L’Oedémère noble

Oedémère noble, mâle, sur fleur de Weigélia.

Vert métallique, le petit Oedémère noble est incomparable au jardin, avec ses élytres effilés et, surtout, les fémurs ostentatoires du mâle.

Oedémère noble femelle sur bouton de fleur de mûrier sauvage / Un jardin dans le Marais poitevin.

Taille maxi : 12 mm. Visible d’avril à août. Pas de renflement des fémurs pour la femelle par ailleurs identique en tout point au mâle.

Il est des mâles qui roulent les mécaniques avec leurs gros bras. Pour l’Oedémère noble (Oedemera nobilis), la virile gloriole passe plutôt par les « cuisses ». L’impressionnant renflement des fémurs postérieurs est en effet l’apanage de Monsieur.

Luisants, incroyablement gonflés, ils sont vert métallique comme le reste des pattes, les longues antennes, le corselet, la tête et les élytres. Allant se rétrécissant vers l’arrière, ceux-ci découvrent abdomen et ailes membraneuses.

Pourtant de taille comparable, la femelle parait presque fluette sans les prétentieux attributs du mâle. Cela dit, l’un et l’autre ont les mêmes goûts. Leur péché mignon, c’est le pollen. Pas étonnant donc de les voir ici affairés parmi les étamines du Weigelia, de l’églantine, du bouton d’or ou de la ronce.

Au fil du printemps

L'Oedémère noble mâle et ses impressionnants fémurs enflés aux pattes arrière / Un jardin dans le Marais poitevin.

Fin avril. Livrée vert métallique et élytre en queue de pie : l’Oedémère noble est de retour. Ici sur une fleur de Ronce bleue, un mâle reconnaissable à la généreuse « gonflette » de ses fémurs arrière. Inoffensif et peu farouche, il se laisse aisément approcher lorsqu’il broute les fleurs du jardin ou des haies.

Oedémère noble femelle sur fleur de mûrier sauvage / Un jardin dans le Marais poitevin.

Fin avril. Madame également sur une fleur de Ronce bleue. Elle pond au sol où ses larves se développent dans le bois et les racines en décomposition.

Fin avril. Rencontre sur une corolle de bouton d’or. Non pas avec Madame mais avec Psilothrix vert bleu !

Oedémère noble, mâle, sur fleur d'églantine.

Début mai. Dans les haies sur une fleur d’églantine.

Oedémère noble, mâle, sur Orchis pyramidal.

Fin mai. Exploration d’un épi d’Orchis pyramidal.

Oedémère noble (Oedemera nobilis), mâle, sur fleur de marguerite / Un jardin dans le Marais poitevin.

Juin. Sur le généreux « coeur » des marguerites.

Deux cousins

Fin juin. Un proche cousin : l’Oedémère à corselet rouge (Anogcodes seladonius). Orange plutôt le corselet, ainsi que l’abdomen. Du moins pour la femelle. Le mâle est entièrement vert métallique. Comme celles de l’Oedémère noble, c’est un grand amateur de pollen, ici celui du Gaura blanc. Et ses larves se développent dans les bois morts en décomposition.

Fin mai. Un autre cousin : l’Oedemère ochracée (Oedemera podagrariae). Une femelle ici avec la pronotum ocre (vert chez le mâle) et les fémurs arrière non renflés.

En savoir plus : 

  • Coléoptères d’Europe, 2017, Vincent Albouy et Denis Richard, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photo des insectes, 2019, Heiko Bellmann, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • L’Oedémère noble avec le site quelestcetanimal.com
  • Oedemera nobilis avec la galerie du site insecte.org

 Photos JF Irastorza 

 

L’Aeschne paisible

Aeschne paisible, femelle.

Formes et couleurs de son décor procurent à l’Aeschne paisible un parfait mimétisme avec ses refuges favoris : végétation et mûrs ombragés.

Aeschne paisible, femelle.

Longueur maxi : 71 mm. Visible de juin à septembre (pic en juillet-août).

Les yeux verts, un petit « nez » pointu (le front en fait) et une tenue de camouflage assez terne, mêlant brun, bleu gris et verdâtre : voilà une libellule qui porte bien son nom. En journée, l’Aeschne paisible (Boyeria irene) se tient en effet le plus souvent à l’ombre, plaquée contre un mur, ou tapie dans le feuillage d’une berge.

