Le Chrysotoxe prudent

Chrysotoxe prudent sur ombelle de Cerfeuil des bois.

Une allure de guêpe pour un bel auxiliaire du potager : les larves du Chrysotoxe prudent y font la chasse aux pucerons des racines !

Taille maxi : 15 mm. Visible de mai à août.

On a déjà vu un de ses cousins, le Chrysotoxe intermédiaire, sur les fleurs du jardin. Un syrphe de taille respectable. Près d’un centimètre et demi. Le Chrysotoxe prudent (Chrysotoxum cautum) présente la même allure de guêpe. Avec rayures et taches jaunes sur fond noir, ailes ambrées et longues antennes dressées à l’avant. Jusqu’à la face triangulaire jaune, barrée de noir.

Comment le distinguer de son cousin ? Des ailes moins contrastées. Le jaune du scutellum réduit à un simple liseré. Des fémurs orangés à la naissance noire. Et des antennes un peu moins longues. Surtout le troisième article.

Au-delà de ce distinguo, voilà à nouveau un syrphe utile au potager. Fidèle à la tradition familiale, les larves du Chrysotoxe prudent sont en effet à la fois terricoles et amatrices de pucerons. Ceux notamment des carottes mais aussi des racines du choux, des laitues et des haricots ! 

Chrysotoxe prudent sur ombelle de Cerfeuil des bois.

En savoir plus :

  • Mouches et moustiques d’Europe, 2024, Denis Richard et Pierre-Olivier Maquart, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • Le Chrysothoxe prudent avec les Carnets nature de Jessica

 Photos JF Irastorza 

 

L’Hibernie défeuillante

Hibernie défeuillante, chenille sur feuille de rosier.

Avec un nom pareil, l’Hibernie défeuillante s’est taillée une sacrée réputation. Mais avouez qu’elle est belle !

Hibernie défeuillante, chenille sur feuille de rosier.

Longueur de la chenille : 32 mm. Visible au printemps dans les haies, jardins et vergers.

Six vraies pattes à l’avant, deux paires de fausses à l’arrière. Comme tous les membres de la famille des géomètres, la chenille de l’Hibernie défeuillante (Erannis defoliara) se reconnaît à sa manière d’arpenter le feuillage. Avec une attitude spécifique d’orante (tête et première paire de pattes relevées) lorsqu’elle s’immobilise.

Son décor vivement coloré la rend incomparable : tête et dessus du corps orangés, large bande latérale ondoyante jaune avec liseré noir et taches orangées pointées de blanc. Comme souvent chez les phalènes, en cas de danger, ou simplement pour faire une pause, elle se met en « mode brindille », tendue et immobile, pour « disparaître » aux yeux des prédateurs.

Éclectique, elle affectionne notamment rosier, aubépine, chèvrefeuille, saule, groseillier… Elle est certes dite « défeuillante » mais pas de panique au jardin tant qu’elle est, comme ici, isolée. Les dégâts viennent avec un éventuel surnombre. Reste alors la collecte. Aucun danger dans la manipulation. Ni piquante, ni urticante. Elle est facile à « cueillir ». Par ici la sortie ! Une haie voisine fera très bien l’affaire.

Hibernie défeuillante, chenille sur tiges de rosier.

La chenille émerge en avril. Elle s’enterrera fin mai, début juin, pour devenir chrysalide et n’éclore qu’en automne. Le discret petit papillon de nuit s’accouplera en hiver. Fort heureusement, déposés dans une crevasse d’écorce, les oeufs résisteront au gel !

En savoir plus : 

  • Hétérocères diurnes, 2020, Rainer Ulrich, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • La famille des géométrides, les chenilles arpenteuses, sur le site aramel.free.fr

Photos JF Irastorza

 

L’Argus brun

Argus brun sur Géranium découpé.

La génération printanière de l’Argus brun, alias le Collier de corail, vient d’émerger. Premier boulot : installer la génération suivante.

Argus brun sur Géranium découpé.Dans la grande famille des Argus, c’est un des rares à ne présenter aucune trace de bleu. Sinon quelques touches discrètes en marge des postérieures. Tant chez le mâle que chez la femelle. Les deux sexes de l’Argus brun (Aricia agestis) arborent ainsi semblablement des avers brun foncé, marqués d’un tiret noir au centre des antérieures.

Cette dominante sombre met d’autant mieux en valeur le chapelet de vives taches orangées en marge des quatre ailes. D’où le surnom de ce discret petit papillon : le Collier de corail.

Le revers est moins contrasté. Notamment les lignes marginales de taches orangées, plutôt pâles sur un fond fauve clair. Avec – marque de fabrique des Argus – un semis de petites taches noires cerclées de blanc. Comme autant de petits yeux.

Si la livrée n’est pas genrée, peut-être s’agit-il néanmoins ici d’une femelle. Elle semble en effet inspecter une des plantes hôtes de l’espèce. Une solide touffe de Géranium découpé. Un feuillage assez fourni, bien vert. Voilà qui pourrait constituer un excellent garde-manger pour les chenilles de la génération estivale.

Argus brun sur Géranium découpé.

La plupart des Argus présentent, au revers, un semis plus au moins dense de taches noires cerclées de blanc. La famille tient ainsi son nom en référence au géant de la mythologie grecque, Argos, pourvu d’une centaine d’yeux.

Argus brun sur Géranium découpé.

Le tiret noir au centre des antérieures est ici bien visible. De même que les antennes en pointillés blancs et noirs, avec des extrémités en forme de massue, noires, pointées de blanc.

En savoir plus : 

Photos JF Irastorza