L’Eumène unguiculé

L’Eumène unguiculé (Delta unguiculatum) sur capitule de Menthe sauvage.

Des chaleurs méditerranéennes au Marais poitevin, l’imposant mais tranquille Eumène unguiculé suit le mouvement du réchauffement climatique…

L’Eumène unguiculé (Delta unguiculatum) sur capitule de Menthe sauvage.

Taille maxi : 25 mm. Visible de juin à août.

Pas de panique. L’Eumène unguiculé (Delta unguiculatum) est aussi pacifique qu’impressionnant. Il se laisse volontiers photographier, trop occupé ici à butiner la Menthe aquatique. 

Une guêpe potière en taille XXL ! Son abdomen effilé présente un premier renflement, avant de l’épanouir en forme de poire à l’extrémité envahie de jaune. De larges taches rouge marquent l’étranglement. Un rouge plutôt bordeaux qui vient également animer le thorax finement velu et l’attache des ailes fumées.

L’Eumène unguiculé construit des « pots » de terre mêlée de salive pour héberger sa progéniture. Il y enfourne des chenilles vivantes mais anesthésiées pour assurer la subsistance des futures larves. Avec une préférence pour les noctuelles. Bonne nouvelle !

Réputée méditerranéenne, l’imposante guêpe ne cesse de progresser vers le nord. Réchauffement climatique aidant, la voilà dans le Marais poitevin.

L’Eumène unguiculé (Delta unguiculatum) sur capitule de Menthe sauvage.

Des taches rouges de part et d’autre de l’étranglement abdominal. Des lignes et des taches également bordeaux sur le thorax comme à l’attache des ailes fumées.

Sur un capitule de marguerite. Butineuse pour elle-même, l’Eumène unguiculé chasse les chenilles pour approvisionner ses larves.

En savoir plus :

  • Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, 2019, Heiko Bellmann, Delachaux et Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • Les guêpes potières avec le site aramel.free.fr
  • L’Eumene unguiculé avec les Carnets nature de Jessica

Photos JF Irastorza 

 

L’Eucère dentée

Eucère dentée sur origan en fleurs.

De grands yeux émeraude, fourrure dense au thorax, feutrée sur l’abdomen et de longues antennes pour Monsieur Eucère dentée !

Taille maxi : 14 mm. Visible de juillet à septembre.

Dans la famille, les mâles arborent de très longues antennes. C’était le cas, au printemps dernier, avec l’Eucère longicorne observée sur un pommier en fleurs du jardin. Voici un nouvel exemple, tout aussi spectaculaire malgré le moindre gabarit de cette Eucère sp. (sans doute Eucère dentée, Tetraloniella dentata).

Début août. Comme souvent chez les abeilles sauvages, ces dames (courtes antennes) émergent avec une dizaine de jours de décalage. Que la fête commence !

À l’unisson des antennes et des ailes fumées, la dominante est plutôt rousse. Même si l’épaisse fourrure du thorax et de la tête, ainsi que les soies des pattes, sont ici poudrées de pollen doré. La pointe de l’abdomen également. Les larges rayures blanc crème sur fond noir n’en restent pas moins très visibles. Et comment ne pas évoquer enfin ces superbes yeux émeraude ?

Abeilles solitaires, les eucères creusent et aménagent leurs galeries de nidification dans le sol. Leurs moeurs sont assez mal connues.

Début août. Quand Monsieur (longues antennes) et Madame (courtes antennes) se font la cour, ici sur une inflorescence de scabieuse.

Mâle affairé sur une inflorescence de dahlia.

À l’assaut des petits fleurons de rudbeckia.

En savoir plus :

  • Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, JF Irastorza, 2026, La Geste éditions.
  • Abeilles sauvages, Boyer, 2015, Ulmer.
  • Découvrir et protéger nos abeilles sauvages, Vereecken, 2018, Glénat.
  • Les eucères avec le site aramel.free.fr
  • L’Eucère dentée avec la galerie du site insectes.org

 Photos JF Irastorza 

 

Le Criquet des roseaux

Criquet des roseaux sur feuilles de carex.

Le Criquet des roseaux et son « trait de khôl » sous le couvert des hautes « rouches » des bords de fossés et des prairies humides.

Criquet des roseaux sur cirse des marais.Comme un trait de khôl à l’arrière des yeux… La ligne noire se prolonge et s’amenuise jusqu’à la moitié des ailes. À dominante vert clair, le Criquet des roseaux (Mecostethus parapleurus) vient de faire son apparition sur les prairies humides du Marais poitevin. Il y grignotera les laîches, les joncs, les iris et les roseaux jusqu’à l’automne.

Ainsi familier des hautes « rouches » comme on dit ici, il y rencontre le Criquet ensanglanté, également inféodé aux prairies humides. Comme lui, il saute et vole très bien. Ses ailes sont aussi longues que l’abdomen, brun clair sur le dessus, vertes au dessous de la lignes noire.

Sitôt l’accouplement, la femelle introduit ses oeufs en terre. Ils y restent tout l’hiver. Après la longue maturation printanière des larves, les adultes émergent en juillet. À peine perceptibles dans le foisonnement de verdure. Tout juste trahis par leurs lignes noires emblématiques.

Criquet des roseaux sur cirses des marais.

Le mimétisme est parfait sur cette touffe buisonnante de Cirse des champs.

En savoir plus :

  • Sauterelles, grillons et criquets d’Europe occidentale, Bellmann, Rutschmall, Roesti et Hochkirch, 2020, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photos des insectes, Heiko Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Le Criquet des roseaux avec le site quelestcetanimal.com

Photos JF Irastorza