Elle fait exception chez les Aeschnes, évitant le soleil pour s’activer, chassant plutôt en fin d’après-midi, à l’ombre des arbres, jusqu’au crépuscule. Le vol silencieux, assez lent, elle est néanmoins capable de brusques accélérations pour fondre in extremis sur une proie.

Peu craintive, elle se laisse ici photographier en milieu de matinée dans la verdure d’une jardinière ombragée de calibrachoa. On la remarque d’autant moins que ses ailes ouvertes, entièrement hyalines, hormis quelques nervures jaunes, sont quasi invisibles. Il s’agit d’une femelle dont la forme dite « typique » présente deux longs cerques à la pointe de l’abdomen. On y devine également son ovipositeur (organe de ponte) sous les deux derniers segments.

Paisible, peu farouche, certes, à condition d’être soi-même discret. Au moindre mouvement brusque, elle disparaît comme par enchantement. Sans bruit. Pour aller se réfugier non loin de là, contre un mur, sous l’épais couvert d’une bignone.

Aeschne paisible, femelle.

Chez le mâle, ici plaqué contre un mur, les deux derniers segments de l’abdomen sont verts.

En savoir plus : 

  • Guide des libellules de France et d’Europe, 2021, Dijkstra, Schröter et Lewington, Delachaux & Niestlé.
  • Libellules du Poitou-Charentes, 2009, collectif, Poitou-Charentes Nature (Ed).
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • Boyeria irene avec la galerie du site insecte.org.

  Photos JF Irastorza 

L’Andrène agile

Andrène agile en pause sur pétale de tulipe.

Quelques instants magiques auprès de l’Andrène agile. Réputée d’une grande vivacité, elle se laisse ici volontiers approcher. Et photographier.

Andrène agile en pause sur feuille d'hortensia.

Taille maxi : 16 mm. Visible d’avril à août.

En pause sur un pétale de tulipe rouge puis sur une feuille d’hortensia. Par cette matinée frisquette, l’Andrène agile (Andrena agilissima) semble recharger ses batteries au soleil de Pâques. Le temps de se faire admirer. Pas si fréquent pour cette abeille solitaire dont le qualificatif latin suggère à juste titre une hyper activité.

Elle ressemble à sa cousine l’Andrène cinéraire. Mais avec une fourrure thoracique noire et cendrée moins dense. Des touffes grises latérales à la pointe de l’abdomen, des brosses de collecte blanches et, surtout, des ailes fumées aux reflets métalliques bleutés.

L’Andrène agile émerge ordinairement en avril lorsque les arbres fruitiers du jardin amorcent leur floraison. Cela dit, pour garnir généreusement le garde-manger des nids creusés au sol, elle a aussi un faible pour la moutarde blanche. Ne l’appelle-t-on pas parfois l’Andrène des crucifères ?

Andrène agile en pause sur pétale de tulipe.

Andrène agile en pause sur feuille d'hortensia.

À noter le dessus du thorax, nu et granuleux, ainsi que les petits toupets gris faciaux, de part et d’autre des antennes.

Andrène agile, mâle.

Plus petite taille, pas de brosse blanche de collecte : mâle sur un poirier en fleurs.

La Moutarde blanche fait coup triple : couvert hivernal du jardin, engrais vert au printemps et source de nectar pour les premiers butineurs. Notamment pour Andrena agillisima, parfois appelée l’Andrène des crucifères.

L’Andrène agile apprécie talus et vieux murs pour aménager son nid : elle creuse ici un joint de mortier, au parement du mur nord de l’église Sainte-Catherine de Magné (Deux-Sèvres).

Ne pas confondre avec…

L’Andrène cinéraire,  ici une femelle, fourrure thoracique noire et cendrée bien fournie, brosses de collecte noires, ailes  hyalines.

En savoir plus :

  • Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, JF Irastorza, 2026, La Geste éditions.
  • Abeilles sauvages, Boyer, 2015, Ulmer.
  • Découvrir et protéger nos abeilles sauvages, Vereecken, 2018, Glénat.
  • Le Bourdon, Vincent Albouy, 2005, Belin Éveil nature.
  • Les abeilles solitaires avec le site aramel.free.fr
  • Andrena agilissimia avec la galerie du site insecte.org

Photos JF Irastorza