Andrène stylopisé

Andrène stylopisé sur capitule de pissenlit.

Premières abeilles sauvages, premiers parasites… En témoigne cet Andrène stylopisé, hôte involontaire d’un étrange sqatter pique-assiette.

Andrène stylopisé sur capitule de pissenlit.Comme un onglet roussâtre inséré entre deux plaques abdominales. Cette abeille sauvage – sans doute une femelle Andrène limpide (Andrena nitida) – est mal partie ! Tout juste émergée en fin d’hiver et déjà parasitée… Le Stylops qu’elle héberge désormais ne la quittera plus.

À la fois gîte et garde-mangé, la malheureuse n’y pourra mais. Confortablement encapsulé sur le dos de l’andrène, l’intrus lui pompera les fluides internes. Inexorablement.

Un intrus ou plutôt en l’occurrence une intruse… En effet, alors qu’à maturité les Stylops mâles quittent leur hôte et s’envolent, les femelles y restent accrochées en prenant soin, le moment venu, comme ici, de laisser dépasser leur anatomie la plus affriolante, baignée de phéromones. 

Une fois fécondées, elles pondent et meurent, bientôt dévorées par leur progéniture. Des larves microscopiques qui n’auront de cesse de trouver à leur tour une abeille pour s’y encapsuler. En cette saison, le plus simple est encore de s’embusquer sur un capitule de pissenlit.

Andrène stylopisé sur capitule de pissenlit.

Fourrure rousse thoracique devenue hirsute, abdomen noir luisant mais hérissé d’une pilosité blanche éparse… L’apparence de l’Andrène limpide s’est quelque peu modifiée, effet collatéral du parasitisme.

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Papillons de janvier

Papillons de janviers : Robert le diable.

Au coeur de l’hiver, les jours qui allongent, le retour du soleil et de la douceur titillent les premiers papillons de janvier.

Papillons de janvier : le Paon du jour.Sans surprise, les papillons de janvier sont les mêmes que début décembre. Ceux qui hivernent sur place à l’état adulte. Avec les pluies incessantes de la fin d’automne et du début d’hiver, pimentées d’un peu de gel mi-janvier, leur retraite n’aura duré qu’à peine deux mois.

Voilà donc Robert le Diable, le Paon du jour et le Vulcain titillés par les jours qui allongent, par le retour du soleil et surtout la grande douceur de cette ultime semaine de janvier. Manque le Citron. Encore faut-il être là au bon moment, lorsqu’il arpente les pieds de haies entre deux bains de soleil !

À vrai dire, seuls les plus hardis osent la précocité. Ils ne sont pas bien nombreux et c’est tant mieux. Car les sources de nectar sont rares. Il faudra attendre encore un peu pour les ficaires et les pissenlits. Et plus encore pour les prunelliers. En attendant, vive le laurier tin !

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La Mouche mésembrine

Mouche mésembrine au repos sur feuille morte de peuplier.

Joues et naissance des ailes dorées, la Mouche mésembrine apprécie les bains de soleil. Même en ce début décembre !

Mouche mésembrine au repos sur feuille morte de peuplier.

Dormir, manger, faire la sieste… La belle vie. Certes, en ce début décembre, les sources de nectar et de pollen sont quasi toutes taries au jardin. Reste le soleil ! Entre deux vagues pluvieuses. La mouche mésembrine (Mesembrina meridiana) ne saurait alors manquer le rendez-vous. Tant que le froid n’est pas durablement installé. 

Ici sur le laurier sauce, là sur une feuille morte au pied d’une haie, elle s’abandonne en de longs farnientes. Sa spécialité. Très peu farouche, elle laisse ainsi admirer sa parure jaune d’or : joues, naissance des ailes et pointe des pattes. Dès la mi-journée, jusqu’à ce que le soleil commence à décliner. C’est ce qui fait sa réputation de désoeuvrée et lui vaut le sobriquet de Mouche de midi.

À voire la belle aussi clinquante, difficile d’imaginer sa modeste naissance dans… une bouse de vache ! Un oeuf par galette fumante dans une prairie voisine. Non que les larves de la Mésembrine soient coprophages. Comme celles de la Mouche du fumier par exemple, leur régime est plutôt carnivore. Elles traquent ainsi la multitude d’autres petits vers grouillant dans ladite matière. Et en plus il y fait chaud !

Ressemblances

Massif corps noir hérissé de soies épaisses et naissance des ailes dorées : au-delà de quelques ressemblances, l’Échinomye corpulente se distingue surtout par une tête entièrement jaune orangé (pas seulement les joues). Sa progéniture parasite les chenilles.

À ne pas confondre non plus avec la Zophomyie ivre (Zophomyia temula) à la silhouette plus allongée et au corps – notamment l’abdomen – hérissé de fortes soies noires. Ses larves sont parasitoïdes.

Également dans les bouses

Comme celles de la Mésembrine, les larves de la Mouche du fumier se développent dans les bouses de vache des prairies.

Tout comme celles de la petite Rhingie champêtre au drôle de « nez » pointu…

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