Gendarmes : une passade automnale

Gendarmes sur les fruits de l'ibiscus / Un jardin dans le Marais poitevin.

Les gendarmes adorent les fruits de l’hibiscus. Ils s’y retrouvent en automne pour le suc de leurs graines. Et parfois pour un dernier flirt avant l’hiver.

Chacun son tour. Après les bourdons, gros consommateurs du pollen de l’hibiscus, voici les gendarmes. Pour les fruits et le suc de leurs graines. Ils s’y retrouvent en nombre en ce milieu d’automne. Le plus souvent sans se soucier les uns des autres. Pour ces deux-là, c’est autre chose.

L’un d’entre eux a perdu une patte arrière. Cela ne l’empêche pas de séduire. Ni à son vis-vis d’être entreprenant.

Mais nous sommes bientôt en hiver et le temps des amours gendarmesques est passé. Qu’importe. On se tourne autour. On se titille gentillement. Ça dure et ça dure. Sans jamais conclure. Et puis chacun repart de son côté. Une simple passade automnale.

Les fruits de l'ibiscus : les gendarmes adorent / Un jardin dans le Marais Poitevin.

À ne pas confondre avec la Punaise de la Jusquiame qui s’en distingue notamment avec sa tête en partie rouge et ses taches en forme de coeur sur le pronotum.

Ni avec la Viole rouge qui, outre le point blanc sur les ailes membraneuses, présente un jeu de courbes et contrecourbes évoquant la silhouette de l’instrument de musique au centre du pronotum.

Abeilles et surtout bourdons apprécient les fleurs d’hibiscus où ils prennent de véritables bains de pollen !

Photos Fernand ©

La Punaise du pin se prépare aux frimas

La Punaise du pin / Un jardin dans le Marais poitevin

La Punaise du pin, rassasiée des cônes du vieil épicéa du jardin, chemine sur les feuilles mortes à la recherche d’un abri. Cela sent l’approche de l’hiver.

La Punaise du pin, bien identifiable au grand W qui marque ses ailes repliées / Un jardin dans le Marais poitevin.C’est assurément la plus grande punaise du jardin. Deux bons centimètres hors pattes et antennes. Très allongée, la fine tête aux yeux rouges globuleux contribue à cette impression de « gigantisme ». Les solides pattes arrières aussi. A quoi peuvent bien servir les étranges « renflements plats » de leurs tibias ?

Outre sa taille respectable, la Punaise du pin est facilement identifiable au grand W blanc qui marque ses ailes repliées. Mais comment la bestiole, originaire d’Amérique, invasive en Europe depuis une vingtaine d’années, est-elle venue se perdre dans le Marais poitevin ?

Direction la cabane

Du moins a-t-elle trouvé au jardin de quoi se rassasier. Avec ce grand conifère incongru qui tente de rivaliser avec les hauts peupliers, souvenir peut-être d’un arbre de Noël planté là jadis…. Et surtout avec ses cônes : la principale gourmandise de la Punaise du pin.

Aujourd’hui, elle chemine parmi les feuilles mortes et semble savoir où elle va. Direction la cabane !

Nullement trompée par l’été indien, elle sent bien que les nuits sont plus fraîches et plus longues. Il est grand temps de trouver un abri pour y passer l’hiver.

Photos Fernand ©

Quand la Tipule pullule…

La Tipule. Ici un mâle, reconnaissable à l'extrémité large et carrée de son abdomen / Un jardin dans le Marais poitevin.

La Tipule, la grande dégingandée du jardin, est inoffensive. Mais gare à la prolifération de ses larves au potager. Aussi ravageuses que le Taupin et la chenille de la Noctuelle.

La Tipule. Ici une femelle, reconnaissable à l'extrémité en pointe de son abdomen / Un jardin dans le Marais poitevin.On est plus habitué à la voir en juillet-août qu’en octobre. Mais si le long été sec et chaud ne lui a pas été favorable, cet automne doux et enfin humide lui permet de rattraper le temps perdu. Avec une priorité, s’accoupler et pondre. Hélas !

Car si la Tipule est parfaitement inoffensive au jardin ou ailleurs, ses larves comptent parmi les grands ravageurs du potager.

Certes, ces petits « vers gris » ont aussi de bons côtés. Se développant sous terre, ils y creusent des galeries et contribuent ainsi à l’aération du sol. Ils facilitent également la décomposition des débris végétaux dont ils se nourrissent.

Mais leur appétit ne s’arrête malheureusement pas là ! Ils rivalisent en effet avec le Taupin et la chenille de la Noctuelle dans l’art de prendre les jeunes plans de légumes au collet. Autrement dit, point trop n’en faut !

Raison de plus pour accueillir oiseaux, hérissons et musaraignes au jardin. C’est à peu près le seul moyen de lutte contre la Tipule, cette grande dégingandée encombrée par ses longues pattes. Et contre la prolifération de ses larves surtout.

Accouplement de Tipules / Un jardin dans le Marais poitevin.

Peu après l’accouplement, la femelle déposera ses oeufs au sol où les larves s’enfouiront pour se développer au détriment des racines, rhizomes et tubercules. La nuit, elles remonteront parfois à la surface la nuit pour s’attaquer au collet des végétaux.

Parmi les prédateurs de la Tipule, l’Asile frelon, aussi peu engageant qu’efficace chasseur….

… et les guêpes. Celle-ci s’apprête à la déchiqueter après s’être débarrassée des ailes est des pattes.

Un autre prédateur de la Tipule, ou plutôt de ses larves : précieux mille-pattes, le Géophile vit sous terre et c’est un redoutable carnassier.