, le Frelon européen (Vaspa cabro) est également plutôt pacifique… pourvu qu’on ne s’approche pas trop près de son nid !

En savoir plus : 

  • Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, 2019, Heiko Bellmann, Delachaux et Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • Distinguer Frelon européen et Frelon asiatique avec la LPO
  • Le Frelon asiatique avec le site quelestcetanimal.com

 Photos JF Irastorza 

 

Madame Sympétrum strié

Sympétrum rayé, femelle.

Pour ses parties de chasse à l’affût, Madame Sympétrum strié a ses habitudes sur les hautes herbes de la périphérie du potager.

Sympétrum rayé, femelle.

Longueur maxi : 44 mm. Visible de mai à novembre.

Comme les nombreuses autres libellules du jardin, le Sympétrum strié (Sympetrum striolatum) y vient chasser en voisin. Il n’a que le halage et la haie à passer depuis la Sèvre niortaise.

Il s’agit ici d’une femelle dont le corps brun clair se teinte parfois de jaune, notamment sur les grandes plaques thoraciques. Nettement soulignées d’une ligne noire, les sutures de celles-ci ont donné son qualificatif à l’espèce. Un aspect « rayé » renforcé par la succession de traits longitudinaux noirs de l’abdomen.

Un soupçon de rouge apparaît à l’attache des ailes. Il rappelle la couleur rougeâtre du mâle dont la livrée est cependant bien moins éclatante et uniforme que celle du Sympétrum rouge-sang. Les deux sexes présentent des pattes épineuses noires aux tibias et fémurs marqués d’une ligne claire, plutôt jaune, bien distincte.

Pour ses affûts, le Sympétrum strié apprécie les piquets des tomates ou les outils qui « traînent » au potager. Mais pas que. Il fréquente aussi les fleurs et, mieux encore, les grandes herbes des bords de haies ou de clôture. Sans doute les proies de passage y sont-elles plus nombreuses…

Sympétrum rayé, femelle.

Femelle, ligne dorsale rouge. Bain de soleil automnal sur une feuille morte de peuplier.

Début juin. Jeune femelle à l’affût sur un épi déplumé de Brunelle commune.

Un outil qui traîne au potager ? Allons donc ! En cette saison, la binette est mieux dehors que dedans ! Accessoirement, voilà un confortable poste d’observation pour Madame Sympétrum rayé, en chasse au jardin.

À l’affût au bord du halage.

Rouge délavé nuancé d’orangé : sauf sur le thorax où de vifs contrastes animent la marqueterie emblématique de Monsieur Sympétrum strié.

En savoir plus  : 

  • Guide des libellules de France et d’Europe, 2021, Dijkstra, Schröter et Lewington, Delachaux & Niestlé.
  • Libellules du Poitou-Charentes, 2009, collectif, Poitou-Charentes Nature (Ed).
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.

Photos JF Irastorza