Le Sphécode commun

Sphécode commun sur capitule de Bident feuillé.

Dans la série des abeilles-coucou du jardin, voici le petit Sphécode commun, parasite des halictes, et son emblématique abdomen orange et noir.

Sphécode commun sur feuille de Bident feuillé.

Taille maxi : 14 mm. Visible de d’avril à septembre.

Sale temps pour les dernières abeilles sauvages de la saison ! Après la longue sécheresse qui a sérieusement limité les sources de nectar, voici les fortes pluies quotidiennes… Les fenêtres de tir s’en trouvent réduites d’autant pour les ultimes sorties de butinage. En l’occurence, ce n’est pas vraiment un problème pour le Sphécode commun (Sphecodes ephippius).

Pas besoin de réserve de nectar et de pollen en effet pour les abeilles-coucou ! Bien-sûr, le Sphécode commun butine. Mais en dilettante. Égoïstement, ses besoins se limitent en effet à sa consommation personnelle. Avec le seul souci de trouver le nid d’une abeille plus industrieuse que lui pour y abandonner sa progéniture. Généralement celui d’un haclicte. Ses larves y détruiront le couvain pour mieux en dévorer le garde-manger.

Petite taille (7/8 mm), solides antennes annelées, ailes fumées, fin duvet gris sur une dominante noire : l’espèce se distingue surtout par son abdomen en partie orangé. De nombreux cousins lui ressemblent beaucoup, avec un distinguo notamment dans la proportion plus ou moins grande de cet orangé abdominal.

Sphécode commun sur capitule de Bident feuillé.

Deux cousins

Un cousin : le Sphécode à labre blanc. En patrouille ici au flanc d’un talus, fin mars, à la recherche sans doute d’un terrier de Collète lapin (Collètes cunicularius), sa cible favorite.

Sphécodes sp. sur origan en fleurs.

Autre abeille indéterminée du genre Sphécodes, avec l’abdomen orangé légèrement pointé de noir.

En savoir plus :

 Photos JF Irastorza 

 

La Mouche tigresse

Coenosia tigrina sur feuille de Bident feuillé.

Une livrée passe-partout et une redoutable voracité : la Mouche tigresse est un discret mais précieux auxiliaire au jardin.

Coenosia tigrina sur feuille de Bident feuillé.

Taille maxi : 7 mm. Visible d’avril à octobre.

Bon, c’est vrai, on a déjà vu mouche plus sexy ! Coenosia tigrina est à la fois minuscule – 6/7 mm – et dodue. C’est surtout l’abdomen rondouillard et courtaud qui lui donne cette silhouette replète. Et pas le moindre motif aux couleurs vives pour rehausser l’ensemble ! 

Certes, la blancheur de la petite tête ronde la distingue un peu. Les grands yeux rouge-bordeaux aussi. Mais la dominante est passe-partout. Gris jaunâtre, piquetée de taches plus sombre, hérissée de solides soies noires, tant sur l’abdomen que sur le thorax. Et même sur les pattes où alternent gris, noir et rougeâtre.

Reste que ladite mouche est bienvenue au jardin. Songez ! Malgré sa petite taille, ses qualités de chasseuse lui valent le surnom de Mouche tigresse. Et ses larves ne sont pas en reste. Petits vers et petits insectes au menu quotidien… Avec une prédilection, dit-on, pour la Mouche de l’oignon. Rien que pour cela, on lui pardonne volontiers d’aller aussi parfois chercher ses proies sur quelque cadavres ou excréments ! 

Coenosia tigrina sur bractée de Bident feuillé.

Pupe de la Mouche de l’oignon installée dans la tige d’un jeune plan d’ail.

En savoir plus :

  • Mouches et moustiques d’Europe, Denis Richard et Pierre-Olivier Maquart, 2024, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photo des insectes, Heiko Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Le Guide nature au jardin, collectif, 2017, Salamandre.
  • Guide la la vie sauvage du jardin, Michael Chiney, 2002, Delachaux & Niestlé.
  • À propos de la lutte contre la Mouche de l’oignon
  • À propos des mouches Muscidae dont Coenonia trigrina

Photos JF Irastorza 

 

Mahonia et frelon

Mahonia confusa et frelon asiatique.

Tueur d’abeille, amateur de pommes blettes, le Frelon asiatique apprécie également nectar et pollen. Surtout ceux du Mahonia confusa.

Mahonia confusa et frelon asiatique.C’est parti ! Le Mahonia confusa amorce la floraison de ses longues hampes jaune-citron. Parfumés, les milliers de petits boutons regorgent de nectar. Une aubaine pour les butineurs du jardin malmenés par la sécheresse depuis quelques semaines. Finie la disette…

Las. Du matin au soir, le superbe arbuste est squatté par les Frelons asiatiques du secteur. Pas de problème pour les bourdons. Surtout le Bourdon des champs que rien ne semble pouvoir intimider. Mais les abeilles préfèrent s’abstenir. Il est vrai que le monstre n’a pas son pareil pour les capturer et les croquer.

L’appétence du Frelon asiatique pour le Mahonia confusa s’explique peut-être par leur origine commune. En effet, si quelques espèces de Mahonias proviennent d’Amérique du nord, confusa est un cultivar obtenu par croisements de plusieurs espèces asiatiques. Notamment chinoises. Bien qu’acclimaté depuis belle lurette à l’Europe, au point d’y devenir invasif, le grand frelon orangé et noir est-il sentimental à ce point qu’il ne résiste pas au parfum « du pays » ?

Mahonia confusa et frelon asiatique.

Nullement impressionné par le frelon, le Bourdon des champs fréquente assidûment le Mahonia.

Frelon asiatique subtilisant une abeille prise dans une toile d'Epeire fasciée.

Le Frelon asiatique est avant tout chasseur d’abeilles. Quitte à les chiper, comme ici, sur la toile d’une Épeire fasciée…

En automne, il apprécie aussi les fruits, tombés à terre ou toujours dans l’arbre, pourvu qu’il soit bien mûrs.

En savoir plus : 

  • Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe. Heiko Bellman, Delachaux & Niestlé, 2019.
  • Distinguer Frelon européen et Frelon asiatique avec la LPO
  • Le Frelon asiatique avec le site quelestcetanimal.com

Photos JF Irastorza