Le Syrphe porte-plume

Syrphe porte plume sur sauge des bois.

Les générations de Syrphe porte-plume se succèdent sans discontinuer depuis le mois de mars. Jusqu’à la fin de l’automne. Sus aux pucerons !

Syrphe porte-plume, mâle, au repos sur le pétiole d'une feuille morte de peuplier.

Taille maxi : 10 mm. Visible d’avril à octobre.

C’est un des plus petits syrphes du jardin. Moins d’un centimètre. Un des plus assidus aussi. Le Syrphe porte-plume (Sphaerophoria scripta) tient son nom de la silhouette du mâle. Un long abdomen cylindrique et étroit. Le dessin des deux derniers segments évoque une « plume sergent-major » tachée de brun rougeâtre comme au sortir d’un encrier !

La femelle présente des bandes jaunes plus étroites sur un abdomen plus large et plus pointu.

Son décor présente par ailleurs diverses nuances de jaune. Pâle sur la face et les antennes. Citron sur la demi-lune du scutellum et les taches latérales du thorax. Plus orangé sur les larges bandes qui rythment l’abdomen. Du moins pour le mâle. Outre les yeux disjoints, la femelle se distingue en effet par des rayures plus étroites et plus claires sur un abdomen plus ample et pointu.

Comme la plupart des syrphes, c’est un actif butineur au vol stationnaire à l’approche des fleurs. Et ses précieuses petites larves siphonneuses de pucerons sont d’autant plus omniprésentes au potager que le Syrphe porte-plume est très prolifique. Et se développe rapidement. Jusqu’à neuf générations annuelles !

Au sortir de l’hiver

Pour les butineurs aussi précoces (dès fin février, début mars) les pâquerettes sont une bénédiction !

Femelle sur fleurs jaune vif de Ficaire fausse-renoncule.

Au printemps

Comment résister à un nectar si facilement accessible, avec le cerfeuil des bois ?

Les adultes se nourrissent de nectar et de pollen. Un jardin fleuri, c’est une assurance anti pucerons !

Cette femelle ne pond pas ici au hasard. Elle a bien repéré la colonie de pucerons qui commence à s’installer tout à côté entre les « feuilles » de l’artichaut. Les futures larves auront de quoi manger !

En vol stationnaire à l’approche de la Vesce commune en fleurs.

Mâle en pause sur un bouton entrouvert d’Ophrys abeille.

En été

Femelle parmi les commensaux du panicaut.

Sur un capitule jaune de la Picride faute-vipérine.

Il va falloir attendre un peu : les fleurs jaune de la Lysimaque ne sont pas encore ouvertes…

En automne

Sur un capitule de Seneçon de Jacob.

Quand le Syrphe porte-plume fait la chandelle….

Syrphe porte-plume, mâle.

Sur un capitule de cosmos.

Accouplement sur le fil d’une feuille d’artichaut.

En savoir plus :

  • Mouches et moustiques d’Europe, 2024, Denis Richard et Pierre-Olivier Maquart, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • Le Syrphe porte-plume avec le site quelestcetanimal.com

Photos JF Irastorza 

 

Madame Halicte de la scabieuse

Mme Halicte de la scabieuse sur scabieuse.

Elle aura bientôt traversé les quatre saisons… Madame Halicte de la scabieuse sur les généreux capitules de ses fleurs emblématiques.

Mme Haliecte de la scabieuse sur scabieuse.

Taille maxi : 16 mm. Visible de mars à septembre.

Avec son mauve lumineux, la pleine floraison des touffes de Scabieuse colombaire fait mouche auprès des abeilles sauvages printanières ! À tout seigneur, tout honneur : délaissant pissenlits et pâquerettes, l’Halicte de la scabieuse (Halictus scabiosae) donne désormais la préférence à ses fleurs emblématiques.

Halicte de la Scabieuse, femelle, début mars 2021.Il s’agit ici d’une femelle. Fécondée l’été dernier, elle a hiverné et, avec quelques congénères, elle fonde actuellement une petite communauté : un puit commun et des galeries souterraines à partir desquelles chacune aménage et approvisionne les loges de la génération suivante.

L’halicte femelle se reconnait notamment à ses antennes coudées mais, surtout, à ses doubles bandes feutrées abdominales. Jaune pâle et beige clair. Avec un court sillon longitudinal caractéristique à la pointe de l’abdomen.

