La Sauge toute-bonne

Sauge toute-bonne et abeille charpentière.

Aromatique, spectaculaire, la Sauge toute-bonne compte parmi les belles mellifères du jardin. Très prisée notamment par l’Abeille charpentière.

Un de ses noms vernaculaires – l’Herbe aux plaies – rappelle les vertus officinales de la Sauge toute-bonne  (Salvia sclarea). Parfois cultivée pour son huile essentielle, son port buissonnant fait merveille au jardin. Avec de larges feuille gaufrée, aromatiques, et de spectaculaires hampes florales ramifiées.

Les fleurs blanc-bleuté y vont par deux. Une large bractée blanc-pourpre met chaque couple en valeur. À la manière d’un vaste parvis, elle facilite l’approche et la visite des pollinisateurs. Les plus gros, comme ici l’abeille charpentière, y prennent appui pour accéder aux longs tubes nectarifères.

Prise individuellement, les fleurs évoquent la Sauge argentée voisine qui, elle, les regroupe par trois. Ainsi, la corolle s’ouvre en deux lèvres superposées. Celle du dessus est caractéristique. En forme de faucille, elle abrite les étamines. Et un long style débordant qui s’enduit de pollen au passage des insectes.

Source : 

Sauge toute-bonne et abeille charpentière.

Des fleurs en tandem, réunies par une large bractée blanc-pourpre : immanquable pour l’abeille charpentière. Droit devant !

Sauge toute-bonne et abeille charpentière.

De fleur en fleur, thorax et abdomen se poudrent de pollen au contact des anthères « tombées » de la lèvre en faucille…

Sauge toute-bonne et abeille charpentière.

… et transportent la précieuse poussière ainsi récoltée vers le style débordant de la fleur suivante.

Fin juin 2021. On voit bien à nouveau ici comment le frottement des anthères contre la pilosité dorsale de l’abeille piège les grains de pollen.

Fin juin 2021. Les bourdons aussi naturellement !

Sauge argentée et Abeille charpentière.

L’Abeille charpentière visite également volontiers la Sauge argentée voisine. Ici, sans large bractée pour les asseoir, les fleurs vont par trois.

 

La Ferdinande dorée

Ferdinande dorée.

Une fine toison d’or et quelques autres coquetteries : la belle Ferdinande dorée est friande de soleil autant que de pollen !

Taille maxi : 12 mm. Visible de mars novembre.

Dans la famille si diverse des syrphes, voilà une jolie mouche discrètement raffinée ! Outre le coeur des grandes marguerites, la Ferdinande dorée (Ferdinandea cuprea) apprécie les fleurs sauvages du jardin. Particulièrement les crépides capillaires et autres picrides fausses vipérines.

Tant mieux ! Rien de tel qu’un fond jaune, en effet, pour mettre en valeur sa toison rase joliment dorée. Et quelques autres coquetteries. Notamment l’orangé des pattes et les reflets roux des ailes par ailleurs marquées de deux taches noires diffuses. Sans oublier les rutilantes bandes cuivrées sur fond noir de l’abdomen. Ni les quatre lignes grises très graphiques du thorax.

Amatrice de nectar et de pollen, la Ferdinande dorée installe sa progéniture auprès des blessures des feuillus. Peupliers et saules notamment. Ses larves se nourrissent alors des écoulements de sève. Elles profitent également des cavités creusées par le Gâte-bois (Cossus cossus) pour déguster les matières en décomposition dans son sillage. La pupaison a généralement lieu au pied des arbres. Pour un hiver bien au chaud sous la litière de feuilles mortes.

Contribution à la pollinisation des concombres…

En savoir plus :

  • Mouches et moustiques d’Europe, 2024, Denis Richard et Pierre-Olivier Maquart, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • La Ferdinande dorée avec le site quelestcetanimal.com

Photos JF Irastorza 

 

L’Éristale horticole

Eristale horticole, mâle.

Un petit mais actif butineur familier des jardins. D’où son nom. L’Éristale horticole. Un cousin des syrphes aux allures d’abeille.

Taille maxi : 11 mm. Visible de juin à septembre.

On songe évidemment à l’Éristale des arbustes qui présente également un abdomen noir rayé de blanc-crème. Ainsi que des taches triangulaires jaunes sur le deuxième segment. Mais celles-ci sont plus mates chez l’Éristale horticole (Eristalis lineata). Voire même très estompées pour la femelle.

Autre différence : pas de marbrure au thorax mais un joli bronze uniforme rehaussé d’une légère fourrure rousse. Et s’il reste un doute, on remarquera une ligne roussâtre, transversale et sinueuse, sur des ailes par ailleurs transparentes.

De petite taille, de l’ordre d’un centimètre, l’Éristale horticole est un excellent butineur. Au jardin comme dans les prairies humides alentour.  Il est actuellement très assidu sur les inflorescences blanc rosé de la Valériane et celles, blanc jaunâtre, de la Reine des prés. Quant à ses larves, comme toujours ou presque chez les Éristales, elles appartiennent à la famille des « vers à queue de rat » et participent à l’épuration des eaux stagnantes. 

Début août 2020. Éristale horticole sur menthe sauvage en fleurs.

Ne pas confondre avec…

L’Éristale des arbustes, ici une femelle, au thorax marbré, aux marques jaunes plus vives et aux ailes hyalines dépourvues de lignes sinueuses rousses.

En savoir plus :

  • Mouches et moustiques d’Europe, 2024, Denis Richard et Pierre-Olivier Maquart, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • L’Éristale horticole avec le site quelestcetanimal.com

Photos JF Irastorza