La Piéride du navet

Piéride du navet ou du chou ? Pour distinguer ces deux papillons blancs tachés de noir, il suffit d’observer le revers des ailes…

Le jardin n’a rien à craindre avec la Piéride du navet. Contrairement à ce que suggère son nom, elle n’installe pas ses chenilles au potager. Pas plus sur les navets que sur d’autres légumes. Elle préfère les crucifères sauvages comme l’Herbe à l’ail, la Cardamine des prés ou la grande Moutarde noire.

Nettement plus grande que la Piéride de la moutarde, elle ne se distingue pas facilement de la Piéride du chou qui, elle, mérite bien son nom. La moindre envergure et les taches noires des ailes ne suffisent pas. Car la livrée de la belle aux yeux bleus change d’un sexe l’autre, d’une génération l’autre…

Le distinguo le plus constant se situe au revers des ailes. Sur fond jaune pâle, les nervures sont en effet généreusement poudrées de gris-vert. Pas de panique donc. Bien au contraire. les Piéride du navet est la bienvenue. Non seulement elle est indifférente aux légumes mais les fleurs du jardin peuvent compter sur elle.

Piéride du navet / Un jardin dans le Marais poitevin.

Yeux bleus mouchetés de noir et des nervures largement saupoudrées de gris au revers des ailes.

Un revers également jaune pâle aux antérieures pour la Piéride du chou mais pas de nervures soulignées de grisaille.

Sur fleurs de moutarde noire.

Sur inflorescence de scabieuse.

Mi-avril 2021. Bain de soleil matinal sur une jeune pousse de chèvrefeuille.

Fin avril 2022. Sur la sarriette en fleurs.

Mi septembre 2022. Sur la Menthe aquatique d’une prairie humide.

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Photos JF Irastorza

 

La Carte de géographie

Carte de géographie, première génération / