
Avec quatre gros « yeux » irisés pour assurance-vie, le Paon du jour illumine le jardin en toutes saisons. Et hiverne à l’état adulte.

Envergure : 65 mm. Visible de fin janvier à décembre.
Sans doute le plus spectaculaire, sinon le plus bluffant, parmi les grands voiliers du jardin. Le Paon du jour (Aglais io) n’a en effet pas son pareil pour surprendre son monde. Quel saisissant contraste entre son ténébreux profil brunâtre et l’éclat rougeoyant de ses larges ailes déployées !

Bien sûr, ce sont ses quatre gros « yeux » qui retiennent d’abord l’attention. À l’apex de chaque aile, leur pupille irisée joue avec le noir, le blanc, le rouge orangé et le bleu. On songe aux ocelles moirés du paon dont il tire son nom vernaculaire.
De quoi intriguer, voire effrayer les éventuels prédateurs ? En tout cas, si d’aventure les plus belliqueux donnent du bec contre ces étranges « regards », le Paon du jour sauvera l’essentiel : une aile esquintée peut-être mais sans dommage pour les organes vitaux.
Une seule génération
Il ne sera jamais trop prudent. Car si la plupart des papillons du jardin ont une espérance de vie limitée, de quelques semaines, lui fait partie des rares espèces au long cours – avec le Vulcain et la Citron notamment – qui traversent les quatre saisons en une seule génération. Né au printemps, quand ses chenilles sont assurées de trouver de généreuses touffes d’ortie, il butine tout l’été et jusqu’au bout de l’automne, pour passer l’hiver calfeutré à l’état adulte. Ce sont donc de « vieux » papillons rescapés qui émergent en février-mars, avec une seule obsession : s’accoupler et passer enfin le relais.
Au sortir de l’hiver

Vivent les pissenlits et autres plantes sauvages pour ac cueillir les premiers butineurs !

Les arbres fruitiers en fleurs, quelle régalade !

Vous cherchez le Paon du jour un après-midi ensoleillé de février-mars ? Faites un tour auprès du laurier tin !

Sur les prunelliers en fleurs des haies.
Au printemps

Un des premiers visiteurs de la sarriette en fleurs.

Au bord des haies, sur les fleurs de la ronce commune.
En été

Oui bien-sûr, un passage par le buddléia s’impose mais le Paon du jour ne s’y éternise pas. Il y a tant à butiner au jardin en cette saison !

Sur un capitule d’échinacée : après le nectar, le bain de soleil.

Précieux cosmos ! Ils seront disponibles jusqu’au bout de l’automne…
En automne

Sur la Menthe aquatique, une silhouette brun foncé et soudain…

… dans un éclair rougeoyant, les quatre « yeux » irisés du Paon du jour. De quoi surprendre voire effrayer les éventuels prédateurs.

Parmi les commensaux du lierre en fleurs.

Sur les derniers capitules de la crépide fausse vipérine.
Les chenilles

Principalement sur l’ortie : une dominante noire, mouchetée de points blancs et hérissée de soies épineuses (non urticantes).

Ses longues lianes ne manquent pas de supports en bordure de Sèvre niortaise. Familier du Marais poitevin, le houblon sauvage envahit aulnes et frênes, passe d’un arbre à l’autre, se laisse parfois aller à courir sur les berges. C’est, avec l’ortie, une des principales plantes hôtes du Paon du jour.
En savoir plus :
- Moussus, Lorin et Cooper, 2022, Guide pratique des papillons de jour, Delachaux et Niestlé.
- Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
- Le Paon du jour avec le site quelestcetanimal.com
- Papillons des jardins, des prairies et des champs, Guide de terrain pour les observatoires des sciences participatives, Anne Dozières, Julie Valarcher et Zoé Clément, 2017.
Photos JF Irastorza





Après des semaines de ciel bas et frisquet, revoici le temps des papillons. Dans un printemps encore timide malgré quelques « coups de chaud ». La Vanesse des chardons (Vanessa cardui), alias la belle-dame, semble ainsi jouer les éclaireuses. Avec la complicité d’une des fleurs les plus généreuses qui soit. La Scabieuse colombaire.
