L’Hermine du chardon

Comme une longue cape blanche mouchetée de noir : une allure sobrement princière pour l’élégante Hermine du chardon.

Hermine du chardon.

Envergure maxi : 33 mm. Visible de mai à juillet.

Ouf ! À première vue, on jurerait la Teigne du pommier. Ou quelque papillon nocturne du même acabit. Un autre membre de la famille des hyponomeutes dont les chenilles grégaires sévissent au verger ? Non. La Phycide du chardon (Myelois circumvoluta), alias l’hermine, leur ressemble certes beaucoup. Mais elle est nettement plus grande.

Elle ne manque d’ailleurs pas d’élégance. Au repos, les ailes antérieures enveloppent ainsi étroitement abdomen. À la manière d’une longue cape blanche piquetée de taches noires. Celles des hyponomeutes sont plus nombreuses et plus fines.

Autre différence d’importance : l’hermine ne pond pas sur le feuillage des arbres fruitiers ! Ses chenilles préfèrent chardons, cirses et bardanes. Et pas seulement les feuilles. Elles ne rechignent donc pas devant les fleurs voire les graines. Le moment venu, elles pénètrent dans les tiges où elles s’installent pour passer l’hiver.

Hermine du chardon.

Pas de taches sur le dessus de la tête et du thorax. De gros yeux globuleux bien noirs. Marge des ailes frangée et pointillée de noir.

Hermine du chardon.

De longues antennes annelées, blanches dessus et noires dessous. Une tache noire à la jointure des tibias et des tarses.

En savoir plus : 

  • Hétérocères diurnes, 2020, Rainer Ulrich, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • La famille des pyrales dont l’Hermine du chardon dans le site aramel.free.fr

Photos JF Irastorza

 

La Pyrale de la menthe

Pyrale de la menthe.

Fidèle à la planche des aromatiques, la Pyrale de la menthe se laisse volontiers admirer. Dans une livrée brun rouge et dorée.

Envergure maxi : 18 mm. Visible d’avril à fin septembre.

Elle fait évidemment penser à la Pyrale pourprée. Même petite silhouette triangulaire au repos. Mêmes couleurs. Mais la tonalité générale de la Pyrale de la menthe (Pyrausta aurata) est moins vive. Le pourpre du fond tire en effet ici au brun rouge et les taches dorées sont moins éclatantes.

Il y manque notamment le large et superbe fleuron de sa cousine à l’arrière de la tête. Les ailes postérieures sont cependant assez semblables, brun foncé, barrées d’une large bande dorée. Également comparable, l’abdomen fuselé, rythmé de fines lignes claires. Enfin, cette étroite parenté se retrouve dans le comportement de l’une et de l’autre.

Ainsi, pour être nocturnes, ces petits papillons se laissent volontiers admirer le jour. Et, lorsqu’ils sont dérangés, ils ne volettent jamais très loin. Au jardin, on les rencontre surtout sur la planche des aromatiques. De la menthe à la mélisse en passant par la sauge et l’origan.

Dégustation de nectar sur premières fleurs du cornouiller sanguin. La livrée est ici plutôt terne, tirant franchement sur le brun.

En savoir plus : 

  • Hétérocères diurnes, 2020, Rainer Ulrich, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photo des insectes, 2019, Heiko Bellmann, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • La Pyrale de la menthe avec le site quelestcetanimal.com

Photos JF Irastorza

 

La Mégachile poignets-laineux

Mégachuile poignets-laineux sur artichauts en fleurs.

Avec les artichauts en fleurs, la Mégachile poignets-laineux a trouvé un superbe terrain de jeu. Pour butiner et conter fleurette !

Taille maxi : 18 mm. Visible de juin à septembre.

Sans aucun doute la mégachile la plus costaude du jardin. Trapue, la Mégachile poignets-laineux (Megachile lagopoda) ne triche pourtant pas ! Sa fourrure brunâtre est en effet assez rase pour ne pas gonfler artificiellement sa silhouette massive. 

Monsieur se distingue notamment par la frange blanchâtre qui orne ses larges tarses laiteux antérieurs. D’où le nom de l’espèce. Cela dit, la coquetterie n’est pas toujours facile à voir. En vol comme au repos, les pattes avant sont le plus souvent repliées sous le thorax.

Pour sa part, Madame arbore une éclatante brosse abdominale rouge-orangé : l’accessoire caractéristique des mégachiles pour collecter et véhiculer le pollen jusqu’au nid. Des galeries creusées dans un talus. Mais pourquoi pas un terrier abandonné par un petit rongeur ? On peut être costaude et opportuniste.

Si la femelle est une active pollinisatrice, le mâle a d’autres préoccupations. Il tourne et vire inlassablement au dessus de la planche des artichauts. Pour en chasser les concurrents. Sans ménagement. Et fondre sur les butineuses. Sans beaucoup d’égard. Un fichu macho.

Mégachile poignets-laineux sur capitule d'artichaut en fleurs.

Les franges blanches des tarses avant sont  finement margées de noir.

Les mâles patrouillent au dessus des capitules en fleurs.

Le plus souvent, les pattes avant sont repliées sous le thorax. On devine assez bien ici, malgré tout, les tarses plats ornés d’une frange blanchâtre.

En savoir plus :

  • Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, JF Irastorza, 2026, La Geste éditions.
  • Abeilles sauvages, Boyer 2015, Ulmer.
  • Découvrir et protéger nos abeilles sauvages, Vereecken, 2018, Glénat.
  • Les mégachiles avec le site aramel.free.fr

 Photos JF Irastorza