La Xanthie paillée

Xantihe paillée sur feuille morte de peuplier.

Inféodée aux zones humides, la Xanthie paillée est assez fréquente dans le Marais poitevin où ses chenilles se développent dans les chatons des peupliers.

Xantie paillée sur feuille morte de peuplier.

Envergure maxi : 30 mm. Visible d’août à octobre.

Une seule génération par an. Pour quelques semaines seulement. Et en automne !  La Xanthie paillée (Xanthia ocellaris) apparaît fin août, début septembre, mais le gros de la troupe se concentre plutôt en octobre. 

Comme la plupart des membres de la famille noctuelle, la Xanthie paillée présente une livrée aux couleurs un peu éteintes, hésitant ici entre l’ocre et le roux, avec des nuances vieux rose. Le dessin est par contre assez sophistiqué, mêlant un double réseaux de lignes droites rayonnantes et de bandes transversales festonnées. On y remarquera notamment deux taches réniformes pointées de blanc.

Pluie, vent, froid, fichue saison pour un papillon… Pas de temps de batifoler. Tout juste celui de s’accoupler et de pondre. Les oeufs passeront l’hiver à l’abri du lichen, de la mousse ou au creux d’une écorce. Au printemps, les petites chenilles se gaveront des chatons des peupliers puis descendront pour parfaire leur maturation dans la végétation basse. Nymphose estivale au sol puis émergence automnale. Et c’est reparti pour un tour.

Xantihe paillée sur feuille morte de peuplier.

Xanthie paillée sur feuille de ronce.

Les quatre saisons de la Xanthie paillée : les oeufs passent l’hiver à l’abri d’un repli d’écorce ; au printemps, les chenilles dévorent les chatons du peuplier ; les chrysalides patientent tout l’été au sol ; émergence des adultes en automne…

Mousse, lichen, anfractuosités de l’écorce des peupliers : autant d’abris où les oeufs de la Xanthie paillée pourront passer l’hiver… Et un garde-manger pour les oiseaux ! Ici le petit Grimpereau.

En savoir plus : 

  • Hétérocères diurnes, 2020, Rainer Ulrich, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photo des insectes, 2019, Heiko Bellmann, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • La Xantie paillée avec le site Papillon-poitou-charentes.org

Photos JF Irastorza

 

La Xylote indolente

Xylote indolente sur feuillage d'une haie.

Gourmande de miellat, la Xylote indolente fait le ménage au jardin où elle coupe ainsi court à l’élevage de pucerons par les fourmis.

Xylote indolente.

Taille maxi : 15 mm. Visible d’avril à novembre.

Contrairement aux autres syrphes du jardin, on ne voit guère la Xylote indolente (Xylota segnis) naviguer de corolles en capitules. Elle furète plutôt sur le feuillage des haies et des buissons. Voire des légumes. Pas si indolente que cela d’ailleurs ! Mais que cherche-t-elle ainsi inlassablement ?

À proprement parler, elle ne chasse pas. Elle n’est en effet pas carnivore. Non. Elle est plutôt en quête de gourmandises à lécher sur les feuilles. Du pollen dispersé par le vent et surtout divers miellats produits par des insectes parasites, pucerons, aleurodes ou cicadelles. 

En faisant consciencieusement le ménage, elle coupe court à la prolifération d’autres amateurs de ces excrétions sucrées. Les champignons tels que la fumagine par exemple. Sans oublier les fourmis. Pas miellat, pas d’élevages de pucerons. Tant mieux !

Avec son thorax bronze et ses ailes légèrement fumées, la Xylote indolente est facile à reconnaître. Surtout grâce à ses longues pattes arrière. Avec de solides fémurs noirs tachés de blanc dessus, hérissés d’épines dessous. Et des tibias jaunes et noirs fortement arqués.

Xylote indolente sur feuille de Bident feuillé.

Les larves de la Xylote indolente se développent dans le bois pourrissant des arbres morts.

En savoir plus :

  • Mouches et moustiques d’Europe, Denis Richard et Pierre-Olivier Maquart, 2024, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photo des insectes, Heiko Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Le Guide nature au jardin, collectif, 2017, Salamandre.
  • Guide la la vie sauvage du jardin, Michael Chiney, 2002, Delachaux & Niestlé.
  • La Xylote indolente avec le site quelestcetanimal.com

Photos JF Irastorza 

 

L’Éristale bronzé

Éristale bronze sur capitule de Bident feuillé.

Une petite mouche aux étranges yeux pointillés : l’Éristale bronzé, familier des corolles et capitules jaunes des prairies humides.

Éristale bronze sur capitule de Bident feuillé.

Maillezais maxi : 9 mm. Visible de mars à novembre.

Souvent de belle taille, comme l’Éristale tenace, les membres de la tribu présentent parfois une livrée ornée de jaune vif, comme l‘Eristale des fleurs. Voilà donc l’exception qui confirme la règle. L’Éristale bronzé (Eristalinus aeneus) est courtaud avec, comme son nom le suggère, une dominante lustrée plutôt sombre. 

Malgré sa petite taille, on le repère assez facilement à son thorax noir rayé de gris, à son court abdomen sans tache aux reflets bronze et, surtout, à ses grands yeux clairs piquetés de taches brunes. En outre, ses ailes hyalines arborent la fameuse nervure « en V » emblématique des éristales.

Inféodé aux zones humides, amateur de nectar et de pollen, il installe sa progéniture dans les eaux peu profondes et dormantes des fossés. Ses larves s’y nourrissent des végétaux morts et autres matières organiques en décomposition.

Petit éristale bronzé sur Véronique de Perse.

En savoir plus :

Photos JF Irastorza