La Goutte d’argent

 Goutte d'argent sur fleur de Lychnis.

Joli nom pour un papillon de nuit. Pour faire écho à la tache blanche dont la Goutte d’argent orne ses ailes antérieures.

Goutte d'argent, face ventrale.

Envergure maxi : 38 mm. Visible d’avril à octobre.

Encore un papillon réputé « de nuit » dont on peut facilement faire la rencontre sous le soleil. Et pas seulement en cas de malencontreux dérangement ! La Goutte d’argent (Macdunnoughia confusa), alias la confuse, vole et butine volontiers le jour. Elle semble particulièrement apprécier ici le nectar du Lychnis fleur de coucou. Au point de se laisser approcher au plus près…

Pas trop quand même ! La voilà qui se cache alors parmi les herbes, accrochée à une tige de gratteron. L’occasion d’apercevoir la fourrure fauve de son revers. Une silhouette trapue et de grands yeux rouges.

Ce n’est évidemment pas sous cet angle que la confuse a acquis sa réputation. Avec mille et une nuances de brun, auxquelles se mêlent gris bleuté, rouille, voire pourpre, l’avers se distingue surtout par une étrange tache blanche aux antérieures. Comme une coulure laiteuse. D’autant plus lumineuse qu’elle intervient sur un fond crépusculaire. La fameuse goutte d’argent !

Goutte d'argent sur fleur de Lychnis.

Les postérieures hésitent entre grisâtre et brunâtre, loin de la richesse chromatique des antérieures. Encore faut-il bénéficier de la complicité du soleil pour en faire ressortir toutes les nuances.

Début octobre. Une livrée plus nuancée sous le soleil !

En savoir plus : 

  • Hétérocères diurnes, 2020, Rainer Ulrich, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photo des insectes, 2019, Heiko Bellmann, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • La famille des Noctuelles, dont la Goutte d’argent, avec le site aramel.free.fr

Photos JF Irastorza

 

La Tenthrède rustique

Tenthrède rustique, femelle, sur ombelle de Cerfeuil des bois.

Grande amatrice de nectar, la Tenthrède rustique a un faible pour les ombellifères qu’elle fréquente assidument au printemps.

Tenthrède rustique, femelle, sur ombelle de Cerfeuil des bois.

Taille maxi : 12 mm. Visible de mai à juillet.

Même comportement que sa cousine, la petite Tenthrède de la ronce (Arge cyanocrocea), mais un physique très différent. Active butineuse, la Tenthrède rustique (Macrophya montana) apprécie ainsi les ombellifères du printemps. Notamment le Cerfeuil des bois. Et, pour installer sa progéniture, elle privilégie actuellement la végétation naissante des haies et des fourrés. Particulièrement la ronce.

La comparaison s’arrête là. Car, avec une silhouette plus allongée, la dominante ici est noire rehaussée de jaune vif. Par petites touches autour du pronotum, sur les pattes et, par bandes transversales, à l’avant puis à l’arrière de l’abdomen.

Du moins pour la femelle. Car le mâle est presqu’entièrement noir. À l’exception des pattes avant et médianes très pâles. Et d’une petite coquetterie aux pattes arrière : une tache blanche sur les tarses avec un discret rappel à l’extrémité des tibias.

En ce début de printemps, ces Messieurs vont et viennent d’une ombelle l’autre le long du halage. Chamaillerie garantie lorsque survient une belle. Jusqu’à ce qu’elle choisisse. Ou pas. C’est alors reparti pour un tour.

Accouplement en opposition sur une ombelle de cerfeuil des bois.

L’accouplement commence parfois par une véritable mêlée où deux voire trois mâles se présentent à la belle. Qui choisit l’un d’entre eux… ou la poudre d’escampette !

Tenthrède rustique, femelle, sur ombelle de Cerfeuil des bois.

Un point commun avec la Tenthrède de la ronce et la plupart des Tenthrèdes : un thorax marqué de profonds sillons, au point de paraître cabossé.

En savoir plus :

Photos JF Iradtorza

 

La Tenthrède de la ronce

Tenthrèdde de la ronce sur première ombelle de Cerfeuil des bois.

Noir bleuté et jaune safran, la Tenthrède de la ronce installe sa progéniture dans les haies. Pour sa part, elle raffole du nectar des grandes ombellifères.

Tenthrède de la ronce sur ombelle de Cerfeuil des bois.

Taille maxi : 10 mm. Visible de mai à juillet.

Ni guêpe, ni abeille. Les tenthrèdes n’ont d’ailleurs pas de « pincement » entre abdomen et thorax. Elles ne chassent pas pour nourrir leur progéniture. Ni ne l’approvisionne pas en pollen et nectar ! Les femelles pondent plus simplement au revers des feuilles. Et les larves – aux allures de petites chenilles – en feront leur affaire… Est-il besoin de préciser sur quelles feuilles la Tenthrède de la ronce jette son dévolu ?

Moins à craindre donc au potager que ses cousines défoliatrices de l’oseille, du rosier, du groseillier ou de la rave ! Pour l’heure, tout juste émergée, elle prend des forces en sirotant le nectar des premières ombellifères. Toute petite, moins d’un centimètre, elle est facile à reconnaître avec ses solides antennes, et, surtout, sa livrée bicolore. Noire et orangée. Jusque sur les pattes et les ailes !

Deux taches noires barrent les ailes. Avec des nervures jaune orangé à l’avant, noires à l’arrière.

Début aout 2021. Sur une ombelle de Grande berce, au bord du halage.

Quelques cousines

Une cousine, la Tenthrède rustique (Macrophya montana), également familière des ombellifères et dont les larves se développent aussi sur la ronce.

Tenthrède temula. Butinage sur ombellifère en bordure du halage.

La Tenthrède temula installe sa progéniture plutôt dans les haies, notamment sur les troènes.

Une autre cousine, très ressemblante, la Tenthrède du rosier. Femelle en ponte sur une jeune pousse….

… et sa progéniture à l’assaut du feuillage moins d’un mois plus tard !

Larve de la Tenthrède de l'oseille.

Déjà un bel appétit pour cette jeune larve de la Thenthrède de l’oseille. Mieux vaut intervenir (ramassage) en cas d’envahissement : il ne restera bientôt que les nervures !

En savoir plus : 

 Photos JF Irastorza