Le Conops à pattes jaunes

Conops à pattes jaunes sur feuille de marguerite.

Une allure de petite guêpe pour le Conops à pattes jaunes. Une mouche jaune et noir bien inoffensive. Sauf pour les bourdons !

Conops à pattes jaunes sur feuille de marguerite.

Taille maxi : 12 mm. Visible de juin à septembre.

Cousin du Sicus ferrugineux, le Conops à pattes jaunes (Conops flavipes) présente une silhouette assez comparable. Tout particulièrement un abdomen fuselé à l’extrémité nettement repliée vers l’avant. Autres caractéristiques familiales : un thorax cubique bien individualisé et une large tête dotée de longues et solides antennes.

Dans une dominante jaune et noire, le Conops évoque une petite guêpe. Mais c’est bien une mouche. D’ailleurs, il a donné son nom à un syrphe – Ceriana conopsoides – avec lequel il partage notamment les ailes à demi fumées et trois anneaux abdominaux jaunes.

Cela dit, on peine à lui souhaiter la bienvenue au jardin ! Voilà en effet un parasite spécialisé auprès des hyménoptères. Surtout des bourdons. La femelle vient ainsi pondre directement sur la fourrure de ses cibles. Sitôt écloses, les larves y pénètrent pour se nourrir des fluides internes de leurs hôtes involontaires. La pupaison a lieu dans ce qui est alors devenu une « coquille » sèche. Ultime protection pour passer l’hiver.

Sinon, le Conops à pattes jaunes est un paisible butineur. Ici sur l’origan en fleurs.

Conops à pattes jaunes sur feuille de marguerite.

Les bandes jaunes abdominales sont légèrement échancrées chez le Conops à pattes jaunes. Et les longues antennes attachées à une courte protubérance centrale. Scutellum noir marqué d’un « petit coeur » jaune.

En savoir plus : 

  • Mouches et moustiques d’Europe, 2024, Denis Richard et Pierre-Olivier Maquart, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • Conops flavipes avec la galerie du Monde des Insectes
  • La famille des conops avec le site aramel.free.fr

Photos JF Irastorza 

 

La Volucelle bourdon

Mouche bourdon, mâle, forme 'Bourdon des pierres" / Un jardin dans le Marais poitevin.

Si les bourdons inspirent la prudence des prédateurs, la Volucelle bourdon en profite un peu en imitant diverses formes colorées de leur fourrure.

Volucelle bourdon, forme "Bourdon des saussaies" / Un jardin dans le Marais poitevin.

Taille maxi : 17 mm. Visible de mai à août.

Comment butiner tranquille ou prendre un bain de soleil sans (trop) craindre les prédateurs quand on est une mouche ? De ce point de vue, la Volucelle bourdon (Volucella bombylans) a trouver le truc. Elle ressemble à un bourdon. Comme son nom l’indique. Ou plutôt à plusieurs. 

Volucelle bourdon, mâle, forme "Bourdon des pierres" / Un jardin dans le Marais poitevin.Cette grosse mouche velue, fréquente dans les jardins, existe en effet sous au moins deux formes. Noire avec la pointe de l’abdomen roux à l’image du Bourdon des pierres. Ou bien avec le « cul blanc » et de larges bandes jaunes pour se rapprocher du Bourdon Volucelle bourdon, mâle, forme Bourdon terrestre / Un jardin dans le Marais poitevin.terrestre. 

Dans tous les cas, elle est plutôt trapue, avec de gros yeux globuleux, des ailes légèrement veinées de noir et de courtes antennes plumeuses.

Mais son mimétisme n’est pas seulement affaire de sérénité ! Ainsi déguisée », la Volucelle peut surtout approcher le nid d’un bourdon-cible sans trop se faire remarquer.

Et déposer subrepticement ses oeufs à l’entrée. Sa progéniture y fera bientôt le ménage. À sa manière. Elle dévorera cadavres et autres déchets. Pour commencer. Puis le couvain. Réserves et larves comprises.

Volucelle bourdon, forme bourdon des saussaies / Un jardin dans le Marais poitevin.

Yeux globuleux joints (c’est un mâle), face triangulaire jaunâtre, courtes antennes à l’arista plumeuse : une mouche trapue, aux allures ici de  bourdon terrestre.

En savoir plus :

  • Mouches et moustiques d’Europe, 2024, Denis Richard et Pierre-Olivier Maquart, Delachaux & Niestlé, p. 183.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • Volucella bombylans avec les Carnets nature de Jessica.
  • Volucella bombylans avec la site quelestcetanimal.com

  Photos JF Irastorza 

 

Le Psithyre des champs

Psithyre des champs à l'approche d'une corolle de Penstémon rouge.

Dans la série des « coucous » du jardin, voici le Psithyre des champs, parasite du Bourdon des champs. Avec ici un mémétisme minimaliste !

Taille maxi : 18 mm. Visible de mars à octobre.

Drôle de bourdon ! Si la famille se distingue habituellement par la densité de sa fourrure, celui-ci est quasi nu. Du moins le dessus du thorax et de l’abdomen. Par contre, hormis une large tonsure thoracique, il présente un hirsute pourpoint gris fauve. Et quelques mèches grisâtres ponctuent latéralement les tergites.

Pas de peigne collecteur sur les tibias arrière mais une forte pilosité noire. On songe à un bourdon coucou. Oui mais lequel ? Après le Psithyre vestale, parasite du Bourdon terrestre, rencontré au jardin l’été dernier, voici donc sans doute le Psithyre des champs (Bombus campestris), parasite du Bourdon des champs.

Son allure est variable d’un individu l’autre. Outre une livrée minimaliste comme ici, il arbore parfois une fourrure plus ou moins fournie, plutôt fauve, y compris sur les derniers segments de l’abdomen. Il se rapproche alors davantage de son hôte. Cela dit, mimétisme réussi ou pas, la femelle profite de l’absence de sa (presque) alter ego pour se faufiler dans son nid. Et y pondre.

Psithyre des champs sur Penstémon rouge.

Vu par dessus, ce spithyre paraît presqu’entièrement nu, loin de l’image habituelle des bourdons.

En savoir plus : 

  • Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, 2019, Heiko Bellmann, Delachaux & Niestlé.
  • Les Bourdons, 2005, Vincent Albouy, Belin/OPIE Poitou-Charentes.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.

 Photos JF Irastorza