La Petite Violette

Petite Violette sur Crépide fausse-épervière.

Les chenilles de la Petite Violette passeront l’hiver au pied de leurs plantes-hôtes,  des violettes et autres pensées sauvages.

Petite Violette sur Crépide fausse-épervière.

Envergure moyenne : 35 mm. Visible de mai à août.

Évidemment, la Petite Violette (Boloria dia) ne doit pas son nom vernaculaire à sa livrée ! Plutôt aux plantes-hôtes de ses chenilles, toutes du genre Viola : de la Violette odorante à la Violette des bois. Pas étonnant donc de la retrouver au jardin dont la partie boisée s’illumine de bleu tendre chaque printemps.

Voilà une cousine du Petit nacré (Issoria lathonia) avec quelques « incrustations » de plaques blanches au revers des ailes postérieures dont une, centrale, en forme de flèche. La tonalité du fond varie d’un individu l’autre, avec une large bande vieux-rose voire violacée (ah, tout de même !) tachée de rouge sombre.

Dans une dominante orangée, le dessus des ailes fait écho au revers des antérieures. Il présente ainsi à l’avant un treillage de marques noires assez épaisses, disposées en lignes zigzagantes. À l’arrière, une ligne de points noirs fortement appuyés voisine les solides chevrons noirs de la marge.

La seconde génération de la Petite Violette s’apprête à pondre. Ses chenilles hiverneront à l’abri de leurs délicates souches favorites. Pour une émergence programmée en avril-maI. Lorsque les violettes refleuriront.

Petite Violette sur Crépide fausse-épervière.

En savoir plus :

  • Guide pratique des papillons de jour, 2022, Moussus, Lorin et Cooper, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • La Petite Violette avec le site quelestcetanimal.com
  • Boloria dia avec la galerie du site insecte.org

Photos JF Irastorza

 

La Passagère

La Passagère au flanc d'une citrouille.

Un étonnant décor en trompe l’oeil pour la Passagère, discret papillon nocturne familier du jardin de mai à octobre, en deux générations.

La Passagère au flanc d'une citrouille.

Envergure maxi : 46 mm. Visible de mai à juin.

Au flanc d’une citrouille en attendant le retour de la nuit. Comme nombre de papillons de nuit, la Passagère (Dysgonia algira) dispose ses ailes antérieures en triangle lorsqu’elle est au repos. Avec une double dominante brun foncé et gris chiné, elle présente un décor très caractéristique.

Un quart-de-rond brun à l’avant, avec les antennes claires rigoureusement disposées selon le même angle. Puis une bande grise – parfois vieux rose- aux allures de paranthèse ( } ) suivie d’un ensemble de taches informes généralement ainsi résumées : « Deux petites pointes sombres à l’apex des ailes ». À bien y regarder, on peut plutôt y voir, en trompe l’oeil, la simulation de l’enroulement d’une feuille dentelée.

Quoiqu’il en soit, ses chenilles se développent notamment sur les ronces des haies et les rumex des prairies. Et l’adulte vient enrichir la grande variété des pollinisateurs nocturnes du jardin !

La Passagère au flanc d'une citrouille.

Les ailes de la Passagère sont rigoureusement planes, avec une illusion d’optique qui évoque l’enroulement d’une feuille morte.

En savoir plus :

  • Hétérocères diurnes, 2020, Rainer Ulrich, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • La Passagère avec le site papillon-poitou-charentes.org
  • Dysgonia algira avec la galerie du site insecte.org

Photos JF Irastorza

 

La Timandre aimée

Timandre aimée sur feuille de frêne.

Anguleuse, rythmée de lignes roses et roussâtres :  on débusque la Timandre aimée par hasard dans la végétation basse.

Timandre aimée sur feuilles d'achillée.

Envergure maxi : 30 mm. Visible de mai à novembre.

De la mythologie grecque au jardin, il n’y a qu’un pas avec la Timandre aimée (Timandra comae). Cela dit, inutile de trop disserter sur la vie sentimentale de la fille de Tyndare et Léda puisque, dans leur grande sagesse, les entomologistes l’ont résumée en un qualificatif attendrissant. Et comment ne pas l’aimer en effet ce discret papillon de nuit, original tant par la forme que par la délicate harmonie de ses couleurs ?

D’un apex à l’autre, deux lignes traversent les ailes anguleuses frangées de rose : comme un trait de pastel roussâtre au centre et un sinueux filet gris à l’arrière. Une troisième leur fait discrètement écho, vaguement orangée, à peine perceptible, à hauteur du thorax. Le tout sur fond ocre clair et pointillé. Un décor plus ou moins estompé somme toute très sobre.

La Timandre aimée ne vient pas au potager pour pondre. Elle y butine la nuit et volète un peu le jour lorsqu’elle est dérangée. Ses chenilles sont plutôt les hôtes de plantes des prairies, renouée, arroche et oseille sauvage. On peut donc l’admirer sans arrière pensée !

Timandre aimée dans les allées du jardin.

Malgré un décor assez estompé, le discret point discal des antérieures reste lisible.

En savoir plus :

  • Hétérocères diurnes, 2020, Rainer Ulrich, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • La Timandre aimée avec le site quelestcetanimal.com
  • Timandra comae avec la galerie du site insecte.org

Photos JF Irastorza