L’Osmie bleuissante

Osmie bleuissante, accouplement.

Reflets bleutés pour l’une, dorés pour l’autre : rien de tel que l’accouplement pour souligner le dimorphisme sexuel de l’Osmie bleuissante !

Osmie bleuissante, accouplement.

Taille maxi : 10 mm. Visible de mars à septembre.

Voilà une abeille sauvage bien différente de ses deux cousines, l’Osmie rousse et l’Osmie cornue, traditionnellement sur le pont avant même le Mardi gras. L’Osmie bleuissante (Osmie caerulescens) est nettement moins précoce. Elle émerge ainsi aux alentours de Pâques. Quand le printemps est déjà bien sonné.

Pas de cornes. Ni d’éclatante fourrure fauve ou brique. Mais de timides filets de soies grises sur l’abdomen et de petites touffes cendrées sur les côtés du thorax et sur la face. Le tout sur une cuticule noire, luisante, aux reflets bleutés. Du moins pour la femelle.

Car le mâle s’en distingue par une abondante fourrure thoracique et faciale roussâtre. Comme en écho aux reflets bronze cuivré de son abdomen. Il est aussi beaucoup plus petit. Il faut dire que Madame arbore notamment une sacrée grosse tête !

Dans la famille osmie, la collecte du pollen passe par une brosse ventrale. Ni orangée ni rouge, elle est ici plus discrète, entièrement noire. Et puisque l’accouplement vient d’avoir lieu, la récolte va bientôt commencer. 

Osmie bleuissante, accouplement.

Comme la plupart de ses cousines, sitôt l’accouplement, la femelle se met en quête d’un gîte où établir son nid. Opportuniste, elle adopte un tube de bambou autant qu’une galerie abandonnée, creusée dans un tronc ou une branche par un insecte xylophage. Elle y aménage alors des cellules et clôt le nid à l’aide d’une pâte végétale.

Mâle à l’approche d’une inflorescence de trèfle blanc.

Deux cousines

Une cousine déjà au travail depuis quelques semaines : l’Osmie rousse, avec sa fourrure fauve et sa brosse ventrale orangée.

Une robe très contrastée pour cette autre cousine : l’Osmie cornue, thorax et tête noire, éclatant abdomen brique. On devine ici les deux petites cornes faciales auxquelles l’espèce doit son nom.

En savoir plus :

  • Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, JF Irastorza, 2026, La Geste éditions.
  • Abeilles sauvages, Boyer 2015, Ulmer.
  • Découvrir et protéger nos abeilles sauvages, Vereecken, 2018, Glénat.
  • Les osmies avec le site aramel.free.fr

Photos JF Irastorza 

 

La Boarmie pétrifiée

La Boarmie pétrifiée.

Un sobre décor minéral très graphique pour la Boarmie pétrifiée, un des premiers papillons de nuit au sortir de l’hiver.

La Boarmie pétrifiée

Envergure maxi : 42 mm. Visible d’avril à septembre.

Dans la famille des phalènes, les boarmies ont mauvaise réputation. À l’image surtout de la Boarmie des bourgeons (Boarmia gemmaria) dont le surnom – mange bourgeons – illustre bien les ravages causés à la vigne au moment du débourrement. Rien à craindre de ce point de vue avec la Boarmie pétrifiée (Menophra abruptaria) qui installe sa progéniture sur les feuilles de prunus, de troènes voire de lilas.

Bordées d’une délicate frange, les ailes de ce papillon de nuit évoque – d’où son nom – une paroi rocheuse où alternent les couches beiges et ocres, parcourues de fines veines brunes.

Il vient d’émerger après un hiver passé sous forme de chrysalide. Las ! Si les températures presqu’estivales de la fin mars l’ont enhardi, quel contraste avec les premiers jours d’avril… Voilà la boarmie, aplatie sur l’herbe du jardin, qui tente de conjurer la bise hivernale revenue au soleil de midi. Doublement pétrifiée !

Une autre cousine arpenteuse, la Boarmie du chêne (Hypomecis roboraria), appuyée à un bouton de rose. Elle espère ici échapper à la convoitise des prédateurs en se figeant en « mode brindille ».

En savoir plus :

  • Hétérocères diurnes, 2020, Rainer Ulrich, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • La Boarmie pétrifiée avec les Carnets nature de Jessica

Photos JF Irastorza

 

L’Épistrophe élégant

Épistrophe eligans.

Syrphe précoce et subtilement paré d’or, l’Épistrophe élégant est aussi un précieux auxiliaire. Ses larves sont grosses consommatrices de pucerons.

Taille maxi : 10 mm. Visible de mars à août.

Il est certes plus courtaud que la plupart des autres syrphes du jardin. Au repos, les ailes hyalines débordent ainsi largement l’abdomen. Avec des marques jaunes sur fond noir bien-sûr. Comme tout syrphe qui se respecte. Mais dans une disposition originale : deux taches triangulaires presque jointes à l’avant, suivies d’un anneau d’or.

Et l’Épistrophe élégant (Epistrophe eligans) pousse davantage encore sa mise raffinée ! La demi-lune du scutellum arbore donc un rutilant jaune doré. Avec les pattes et la naissance des ailes à l’unisson. Comme autant d’échos à la scintillante patine mordorée du thorax. Un ensemble délicatement sublimé par une fine toison ambrée.

Cela dit, ce n’est pas seulement pour des raisons esthétiques que ce petit Syrphe (moins d’un centimètre) est le bienvenu au jardin. Ses larves sont en effet grosses consommatrices de pucerons. Dès le mois de mars. Et tout particulièrement sur les arbres fruitiers ! 

Épistrophe eligans.

Un abdomen mince nettement plus court que les ailes.

Épistrophe eligans.

L’Épistrophe élégant émerge dès début mars. Les adultes se nourrissent de pollen et de nectar. Il visite ici le cassis-fleurs du jardin.

Parmi les premiers butineurs du mirabellier en fleurs.

En savoir plus :

  • Mouches et moustiques d’Europe, 2024, Denis Richard et Pierre-Olivier Maquart, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • L’Épistrophe élégant avec les Carnets nature de Jessica

Photos JF Irastorza