En décembre, vraiment ?

Bourdon en décembre 2018 / Un jardin dans le Marais poitevin.

Nous sommes ici loin de la Sèvre. Plus au sud, dans l’oasis du Père Narcisse. N’empêche. Abeilles et bourdons eux-mêmes semblent étonnés de pouvoir y butiner encore en décembre…

Abeille en décembre 2018 / Un jardin dans le Marais poitevin.La première gelée blanche de la fin novembre a sérieusement anesthésié le jardin en bord de Sèvre. Et la récente vague de fortes pluies n’a rien arrangé. Quel plaisir alors de rendre une nouvelle visite au potager du Père Narcisse. Un oasis toujours étonnamment fleuri en cette toute fin d’automne.

Dans la douceur persistante du sud-ouest, le moindre brin de soleil même très bas suffit à titiller les pollinisateurs. Nous sommes en décembre ? Vraiment ? Abeilles, bourdons et frelons ne sont évidemment plus légion. Ils n’en savourent que davantage chacune de ces désormais rares et brèves escapades dans la belle lumière dorée de l’après-midi. Leurs bourdonnements anachroniques sonnent comme autant d’heureuses parenthèses dans la venue inéluctable des mauvais jours.

Frelon asiatique en décembre 2018 .

Photos Fernand ©

 

Frelon asiatique : dernière orgie sucrée

Frelon asiatique / Un jardin dans le Marais poitevin.

Que le frelon asiatique et sa colonie en profitent ! L’abondance ne sera bientôt plus de saison. Une de toutes dernières pommes du jardin.

Frelon asiatique / Un jardin dans le Marais poitevin.La récolte des pommes et des poires est déjà loin. Quelques-unes, haut perchées, ont fait de la résistance tant qu’elles ont pu. Pour finalement lâcher prise. Elles ne restent pas au sol très longtemps. Plus ou moins blettes, elles font le bonheur des insectes.

Celle-ci est déjà bien entamée. Le frelon asiatique en a déchiré la peau de ses impressionnantes mandibules orangées. Juste assez pour y pénétrer sans encombre. Et se repaître de pulpe sucrée. Avec délectation.

Complètement immergé, il se gorge de pulpe, délaissant uniquement le trognon autour duquel il commence à tourner, bientôt rejoint par un compère. Véreuse la pomme ? Et alors ! Pas de quoi couper de si solides appétits… Le frelon asiatique n’est-il pas volontiers carnivore ?

Sources :

À « vol de frelon », le nid le plus proche est à environ un kilomètre, à la cime d’un grand peuplier.

Amateur de nectar, il apprécie particulièrement celui des cléomes.

Le frelon asiatique ne se nourrit pas uniquement de nectar, de pollen et de fruits mûrs… Chasseur, il a un faible pour les abeilles et les éristales qu’il déchiquète sur place pour façonner des boulettes de protéine transportées au nid pour approvisionner le couvain.

 

Mouche de la truffe : à suivre !

Mouche à truffe, Suillia gigantea / Un jardin dans le Marais poitevin.

Une Mouche de la truffe au jardin ! Et si elle était ici fidèle à sa réputation ? Il suffirait de la pister. Facile à dire sans doute !

Mouche de la truffe, de longues soies noires dressées sur la bosse de son dos roussâtre / Une jardin dans le Marais poitevin.Voilà quelques semaines, la découverte fortuite d’une truffe sur la pelouse du jardin avait de quoi surprendre. Avait-elle été trouvée puis abandonnée là par l’écureuil ou le geai de chêne ? Mystère. Nouvel indice ce matin avec la rencontre d’une mouche Suillia prenant le soleil sur une feuille de noyer. Suillia ? Autrement dit une Mouche de la truffe.

Est-elle ici par hasard  ? Dans le Périgord notamment, c’est un précieux auxiliaire des trufficulteurs qui l’utilisent pour dénicher leur diamant noir. Car elle n’a pas son pareil pour « flairer » les truffes et se poser très précisément à leur aplomb pour y pondre ses oeufs. Il suffit alors de repérer son manège. Et d’être plus rapide que les futures larves ! 

Quoiqu’il en soit, la mouche Suillia est aisément reconnaissable. Avec de longues soies noires dressées sur la bosse de son dos roussâtre, au sommet de sa petite tête et sur ses pattes charnues. Elle est là sur une feuille de noyer. Pas très loin d’un chêne. Et d’un noisetier. Il va falloir apprendre à la pister. Avec gourmandise.

Sources : 

Étrange découverte. Une truffe comme tombée du ciel sur la pelouse du jardin, entre peupliers, noyer, chêne et noisetier…