Le Grand Bombyle

Ce n’est pas un dard mais une longue trompe : les calices les plus profonds du jardin n’ont aucun secret pour le Grand Bombyle !

Grand Bombyle / Un jardin dans le Marais poitevin.

Taille maxi : 12 mm. Visible de mars à juin.

Dans la série des premiers butineurs de la saison, trompe en avant, voici le Grand Bombyle (Bombylius major). Le corps ramassé, brun roux, velu en diable, on dirait un petit bourdon. Très actif, il est spécialiste du vol stationnaire dans sa quête de nectar. Un peu à la manière du Moro-sphinx. Mais, ni bourdon, ni papillon, c’est une mouche.

Grand Bombyle / Un jardin dans le Marais poitevin.

Le distinguo se vérifie aisément lorsque qu’il est au repos, comme ici au pied d’une haie, sur une feuille de Ficaire notamment. Haut perché sur de longues pattes, le Grand Bombyle a les yeux globuleux des mouches. Il n’a surtout que deux ailes, reconnaissables entre toutes. Fortement nervurées, elles sont teintées de noir sur le bord antérieur.

Il n’a qu’un seul défaut. Parfaitement inoffensif pour le jardinier, il est redoutable pour les abeilles sauvages, avec un faible pour les Andrènes. Il pond en effet à l’entrée de leurs terriers et ses asticots y pénètrent pour aller dévorer larves et garde-manger. L’équilibre du jardin est parfois cruel.

Mi-mars 2020. Le Grand bombyle inaugure la floraison encore clairsemée du mirabellier.

Fin mars 2023. Au rendez-vous de l’incontournable Lierre terrestre au pied des haies.

Début avril 2023. Sur les petites fleurs bleues de la Bugle rampante.

Fin mars 2020. Grand bombyle sur Véronique de perse.

Fin mars 2023. Femelle en ponte à l’entrée d’un nid d’abeille sauvage.

Quelques cousins 

Petit bombyle sur inflorescence de crépis.

De plus petite taille mais surtout en ailes entièrement hyalines pour le Petit bombyle.

Dans la même famille, mais sans confusion possible, l’Anthracine morio est aisément reconnaissable à sa dominante noire mêlée de roux comme à ses ailes bicolores, noires et transparentes, dont la frontière est en escalier.

Bombyle ottentot sur fleurs de lierre.

L’exception qui confirme la règle : pas de longue trompe à l’avant pour le Bombyle hottentot.

En savoir plus :

  • Mouches et moustiques d’Europe, Denis Richard et Pierrez-Olivier Maquart, 2024, Delachaux & Niestlé
  • La famille des Bombyles avec le site aramel.free.fr
  • Le Grand bombyle avec le site quelestcetanimal.com
  • Bombylius major avec la galerie du site insecte.org

 Photos JF Irastorza 

 

Premiers bourdonnements

 

Elles ont joué les prolongations avec l’été indien. Et voilà déjà les premières abeilles au beau milieu de l’hiver… Avec la complicité du romarin.

Oubliée la gelée blanche du matin ! 17° pour un après-midi de février. Pas une once de vent. Et quel ciel bleu… De quoi vous titiller les ailes. Et la trompe. La petite escouade des premières abeilles va droit au but. Anticyclone ou pas, le soleil et la fraicheur tombent vite. Alors, pas le temps de batifoler. L’efficacité d’abord. Autrement dit, direction le romarin.

Il se prépare depuis quelques semaines. Nectar à tous les étages ! Entre blanc, rose et mauve, l’abondante floraison de l’arbrisseau pousse la qualité de l’accueil jusque dans son délicat parfum. Les fleurs sont petites, certes, mais, avec elles, on ne se pose pas vraiment de question. La corole déploie une large piste d’atterrissage qui conduit directement au long tube nectarifère… Bonne dégustation !

Comment mieux débuter la saison ? Ivresse collective garantie. A quoi bon chercher ailleurs. Pâquerettes et petites Véroniques de Perse patienteront encore eu peu.

À l'approche des fleurs de romarin.

Faire des boutures de romarin et autres plantes aromatiques avec le site plandejardin-jardinbiologique

Abeille charpentière sur fleurs de romarin.

L’Abeille charpentière, noire et reflets bleutés.

Anthophore plumeuse sur fleurs de romarin.

L’Anthophore plumeuse, avec de longues soies caractéristiques aux pattes médianes du mâle.

Bourdon des prés sur fleurs de romarin.

Le petit Bourdon des prés : collier jaune et arrière train roux !

La petite Osmie cornue : seule la femelle porte comme ici de petites cornes noires au dessus des antennes.

Le Bourdon des saussaies, comme un Bourdon terrestre en taille XS.

 

Le réveillon de la piéride

Chenille de la Piéride / Un jardin dans le Marais poitevin.

Fêtes de fin d’année oblige, la vigilance s’est relâchée. Las ! La chenille de la piéride en profite pour faire bombance.

Chenille de la Piéride / Un jardin dans le Marais poitevin.En hiver, le jardin n’en a pas forcément terminé avec les ravageurs. Surtout cet hiver-ci. En vadrouille au potager jusqu’à fin novembre, la Piéride n’était donc pas là en simple touriste ! Et les premières gelées n’ont pas suffi à éliminer ses oeufs.

La surveillance des planches de choux avait jusqu’alors prévenu la moindre tentative d’invasion. Mais comment imaginer un tel retour en force aux alentours de Noël ?

Il est vrai qu’une seule ponte peut engendrer plusieurs dizaines de chenilles ! D’abord regroupées sous les feuilles, les petites larves sont passées inaperçues. L’appétit venant en mangeant, l’heure de la dispersion est vite arrivée. Au point d’envahir tout un rang. Puis un deuxième. Il était temps d’intervenir. Sauf à prévenir les mésanges que le couvert est remis, pas d’autre solution qu’un scrupuleux ramassage.

Chenille de la Piéride / Un jardin dans le Marais poitevin.

Jaune vif, les petites « plaques » d’œufs ont au moins le mérite d’être aisément repérables au revers des feuilles de chou.

En toutes saisons, la Piéride du chou, parmi les butineurs les plus assidus du jardin. Ici en été sur fleur de Mélisse.

Une cousine, plus petite : la Piéride du navet et ses nervures grisées bien marquées.

Une autre cousine, plus petite encore : la Piéride de la moutarde.

En savoir plus

Photos JF Irastorza