Le Petit capricorne

Petit capricorne sur inflorescence de cornouiller sanguin.

Entièrement noir,  spectaculaire avec ses très longues antennes, le Petit capricorne est un bel amateur de nectar et de pollen. Ses larves sont xylophages.

Petit capricorne sur inflorescence de cornouiller sanguin.

Taille maxi : 28 mm. Visible d’avril à août.

Une solide silhouette fuselée, noire, dominée par de longues antennes annelée… Le Petit capricorne (Cerampyx scopolii) ne prête guère à confusion. Il en impose, ici en bordure de haie, sur une inflorescence de cornouiller sanguin. 

Petit ? La comparaison avec l’Oedémère noble, tout proche sur le cliché, montre combien sa taille est respectable ! Près de 3 cm. Plus du double en comptant les antennes chez la femelle. Plus encore chez le mâle. Le thorax et les élytres présentent un aspect fortement granuleux. L’ensemble du corps est noir, sauf l’extrémité gris bleuté des antennes et des pattes.

Les adultes se délectent de nectar et de pollen. Ou tout simplement de soleil. Leur progéniture a un tout autre régime. Le bois de feuillus. De préférence sur des arbres morts ou mal en point. Du chêne au peuplier et au noisetier, en passant par les vieux fruitiers. Les oeufs sont injectés sous l’écorce où se développement les larves. Deux ans jusqu’à la nymphose. Sauf invasion, les dégâts sont assez négligeables au jardin.

Petit capricorne sur inflorescence de cornouiller sanguin.

Un autre longicorne noir

À l’escalade d’un pied de marguerite, un longicorne noir, plus petit, avec un petit triangle argenté entre les élytres : le Lepture écussonné.

En savoir plus : 

  • Coléoptères d’Europe, 2017, Vincent Albouy et Denis Richard, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photo des insectes, Heiko Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • Le Petit capricorne avec le site aramel.free.fr
  • Le Petit capricorne avec les Carnets nature de jessica

Photos JF Irastorza

 

La Libellule déprimée

Libellule déprimée, femelle, à l'affût en bordure d'une haie.

Massive, lumineuse, la Libellule déprimée est venue en couple au jardin. Avec la petite mare en point de mire.

Longueur maxi : 48 mm. Visible d’avril à mi-septembre.

Un abdomen large et plat. Brun bordé de jaune d’or chez la femelle. Bleu ciel chez le mâle. En ce début mai, la Libellule déprimée (Libellula depressa) fait ses premiers tours de piste au jardin. Elle prend ses repères. Branches, piquets de clôture ou de tomates… Tout est bon pour l’observation et l’affût !

Outre l’abdomen plat (d’où le qualificatif de « déprimée »), femelle et mâle  présentent les mêmes taches brunes nervurées de jaune à la naissance des ailles. Triangulaires pour les postérieures. Oblongues pour les antérieures. Mais pas de zone sombre supplémentaire à l’apex comme chez la Libellule fauve.

Le mâle présente un autre signe distinctif : des petites taches ovales – blanchâtres, jaunes et brun clair – en bordure de l’abdomen. Sans ménagement, il veille jalousement sur son territoire. Surtout aux abords de la petite mare du jardin où il accompagne ses belles jusqu’à la ponte. Voraces, leurs larves s’y développeront deux ans. Et voilà pourquoi il n’y a pas de moustiques au jardin ! 

Libellule déprimée, mâle, à l'affût en bordure d'une haie.

L’abdomen recouvert d’une pruine bleu ciel : le mâle présente en outre des marques ovales sur les côtés, jaunes, blanchâtres et brun clair.

À l’affût sur un des petits piquets de bambou qui marquent les semis au potager.

Ne pas confondre avec…

La Libellule fauve dont la pointe des ailes, outre les ptérostigmas, présentent de larges taches sombres à l’apex. Ici un mâle vieillissant. La pruine bleue s’estompe sur un abdomen plus effilé où domine désormais le brun.

En savoir plus  : 

  • Guide des libellules de France et d’Europe, 2021, Dijkstra, Schröter et Lewington, Delachaux & Niestlé.
  • Libellules du Poitou-Charentes, 2009, Poitou-Charentes Nature (Ed).
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • La Libellule déprimée avec le site nature22.com

Photos JF Irastorza 

 

La Tipule orangée

Tipule orangée mâle (pointe de l'abdomen en forme de massue).

Les récentes pluies ont favorisé l’émergence de la Tipule orangée. Inoffensive. Sauf ses larves, dévoreuses de racines au potager.

De moindre envergure que ses ternes cousines, la Tipule orangée (Lunatipula lunata) n’en a pas moins la même allure dégingandée. Avec des pattes aussi démesurées qu’encombrantes.

Mêlée de brun et de jaunâtre, la couleur orangée met notamment en exergue les petites billes brunes des yeux et, à l’avant d’une minuscule tête ronde, un curieux museaux suceur. Ainsi armée, la tipule fréquente actuellement les grandes ombellifères du halage, généreuses en nectar.

Un abdomen en forme de massue noueuse distingue le mâle. Plus effilée, la pointe abdominale de la femelle a une allure d’aiguillon. Pas de risque de piqure cependant ! Il s’agit tout simplement de son organe de ponte. Pour injecter les oeufs en terre. Voire les disséminer à la volée. Gare aux larves… Surtout par temps humide. Elles se régalent de racines, au potager comme dans la pelouse. Heureusement, les oiseaux en sont friands.

Sources : 

Tipule orangée femelle (oviscapte à la pointe effilée de l'abdomen).

On distingue bien ici l’oviscapte par lequel la Tipule femelle injecte ses oeufs en terre ou les disperse sur une pelouse par exemple.

Un proche parent à la livrée jaune et noir : Nephrotoma appendiculata, mâle, empêtré ici dans les fils d’une toile d’araignée.

La Tipule du chou ou du potager est plus commune, surtout en automne.