Mme Halicte de la scabieuse sur scabieuse.

Solitaire ou sociale ? L’organisation de la nidification de l’Halicte de la scabieuse est complexe. Au cours de l’hivernage « communautaire », une des abeilles prend le leadership, surveille les allées et venues de ses congénères désormais sous sa coupe puis contrôle la maturation de leurs couvains. Il s’en suit au printemps une première génération non sexuée, des ouvrières qui se mettent à leur tour au service de leur « matrone », en vue d’une seconde génération estivale, avec l’émergence en juillet-août de mâles et de femelles en état de se reproduire.

Halicte de la Scabieuse, femelle, début mars 2021.

À la pointe de l’abdomen, le court sillon longitudinal caractéristique de Madame Halicte de la scabieuse.

Sur la planche de phacélie !

Le généreux pissenlit, toujours prêt pour accueillir les premiers butineurs de la fin d’hiver.

Pas de mâle au printemps !

Avec un abdomen plus long et plat, Monsieur Haliecte de la scabieuse se distingue également par de longues antennes à l’extrémité en forme de crochet.  Mais seule les femelles, fécondées l’été dernier, ont passé l’hiver. Il n’y a donc pas de mâles au début du printemps ! Ils émergeront en juillet-août avec la génération nouvelle…

En savoir plus :

  • Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, JF Irastorza, 2026, La Geste éditions.
  • Abeilles sauvages, Boyer, 2015, Ulmer.
  • Découvrir et protéger nos abeilles sauvages, Vereecken, 2018, Glénat.
  • Les halictes avec le site aramel.free.fr
  • Halictus scabiosae avec la galerie du Monde des insectes

Photos JF Irastorza 

 

L’Andrène noir bronze

Andrène noire-bronze sur sauge des bois.

L’Andrène noir bronze apprécie la diversité des floraisons printanières. Une des abeilles sauvages les plus rondelettes du jardin !

Andrène noir bronze sur sauge des bois.

Taille maxi : 15 mm. Visible de mars à juillet.

Une brosse de collecte orangée sur les tibias arrière. Voilà qui rappelle la femelle du petit Andrène à pattes jaunes. C’est bien le seul point commun. Car, hormis ce manchon rouille, l’Andrène noir bronze (Andrena nigroaena) ressemble davantage à une abeille domestique. Par sa plantureuse silhouette comme par sa livrée contrastée.  

Une tête entièrement noire. Un pelage thoracique dense, brun roux, tirant vers le fauve clair. De fines bandes abdominales chamois sur un fond noir aux reflets bronze. Ultime détail : la fourrure noir intense du dernier segment.

Avec une seule génération annuelle, au printemps, l’Andrène noir bronze vient d’apparaître au jardin. Jusqu’en juillet, on repère facilement cette tranquille abeille solitaire, à son allure dodue, sur les fleurs de saison. À commencer par les pissenlits et les premiers pruneliers en fleurs. Avec une affection particulière actuellement pour la Sauge des bois. C’est aussi un excellent pollinisateur des arbres fruitiers. Il est alors temps, pour chaque femelle, de creuser et d’aménager le nid de sa progéniture. Et de charger de pollen le fameux manchon orangé !

Andrène noire-bronze sur sauge des bois.

N’étaient ses tibias arrière et leur brosse orangée, on pourrait presque confondre la femelle avec une abeille domestique. Du moins est-elle largement aussi grande (1,5 cm) avec une silhouette un peu plus replète !

Andrène noir-bronze sur capitule de pissenlit.

Depuis le mois de mars, l’Andrène noir bronze est visible au jardin en une seule génération jusqu’en juillet.

Pas si facile que ça d’explorer la corolle d’une tulipe !

En savoir plus :

  • Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, JF Irastorza, 2026, La Geste éditions.
  • Abeilles sauvages, Boyer, 2015, Ulmer.
  • Découvrir et protéger nos abeilles sauvages, Vereecken, 2018, Glénat.
  • Le Bourdon, Vincent Albouy, 2005, Belin Éveil nature.
  • Les abeilles solitaires avec le site aramel.free.fr
  • Andrena nidroaenea avec la galerie du site insecte.org
  • L’Andrène noir bronze avec le site quelestcetanimal.com

Photos JF Irastorza