Au nez et à la barbe de l’épeire !

Mouche scorpion chipant la proie d'une Épeire diadème.

Une Tipule piégée par la toile d’une Épeire diadème mais convoitée par une Mouche-scorpion : à votre avis, qui va la manger ?

Mouche scorpion chipant la proie d'une Épeire diadème.

D’ordinaire si prompte, l’Épeire diadème hésite, intriguée, peut-être, par l’audace de la Mouche scorpion. Malgré tout prudente, celle-ci semble prendre la tipule comme bouclier !

La Mouche-scorpion (Panorpa vulgaris) n’est pas vraiment une chasseuse. On l’a ainsi vue en automne se délecter de la pulpe sucrée des mûres. Pour autant, elle est avant tout carnassière et friande surtout de cadavres d’autres insectes. Elle furète donc en permanence dans la végétation pour jouer les équarrisseuses.

Mouche scorpion chipant la proie d'une Épeire diadème.

Finalement, l’araignée préfère renoncer et regagne sa cachette.

Mais elle sait aussi se montrer opportuniste. À quoi bon en effet chercher et chercher encore quand il suffit parfois de se servir sur une toile d’araignée ? Facile à dire. Car il faut éviter de se retrouver piégée à son tour dans ses satanés fils élastiques !

Faire vite avant que ne surgisse le monstre. En l’occurrence ici une Épeire diadème. Cachée dans les feuillages, elle sort dès les premiers soubresauts de la toile. Une tipule s’y est empétrée. D’ordinaire, elle aurait été vite « emmaillotée » pour être aussitôt « siphonnée ».

Trop tard cette fois ! La Mouche-scorpion a été plus prompte. Et, curieusement, sans même chercher à défendre son butin, l’araignée abdique et s’éloigne. Une autre mouche-scorpion accourt profiter de l’aubaine. Quand il y en a pour une, il y en a pour deux !

À la pointe de l’abdomen, le bulbe orangé est bien recourbé, à la manière d’un scorpion : il s’agit de deux mâles. Mais pas de piqure à craindre ! Avant tout copulatoires, ces drôles de pinces n’en ont pas moins inspiré le nom populaire de l’espèce.

En quête de proie facile sur un capitule de rudbéckia. On voit bien ici le long rostre broyeur avec lequel les cadavres sont déchiquetés.

En savoir plus : 

  • Guide photo des insectes, Hieko Bellman, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • La Panorpa vulgaris avec le site aramel.free.fr

Photos JF Irastorza

 

La Piéride de la rave

Piéride de la rave sur menthe aquatique.

D’avril jusqu’aux premières gelées automnales, la Piéride de la rave est omniprésente au jardin. Ses chenilles vertes aussi !

Envergure maxi : 47 mm. Visible de mars à novembre.

Un papillon blanc taché de noir. On songe évidemment à la Piéride du chou. Non. Trop petit. Et puis la tache noire en pointe des ailes antérieures ne dessine pas une faucille bien franche. 

La Piéride du navet alors ? Pas davantage. Certes, le revers de ailes postérieures est pastellé de jaune mais les suffusions noirâtres sont nettement moins marquées. Surtout sur les nervures.

Reste la Piéride de la rave (Pieris rapae), familière comme ses cousines des prairies alentours comme du jardin. D’avril jusqu’aux premières gelées automnales. Avec un penchant pour les crucifères sauvages comme cultivées.

Pas étonnant donc de trouver ses chenilles, ici sur les feuilles de la Moutarde blanche, là sur celles des brocolis. Des chenilles finement velues, vert clair, marquées à maturité d’une ligne dorsale et de petits points latéraux jaunes. Moins faciles à déceler que celles de la Piéride du chou, elles sont hélas tout aussi voraces.

Des taches plus grisâtres que noire à la pointe des antérieures. Les écailles grises du revers des postérieures sont diffuses, plus prononcées dans les générations estivales et automnales comme ici.

Petite chenille verte sur une feuille de Moutarde blanche. Immature, elle n’arbore pas encore son discret décor jaune…

Sur une feuille de brocolis : fine ligne jaune dessus, discret alignement de tirets du même jaune sur les côtés.

Chenille de la Piéride.

La chenille de la Piéride du chou est plus voyante au potager.

En savoir plus

  • Guide pratique des papillons de jour, 2022, Moussus, Lorin et Cooper, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • Pieris rapae avec la galerie du site insecte.org

Photos JF Irastorza

 

La Poliste stylopisée

Poliste stylopisée.

« Habitée » par de petits insectes parasites, la Poliste stylopisée oublie sa colonie : elle butine et chasse pour ses étranges invités !

Poliste stylopisée.Stylopisée ? Ce n’est pas le nom de cette guêpe aux antennes orangées. Voilà plutôt une Poliste dominula. Autrement dit une Poliste gauloise. Ou « un » puisque le masculin est également en usage. Quoiqu’il en soit, l’étrange qualificatif indique simplement que ladite guêpe est parasitée.

Ainsi, la Poliste stylopisée héberge un ou plusieurs petits insectes, de l’ordre des strepsiptères – les Stylopidae – aux moeurs très étranges. Leurs larves s’insinuent sous les plaques abdominales de leurs hôtes involontaires. Pour s’y incruster et s’y développer en syphonant leurs fluides internes. Au point de déformer et de soulever lesdites plaques. Ce qui est bien visible ici. Cela dit, selon les angles de vue, on ne s’aperçoit de rien.

Les intrus devenus adultes, seuls les mâles quittent la Poliste pour s’envoler en quête de femelles. Lors de l’accouplement, celles-ci ne sortent qu’à demi de leur « chambre d’hôte » pour s’y réfugier à nouveau sitôt la chose faite. Les mâles se laissent alors mourrir. Et les femelles sont bientôt dévorées par leurs propres larves.

Quand à la Poliste, elle retourne au nid qu’elle avait jusqu’alors délaissé. Au contact de ses congénères, elle facilite ainsi la dissémination des jeunes larves parasites qui sautent sur les premières guêpes venues. Pour s’y enfermer. Et ainsi de suite.

Pattes jaunes, antennes orangées, joues et clypéus jaune : parfaitement inoffensive, la Poliste gauloise est un bon auxiliaire au potager où elle participe à la régulation des insectes ravageurs. En temps normale, elle chasse butine et au jardin pour apporter sucre et protéines aux larves de sa colonie. Mais, stylopisée, elle oublie celle-ci

En  savoir plus : 

Photos JF Irastorza