Le Bourdon des prés

Bourdon des prés, ouvrière, boulettes de pollen accrochés aux pattes arrière, sur fleur de romarin / Un jardin dans le marais poitevin.

Le petit bourdon du jardin. Cul roux et collier jaune, le Bourdon des prés n’en est pas moins industrieux. Et toujours plus précoce.

Taille maxi : 17 mm (reine). Visible de mars à octobre.

Comment amasser et façonner pareilles boulettes de pollen ? Accrochées aux pattes arrière. Presque cubiques. Un art bien mystérieux que maîtrisent parfaitement la reine puis les ouvrières du petit Bourdon des prés (Bombus pratorum). Dès la fin de l’hiver.

Outre leurs impressionnantes « sacoches », elles se distinguent aisément à leur « cul roux » et leur collier jaune vif sur fond de fourrure noire. Avec parfois une fine ceinture d’un jaune plus ou moins marqué.

Les kékés

Pour leur part, les mâles ne s’encombrent de provision ! Ni de la sobriété de ces dames. On les remarquent ainsi à leur mise un peu excentrique. Foin d’un simple collier ! Plutôt une large écharpe et parfois même une envahissante cagoule jaune. Certains de ces messieurs vont jusqu’à adopter une sorte de sweat à capuche ! Au point de masquer presqu’entièrement la fourrure noire.

Les kékés apparaissent très tôt. Dès le début de l’été. Les jeunes femelles également. Pas forcément bon signe pour la colonie qui, dès lors, ne produit plus d’ouvrières. Inéluctable déclin. Même les mâles ne verront guère l’automne. Seules survivront leurs belles. Fécondées, voilà les futures reines du printemps prochain !

Du verger au potager

Mi-mars. Nouvelle reine sur grappe florale de cassis-fleur.

Début avril. Jeune reine plongée dans la corolle d’un poirier en fleurs.

Mi-avril. Émergence des premières petites (très petites) ouvrières. Ici dans un pommier en fleurs.

Début mai. Exploration d’une campanule des murailles. Le façonnage d’une nouvelle « sacoche » de pollen débute sur les fémurs arrière.

Fin juin. Émergence des premiers mâles. Ici sur la planche des petits pois.

Début juillet. Cul roux et « sweat à capuche » jaune pour ce mâle sur un épi de Sauge des bois. À peine l’été et déjà le début de la fin pour la colonie…

SOURCES : 

  • Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, 2019, Heiko Bellmann, Delachaux & Niestlé.
  • Les Bourdons, 2005, Vincent Albouy, Belin/OPIE Poitou-Charentes.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • Le Bourdon des prés avec le site quelestcetanimal.com

 Photos JF Irastorza 

 

Le Bourdon variable

Bourdon variable sur menthe en fleurs.

Du moins le nom annonce-t-il la couleur ! Ou plutôt « les » couleurs. Car le Bourdon variable peut présenter des livrées très différentes selon les individus.

Bourdon variable sur menthe en fleurs.

Taille maxi : 18 mm (reine). Visible d’avril à septembre.

On songe tout d’abord à l’Abeille charpentière. Mais le noir est moins profond et les ailes, sans reflet bleu métallique, sont simplement légèrement fumées. Voilà plutôt, presqu’aussi bruyant, le Bourdon variable dans sa forme la plus sombre (Bombus humilis tristis).

Bourdon variable sur menthe en fleurs.Car, comme son nom l’indique, sa pilosité varie d’un individu à l’autre. La forme la plus lumineuse – abdomen fauve et thorax roux – est très proche du Bourdon des champs. Mais le brun plus ou moins foncé domine généralement. Avec de multiples combinaisons possibles.

Ici la fourrure du thorax est marron très soutenu. Mâtinée de roux sous le soleil. Et les tergites noirs de l’abdomen sont bordés de poils bruns allant s’éclaircissant vers la pointe.

Le Bourdon variable ne creuse pas de galeries. Il aménage son nid à même le sol. Sous des touffes d’herbes par exemple. Il n’est pas rare de trouver des individus aux fourrures différentes dans une même nichée !

Bourdon variable sur menthe des champs en fleurs.

À première vue, il semble noir. Mais, à bien y regarder, si le brun très foncé domine, des nuances de roux apparaissent au thorax, de gris et de blanc sur l’abdomen.

En savoir plus : 

  • Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, 2019, Heiko Bellmann, Delachaux & Niestlé.
  • Les Bourdons, 2005, Vincent Albouy, Belin/OPIE Poitou-Charentes.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.

Photos JF Irastorza

Le Bourdon des champs

Bourdon des champs sur Pissenlit.

Premières sorties sucrées pour la future reine. Sa Majesté Bourdon des champs ouvre le bal des butineurs sur le romarin et les pissenlits du jardin.

Bourdon des champs / Un jardin dans le Marais poitevin.

Taille maxi : 18 mm (reine). Visible de mars à octobre.

Nous sommes encore en hiver. Et alors ? Depuis quelques jours déjà, cet imposant Bourdon des champs (Bombus pascuorum) répond à l’appel du romarin au moindre rayon de soleil.

Les pattes cramponnées à la corolle, il plonge avec précision sa langue entre les lèvres blanc rosé de chaque fleur. L’affaire de quelques secondes. À la suivante ! Encore et encore… Il y en a des milliers. Suintantes de nectar sucré. La saison commence bien.

Silhouette robuste et pourpoint éclatant : il s’agit ici d’une reine. Fécondée l’automne dernier, calfeutrée depuis deux à trois mois, elle s’apprête à fonder « sa » colonie. Mais avant toute chose, il lui faut se requinquer ! Le romarin, les pissenlits, les chatons des saules notamment vont y pourvoir.

Thorax roux, abdomen gris fauve, sa progéniture émergera dans quelques semaines. Elle n’aura alors pas forcément la même prestance. Surtout les premières ouvrières. Parfois un peu riquiqui, il est vrai, mais déjà si bosseuses ! Et puis, au fil des renouvellements, le jardin pourra compter sur ces fidèles et solides auxiliaires, infatigables, par tous les temps ou presque. Jusqu’aux premières gelées de l’automne.

Printemps

Les pissenlits ont toute leur place dans les allées du jardin. Surtout en fin d’hiver pour revigorer les futures reines !

Parmi les indispensables « sauvageonnes » du jardin : le Lamier pourpre.

Le cassis-fleurs, un des premiers arbustes fleuris du jardin : incontournable dès la mi-mars pour les fondatrices de nouvelles colonies.

Mi avril. Les premières ouvrières du Bourdon des champs se distinguent par leur très petite taille. La colonie naissante devenant peu à peu moins précaire, les ouvrières suivantes seront progressivement plus costaudes.

Mi avril. Et voici les premières fleurs potagères, fèves, petits pois, et bientôt tomates…

… puis aubergines, courgettes, poivrons, piments et autres concombres et potimarrons !

… et là les généreux épis de la Brunelle commune dans les allées du jardin.

Été 

Dans une prairie humide voisine du jardin, l’exploration des « clochettes » de la Consoude officinale.

Sans oublier bien-sûr les planches et les bordures fleuries, avec une préférence pour les sauges.

Le Bourdons des champs est-il sensible au graphisme des fleurs de Cléome ? Du moins est-il friand de leur nectar !

Les fleurs d’oeillet d’Inde sur la planche des tomates.

Quand sécheresse et canicule tarissent les sources de nectar, on peut toujours compter sur les inflorescences de Sedum spectabile.

Avec les fleurs de fuchsia, le butinage devient acrobatique !

Automne

Mais vivent aussi les fleurs sauvages ! Ici la Linaire commune en bordure du halage…

Enfin, si les colonies périclitent en octobre, les mâles récemment émergés, comme les futures reines, prennent des forces ici sur la phacélie. Ces messieurs mourront quelques temps après l’accouplement. Et les jeunes femelles se prépareront à hiverner.

Fin octobre. Plus de petites ouvrières au jardin ! Les futures reines prennent des forces avant de chercher un abri pour l’hiver.

Début novembre. Les derniers butineurs peuvent toujours compter sur le généreux romarin !

En savoir plus : 

  • Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, 2019, Heiko Bellmann, Delachaux & Niestlé.
  • Les Bourdons, 2005, Vincent Albouy, Belin/OPIE Poitou-Charentes.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • Le Bourdon des champs avec les Carnets nature de Jessica

Photos JF Irastorza