L’Eucère troussée

Eucère troussée sur capitule de pulicaire.

Outre les yeux verts, l’Eucère troussée se distingue notamment par une épaisse brosse tibiale. Pour récolter ici le pollen de la pulicaire.

Eucère troussée et Pulicaire dysentérique.

Taille maxi : 11 mm. Visible de juillet à septembre. Pas de pourpoint roussâtre : le thorax est quasi glabre

Sa cousine l’Eucère dentée (Tetraloniella dentada) a abondamment fréquenté le jardin cet été. Des cosmos aux rudbéckias en passant par l’origan et la scabieuse. En ce début d’automne, voilà donc une petite abeille sauvage assez semblable. Presqu’exclusivement sur les capitules jaunes de la Pulicaire dysentérique. Des rives de la Sèvre niortaise aux prairies humides du marais alentour.

Sans doute s’agit-il de l’Eucère troussée (Tetraloniella alticincta). Rondelette elle-aussi, noire rayée de blanc-crème, les yeux également émeraude, la brosse tibiale tout autant généreuse… Son allure est toutefois moins échevelée.

Comme toujours chez les eucères, les mâles se distinguent par leurs longues antennes. Et, dépourvus de brosses collectrices, par leur butinage en dilettante. Passé le temps des amours, en effet, seules les femelles s’activent dans une incessante récolte de nectar et de pollen. Pour garnir le garde-manger souterrain de leur progéniture. À voir la couleur joliment dorée de leur épais manchon, on devine combien ces dames sont, sinon inféodées, du moins très fidèles aux fleurons de la pulicaire.

Eucère troussée et Pulicaire dysentérique.

Courtes antennes et épais manchon aux pattes arrière pour les femelles.

Longues antennes et butinage en dilettante : les mâles apprécient aussi la Pulicaire dysentérique.

Deux cousines

Une proche cousine, l’Eucère dentée, ici sur le coeur noir d’un rudbéckia.

Les eucères sont souvent difficiles à identifier. Avec un point commun d’une espèce l’autre : les très longues antennes des mâles.

En savoir plus :

  • Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, JF Irastorza, 2026, La Geste éditions.
  • Abeilles sauvages, Boyer, 2015, Ulmer.
  • Découvrir et protéger nos abeilles sauvages, Vereecken, 2018, Glénat.
  • Les eucères avec le site aramel.free.fr
  • Tetraloniella alticincta avec la galerie du site insectes.org

Photos JF Irastorza 

 

La Cétoine marbrée

Cétoine marbrée sur capitule de dahlia.

Sombre, finement maculée de blanc, la Cétoine marbrée apprécie le nectar des fleurs comme les écoulements de sève des arbres blessés.

Cétoine marbrée sur capitule de dahlia.

Taille maxi :25 mm. Visible d’avril à septembre.

Plus rare que sa cousine la Cétoine dorée. Et davantage trapue qu’elle encore. La discrète Cétoine marbrée (Liocola marmorata) est plutôt sombre. Presque noire. Avec des reflets ni verts ni cuivrés. Mais bronze. Un réseau de lignes et de fines taches blanchâtres animent par ailleurs ses élytres. Et se prolonge sur le pronotum.

On peut penser à la Cétoine grise, alias le Drap mortuaire, alias la funèbre. Mais la taille de cette dernière est toutefois bien plus modeste et son décor plus moucheté que marbré.

D’une manière générale, les Cétoines ne survivent guère aux premières gelées automnales. Qu’importe. Leur progéniture est déjà à l’abri. Et à l’oeuvre. Souvent dans une cavité d’arbre mort. Mais également dans la tiédeur d’un tas de compost ! Les gros vers blancs – à ne pas confondre avec le ver du hanneton, ravageur de racines – passeront ainsi l’hiver à digérer les rebuts du potager. Et à préparer vos futurs apports organiques.

Cétoine marbrée sur capitule de dahlia.

Ici en exploration d’un capitule de dahlia, la Cétoine marbrée est d’ordinaire plutôt arboricole. Elle raffole en effet de la sève qui s’écoule sur les troncs ou les branches blessées.

En savoir plus : 

  • Coléoptères d’Europe, 2017, Vincent Albouy et Denis Richard, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photo des insectes, 2019, Heiko Bellmann, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.

Photos JF Irastorza

 

L’Andrène pieds-poilus

Andrène pieds-poilus sur Moutarde blanche.

Du pollen plein les pattes ! Des métatarses jusqu’aux « hanches », les brosses de l’Andrène pieds-poilus tranchent sur un corps noir par ailleurs quasi glabre.

Andrène pieds-poilus sur Moutarde blanche.

Taille maxi : 15 mm. Visible d’avril à août.

Tête, thorax et abdomen noirs. Le contraste est d’autant plus saisissant avec la foisonnante pilosité blanchâtre des pattes arrière. Notamment la brosse emblématique des Andrènes, ici abondamment touffues, à la base des fémurs, débordant largement sur les « hanches ». Les soies envahissent fémurs, tibias et même métatarses arrière de cette abeille sauvage aussi active que rondelette. 

Peut-être s’agit-il de l’Andrène pieds-poilus comme disent nos amis Belges (Andrena pilipes). Le sobriquet en tous cas n’est pas volé ! Quoiqu’il en soit, la pilosité prend ici une tonalité jaune pâle, en harmonie avec pétales et anthères de la Moutarde blanche (Sinapis alba). L’engrais vert a trouvé là une adepte particulièrement assidu.

Voilà donc une femelle pour le moins bien équipée pour la collecte du pollen. Elle boude le trèfle des allées, les sauges, les cosmos et les zinnias, même la planche de phacélie ! Elle préfère celle de la jaune crucifère. Nectar et pollen y sont si facilement accessibles !

Andrène pieds-poilus sur Moutarde blanche.

Un corps noir presque glabre. Hormis les pattes arrière naturellement mais aussi, notamment, quelques discrètes soies blanchâtres à l’avant du thorax et une touffe de poils noirs à la pointe de l’abdomen.

En savoir plus :

  • Bellmann 2019, Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, Delachaux & Niestlé.
  • Boyer 2015, Abeilles sauvages, Ulmer.
  • Vereecken 2018, Découvrir et protéger nos abeilles sauvages, Glénat.
  • Les andrènes avec le site aramel.free.fr

Photos JF Irastorza