Le Leptis pointillé

Leptis pointillé mâle / Un jardin dans le Marais poitevin.

Dans la série des auxiliaires du jardin, on dirait le Leptis pointillé monté sur ressorts, prompt à saisir ses proies au vol.

Leptis pointillé femelle / Un jardin dans le Marais poitevin.

Taille maxi : 14 mm. Visible de mai à août.

Dressé sur ses hautes pattes, le Leptis pointillé (Rhagio tringarius) est ici à l’affût. Au bord d’une haie ou sur les légumes du jardin, cette petite mouche orangée apprécie les postes d’observation ensoleillés. 

Ses énormes yeux verts (joints chez le mâle) lui « mangent » toute la tête d’où émerge une une large trompe. Pas de confusion possible au regard de son long abdomen jaune orangé à la pointe noire effilée, marqué de points noirs sur le dessus et d’une ligne pointillée noire sur le côté. D’où son nom.

Avec des ailes fortement nervurées, parfaitement transparentes, le Leptis pointillé n’est guère adepte des longues pérégrinations. Mais il a le vol vif et précis. Toujours prêt à fondre sur les minuscules diptères volant à proximité. Voilà donc un précieux auxiliaire au potager. À bon entendeur…

Leptis pointillé mâle à l'affût / Un jardin dans le Marais poitevin.

En savoir plus : 

  • Mouches et moustiques d’Europe, Denis Richard et Pierre-Oiliver Maquart, 2024, Delachaux & Niestlé.
  • Le Leptis pointillé avec le site quelestcetanimal.com

Photos JF Irastorza

 

L’alternée

L'Alternée, Phalène du gaillet (Epirrhoe alternata) / Un jardin dans le Marais poitevin.

La Phalène du gaillet, ou du pied-de-lion, alias l’alternée, mérite qu’on s’arrête un peu sur son élégant décor.

L'Alternée, Phalène du gaillet (Epirrhoe alternata) / Un jardin dans le Marais poitevin.

Envergure maxi : 23 mm. Visible de mai à septembre.

C’est plutôt un papillon de nuit. Mais l’alternée, alias la Phalène du gaillet ou du pied-de-lion (Epirrhoe alternata), vadrouille encore au petit matin dans les fourrés et le bosquet proches du jardin. Peu farouche, elle se laisse assez facilement approcher. Cela en vaut la peine. Car son rapide vol grisâtre ne laisse rien deviner de ses élégants atours.

L'Alternée, Phalène du gaillet (Epirrhoe alternata) / Un jardin dans le Marais poitevin.Voilà en effet tout un luxe de couleurs et détails digne d’une livrée d’apparat. La belle semble ainsi avoir jeté sur ses épaules une écharpe de délicates dentelles. Certes, l’ensemble paraît comme estompé et manque singulièrement d’éclat. Mais, d’un feston l’autre, les nuances de blanc et de crème sont harmonieusement rehaussées d’ocre, de brun et de noir bleuté. Un charme suranné jusque les yeux beiges encanaillés d’une petite mouche noire.

La famille des phalènes est extrêmement nombreuse. La plupart arborent des ornements assez sophistiqués. Elles ont aussi en commun le comportement original de leur progéniture. Au moindre danger, comme celle-ci (indéterminée), les chenilles arpenteuses s’immobilisent « en mode brindille ». Faute de pouvoir fuir, comment mieux  tromper la convoitise des prédateurs ?

Chenille de Phalène (non déterminée) en mode brindille / Un jardin dans le Marais poitevin.

Chenille de phalène (indéterminée) en « mode brindille », accrochée à la pointe d’une épine de rosier.

En savoir plus :

  • Hétérocères diurnes, 2020, Rainer Ulrich, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.

Photos JF Irastorza

 

Monsieur et Madame Libellule fauve

Libellule fauve, femelle.

Essentiellement printanière, la Libellule fauve parade au potager. Jaune orangé pour Madame. Bleu clair pour Monsieur.

Longueur maxi : 45 mm. Visible de mai à début août.

C’est une des premières libellules du jardin. Elle y chasse dès la mi mai. Puis la Libellule fauve (Libellule fulva) disparaît progressivement en début d’été. Après la ponte dans un fossé du marais. Une existence assez brève. Essentiellement printanière.

Il s’agit ici d’une femelle. Le thorax roux, l’abdomen orange vif, souligné d’une ligne dorsale brun foncé. Finement nervurées, tachées de noir à leur attache, plus discrètement à leur pointe, les ailes se distinguent surtout par leur bordure jaune.

Le mâle est bien différent. Largement recouvert d’une fine pruine bleu clair. À l’unisson de ses yeux pâles. Principal point de comparaison avec la femelle : l’épais triangle noir à l’attache des ailes, surtout arrière, et, plus ou moins marquée, la petite tache sombre de l’apex. Mais pas de bordure jaune chez l’adulte.

Libellule fauve, femelle.

Une tache triangulaire noir à l’attache des ailes, surtout arrière et, en plus du ptérostigma rectangulaire noir, une tache sombre plus ou moins marquée à l’apex.

Mâle à l’affût sur une fleur fanée d’hémérocalle.

À l’émergence, femelle et mâle immature se ressemblent, avec une lumineuse livrée orangée marquée d’un large ligne dorsale s’amenuisant vers le thorax.

Libellule fauve, mâle.

Pruine abdominale bleue et deux derniers segments noirs : mâle en pause sur un épi de Brunelle commune.

Libellule fauve, mâle.

Fin juillet : la pruine bleu clair s’est largement estompée chez ce mâle vieillissant en pause sur une structure de bambou du jardin. Les yeux sont restés bleus mais la dominante vire peu à peu au brun.

En savoir plus :

  • Guide des libellules de France et d’Europe,2007, Dijkstra, Schröter et Lewington, Delachaux et Niestlé.
  • Libellules du Poitou-Charentes, 2009, Laurent Pressigout, Éd. Poitou-Charentes nature, Fontaine-le-Comte, pp 176-177.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • La Libellule fauve avec le site nature22.com

Photos JF Irastorza