La Mouche mésembrine

Mouche mésembrine au repos sur feuille morte de peuplier.

Joues et naissance des ailes dorées, la Mouche mésembrine apprécie les bains de soleil. Même en ce début décembre !

Mouche mésembrine au repos sur feuille morte de peuplier.

Dormir, manger, faire la sieste… La belle vie. Certes, en ce début décembre, les sources de nectar et de pollen sont quasi toutes taries au jardin. Reste le soleil ! Entre deux vagues pluvieuses. La mouche mésembrine (Mesembrina meridiana) ne saurait alors manquer le rendez-vous. Tant que le froid n’est pas durablement installé. 

Ici sur le laurier sauce, là sur une feuille morte au pied d’une haie, elle s’abandonne en de longs farnientes. Sa spécialité. Très peu farouche, elle laisse ainsi admirer sa parure jaune d’or : joues, naissance des ailes et pointe des pattes. Dès la mi-journée, jusqu’à ce que le soleil commence à décliner. C’est ce qui fait sa réputation de désoeuvrée et lui vaut le sobriquet de Mouche de midi.

À voire la belle aussi clinquante, difficile d’imaginer sa modeste naissance dans… une bouse de vache ! Un oeuf par galette fumante dans une prairie voisine. Non que les larves de la Mésembrine soient coprophages. Comme celles de la Mouche du fumier par exemple, leur régime est plutôt carnivore. Elles traquent ainsi la multitude d’autres petits vers grouillant dans ladite matière. Et en plus il y fait chaud !

Ressemblances

À ne pas confondre non plus avec la Zophomyie ivre (Zophomyia temula) à la silhouette plus allongée et au corps – notamment l’abdomen – hérissé de fortes soies noires. Ses larves sont parasitoïdes.

En savoir plus :

  • Mouches et moustiques d’Europe, Denis Richard et Pierre-Olivier Maquart, 2024, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photo des insectes, Heiko Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Le Guide nature au jardin, collectif, 2017, Salamandre.
  • Guide la la vie sauvage du jardin, Michael Chiney, 2002, Delachaux & Niestlé.
  • La Mouche de midi avec le site quelestcetanimal.com

Photos JF Irastorza

Papillons de décembre

Papillons de décembre, le Vulcain.

Ils passeront l’hiver à l’état adulte : les (rares) papillons de décembre profitent encore des après-midi. Pourvu que le soleil ne soit pas trop frisquet !

Papillons de décembre, le Tircis.Les jours sont de plus en plus courts. Avec les premières gelées nocturnes en prime ! N’empêche, certains après-midi ensoleillés, le jardin reçoit encore la visite de quelques papillons téméraires. Du moins ceux qui s’apprêtent à hiverner à l’état adulte, calfeutrés dans les haies ou les taillis.

Lors de ces ultimes vadrouilles automnales, le Vulcain, le Tircis et Robert le diable notamment se partagent entre bains de soleil et gourmandise au pied des pommiers. Vive le jus sucré des dernières pommes blettes !  Rien de tel pour stocker de l’énergie avant la longue diapause hivernale.

Dans deux ou trois mois, courant février, plus sûrement en mars, ils s’éveilleront avec les pissenlits, les ficaires et les prunelliers en fleurs. Il sera alors temps de voleter la prétentaine pour passer le relai à une nouvelle génération. Ce que la plupart des papillons familiers du jardin ont déjà fait en fin d’été, laissant le soin à leur progéniture de passer l’hiver à l’état de chenilles ou de chrysalides.

Papillons de décembre, Robert le diable.

En savoir plus :

Photos JF Irastorza

Le Bourdon terrestre à contre saison

Bourdon terrestre à contre saison.

Des pelotes de pollen plein les pattes arrière. À la mi octobre ! Comme au plus beaux jours. Le Bourdon terrestre à contre saison.

Bourdon terrestre à contre saison.En théorie, mi-octobre, les colonies du Bourdon terrestre ont périclité depuis quelques semaines déjà. La nouvelle génération sexuée a supplanté les bataillons d’ouvrières. C’est le temps des amours dont seules survivront les jeunes femelles fécondées. Les futures reines du printemps prochain. Dès lors, dans les couvains désertés, plus de bouches à nourrir. Et donc plus de collecte de pollen et de nectar ! Derniers accouplements, recherche d’un abri pour passer l’hiver… Bref, c’est l’automne.

Enfin, normalement. Car, depuis quelques jours, c’est comme si tout recommençait in extremis. Avec une escouade de bourdons affairés, notamment sur le massif d’asters, les pattes arrière chargées de luisantes pelotes de pollen. Comme aux plus beaux jours ! 

Est-ce une vieille reine qui, refusant de jeter l’éponge, recommence à pondre et s’entoure d’une nouvelle colonie ? Ou une jeune téméraire qui devance l’appel ? Le choc risque d’être rude la semaine prochaine avec la fin annoncée de l’anticyclone, le retour de la pluie et des températures fraîches (sinon froides) de saison. Le mirage automnal tournera sans doute court.

Bourdon terrestre à contre saison.

Plus de 30° l’après-midi ! Il est vrai que c’est à s’y méprendre depuis quelques semaines. Le Bourdon terrestre à contre saison : le coeur à l’ouvrage et les pattes arrière chargées de pollen, comme pour approvisionner une colonie nouvelle.

En savoir plus : 

Photos JF Irastorza