Le coucou du Bourdon des pierres

Psithyre des rochers

Taille maxi : 22 mm. Visible de mars à octobre.

Coucou du Bourdon des pierres, le Psithyre des rochers arbore un costume contrasté ressemblant à sa cible. Ou presque.

Le cible du Psithyre des rochers : jeune reine Bourdon des pierres, avec sa livrée davantage  contrastée, à dominante noire et « cul roux ».

Ainsi va la vie des abeilles sauvages et des bourdons. À rude épreuve actuellement, avec cette interminable sécheresse qui tarit les sources de nectar, il leur faut aussi compter avec les parasites. À chaque espèce son « coucou » attitré ! Ainsi le Psithyre des rochers (Bombus rupestris), mauvais génie du Bourdon des pierres.

Ils se ressemblent un peu. Ce qui facilite les choses au premier pour aller pondre sans vergogne dans le nid du second. Cependant, à y regarder de près, la fourrure noire est beaucoup moins dense chez le Psithyre. Notamment sur le thorax. Et l’éclatant « cul rouge » qui caractérise le Bourdon des pierres cède la place à un orangé assez terne.

Grisonnant en outre à l’avant de l’abdomen, le coucou est donc moins franchement contrasté que sa cible. Ultime différence : pas de corbeille collectrice sur les pattes arrière des femelles. Inutile puisque ce sont les « hôtes » qui font le travail !

Même le mâle Bourdon des pierres est plus pétant avec son collier jaune d’or.

En savoir plus : 

  • Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, 2019, Heiko Bellmann, Delachaux & Niestlé.
  • Les Bourdons, 2005, Vincent Albouy, Belin/OPIE Poitou-Charentes.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • Le Bourdon des pierres avec le site quelestcetanimal.com
  • Le Psithyre des rochers avec le site infofauna.ch

Photos JF Irastorza 

 

Le Psithyre vestale

Bourdon vestale sur origan en fleurs.

Le Psithyre vestale ne collecte ni nectar ni pollen : il confie sa progéniture aux bons soins des ouvrières du Bourdon terrestre.

Bourdon vestale sur origan en fleurs.

Taille maxi : 22 mm. Visible d’avril à septembre.

Il ressemble à un Bourdon terrestre qui aurait oublié sa ceinture dorée… La fourrure du Psithyre vestale (Bombus vestalis) est ainsi à dominante noire. Entre cul blanc et collier jaune. Autres caractéristiques distinctives : des ailes davantage fumées et – bien visibles ici – des métatarses postérieurs aussi larges que les tibias. 

Voilà un bourdon-coucou adepte du coup d’état ! Ainsi, lorsque la femelle s’introduit dans son terrier cible, généralement celui du Bourdon terrestre, son premier objectif est d’en tuer ou d’en chasser la reine. Encore lui faut-il intervenir au bon moment. La colonie émergente doit être suffisamment organisée. Mais pas trop. Sinon les ouvrières aguerries risquent de repousser l’intruse.

Il suffit alors de détruire les premières cellules d’élevage. Puis de pondre en lieu et place de la reine déchue. Les ouvrières encore novices n’y verront que du feu et prendront soin de la progéniture de l’usurpatrice.

Bourdon vestale sur origan en fleurs.

Élevées par les ouvrières du Bourdon terrestre, les femelles n’ont pas de brosse de collecte. À quoi bon ? Elles butinent seulement pour leur propre consommation. Émergeant à la fin du printemps ou au début de l’été, elles iront bientôt à leur tour, après fécondation, à la recherche d’un nid à parasiter.

Bourdon vestale sur origan en fleurs.

Vestale ! Baptiser un bourdon-coucou en référence à la déesse romaine protectrice du foyer familial et de ses prêtresses : les entomologistes ne manquent pas d’humour…

Sur la Sauge des bois. Ici avec un liseré jaune juste avant le « cul blanc ».

En savoir plus :

  • Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, 2019, Heiko Bellmann, Delachaux & Niestlé.
  • Les Bourdons, 2005, Vincent Albouy, Belin/OPIE Poitou-Charentes.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • Le Psithyre vestale avec la site quelestcetanimal.com

 Photos JF Irastorza 

 

Le Bourdon grisé

Bourdon grisé sur épi de Brunelle commune.Impression générale hirsute pour le Bourdon grisé. Une abondante fourrure grise mêlée de noir, avec une pointe abdominale rouge orangé.

Bourdon grisé sur épi de Brunelle commune.

Taille maxi : 18 mm (reine). Visible de mars à octobre.

Parmi les plantes sauvages du jardin, la Brunelle commune est décidément irrésistible pour les bourdons de tous poils ! Terrestre, des pierres, des champs… Pour compléter l’inventaire des aficionados des épis bleu violacé, voici l’actif petit Bourdon grisé (B. sylvarum), alias le Bourdon forestier.

Sans surprise, la dominante est donc grise. Jusque sur la face. Avec des nuances jaunâtres notamment l’avant du thorax. Celui-ci présente entre les ailes une large plage noire à laquelle font écho les bandes noires des trois premiers segments de l’abdomen. Perdues, il est vrai ici, dans la broussaille grise. Enfin, la pointe abdominale s’illumine de roux.

Au regard de ses qualificatifs latin et vernaculaire (sylvarum/forestier), le Bourdon grisé pourrait sembler déraciné ici. Le marais alentour est certes réputé boisé mais, en dehors d’alignements de frênes et de peupleraies, il est surtout constitué de prairies humides. Et de jardins. Un milieu semi-ouvert qui, avec sa grande diversité florale, semble parfaitement lui convenir.

Une fourrure à dominante grise. Un gris sale sinon jaunâtre. Ici dans les haies sur les fleurs de ronce commune.

Lorsque la broussaille se fait plus sage, on perçoit un peu mieux quelques traits caractéristiques du Bourdon grisé, alias le Bourdon forestier : le dessus du thorax bien noir et les premiers segments de l’abdomen, également noirs, frangés de bandes grises.

En savoir plus  : 

  • Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, 2019, Heiko Bellmann, Delachaux & Niestlé.
  • Les Bourdons, 2005, Vincent Albouy, Belin/OPIE Poitou-Charentes.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • Le Bourdon grisé avec le site apicool.org

 Photos JF Irastorza