Le Frelon européen

Frelon européen sur feuilles de ronce.

Début novembre. La patrouille du Frelon européen marque le pas. Les pauses se prolongent dans les haies. Prélude à l’hécatombe automnale.

Frelon européen sur Menthe aquatique.

Taille maxi : 35 mm (reine). Visible d’avril à octobre.

C’est bientôt la fin ! Depuis quelques temps, le coeur n’y est plus chez les ouvrières du Frelon européen (Vespa crabro). Les jours qui raccourcissent, la pluie et surtout le froid… Les colonies périclitent. Derniers tours de pistes au jardin. Mais à quoi bon chasser désormais !

Seules les jeunes femelles récemment fécondées échapperont à l’hécatombe automnale. Les futures reines de la saison prochaine ! Avec un impératif pour l’heure : trouver un abri – terrier abandonné ou cavité d’un vieil arbre – pour passer l’hiver. Aux premiers beaux jours, il reviendra à chacune d’entre elles de fonder une nouvelle colonie.

En attendant, les pauses plus fréquentes facilitent l’observation. Le jaune sur fond noir domine, de l’abdomen à la face, avec des nuances orangées sur les mandibules. Quelques touches roussâtres, ici et là, des pattes jusqu’à la naissance des antennes. Le tout dans une superbe indifférence. On est loin de la réputation belliqueuse du frelon. Il est vrai qu’il n’y a plus vraiment aujourd’hui de nid à défendre.

Frelon européen sur feuilles de ronce.

La mauvaise réputation du Frelon européen est plutôt injuste. Nullement agressif (sauf si on s’approche à moins de 5 mètres de son nid), ce n’est pas un « tueur d’abeilles » comme son cousin asiatique. Son régime est davantage diversifié. Ainsi, pour alimenter le couvain, son tableau de chasse est majoritairement constitué de mouches.

Le cousin asiatique

Aucun risque de confusion possible avec l’invasif Frelon asiatique, à la dominante noire plus prononcée et dont les marques jaunes, notamment sur la face, sont nettement plus orangée.

En savir plus :  

  • Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, 2019, Heiko Bellmann, Delachaux et Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • Le « Frelon européen » avec France nature environnement Rhône Alpes.

 Photos JF Irastorza 

 

Prise de tête automnale

Aeschne bleue, accouplement.

Il n’y a pas que le printemps ou l’été pour les acrobaties amoureuses ! Témoin l’Aeschne bleue ici aux abords de la Toussaint…

C’est, avec le Sympétrum rayé notamment, une des libellules les plus tardives du marais. Bien sûr, le gros de la troupe de l’Aeschne bleue (Aeshna cyanea) est estival, mais quelques individus font ainsi de la résistance jusqu’à la mi-novembre…  Et, jusqu’au bout, ils n’ont de cesse que de trouver l’âme soeur. Plutôt deux fois qu’une !

L’accouplement débute en vol. Puis, si le tandem est compatible, les amours se poursuivent, longuement, à l’accroche ici d’une branche de charme. 

Sacrée gymnastique. Le mâle saisit fermement la femelle par la nuque à l’aide de ses solides pinces anales. Consentante, Madame replie alors son abdomen jusqu’à toucher le deuxième segment de Monsieur. Bingo ! Car c’est au prix de cette inconfortable contorsion que les deux acrobates peuvent mettre en contact leurs pièces copulatrices… La femelle ira pondre, seule, dans un fossé envasé où ses larves se développeront pendant un à deux ans.

Aeschne bleue, accouplement.

Par définition, les deux sexes sont ici rassemblés et facilement identifiables : trois couleurs pour la femelle (vert-pomme, marron, noir) et quatre pour le mâle (les mêmes plus le bleu-ciel).

En savoir plus  : 

  • Guide des libellules de France et d’Europe, 2021, Dijkstra, Schröter et Lewington, Delachaux & Niestlé.
  • Libellules du Poitou-Charentes, 2009, collectif, Poitou-Charentes Nature (Ed).
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.

Photos JF Irastorza 

 

La Lucilie soyeuse

Lucilie soyeuse sur Bident feuillé.

Elle est plutôt jolie. Mais les habitudes alimentaires de la Lucilie soyeuse, notamment autour de de la viande, lui valent une sale réputation !

Lucilie soyeuse sur Bident feuillé.Il faut bien avouer que son véritable nom est plus avenant que la plupart de ses sobriquets… Lucilie soyeuse (Lucilia seritacata), c’est quand même plus sexy que Mouche verte, Mouche à viande ou Mouche des cadavres ! 

À vrai dire, il existe une vingtaine de « mouches vertes » plus ou moins différentes. Celle-ci est une des plus communes. Elle se distingue notamment, d’où son  nom, par ses longues soies noires. Avec une disposition thoracique caractéristique : en deux lignes transversales à l’avant de la suture et trois à l’arrière. À noter encore, outre sa couleur vert métallique emblématique, de grands yeux rouge-bordeaux sur une face blanc-argenté.

Reste que si ladite mouche apprécie nectar, pollen et fruits blets, elle se régale aussi de jus de viande plus ou moins décomposée ! Elle y installe d’ailleurs sa progéniture. Dans la nature, les larves font ainsi utilement le ménage sur la carcasse des animaux morts. Revers de la médaille, cette fréquentation des charognes – et des excréments – lui vaut la réputation de véhiculer divers agents pathogènes. Jusque sur les tables de pique-nique !

Sources :

Lucilie soyeuse sur Bident feuillé.

Éristale bronzé sur Bident feuillé.

À ne pas confondre avec l’Éristale bronzé dont l’abdomen présente une couleur métallique vert-bronze légèrement cuivrée.

Avec un look très différent, surtout pour le mâle ici,  la Stercoraire est affublée de noms vernaculaires encore moins ragoûtants : la Mouche du fumier mais aussi la Mouche à merde !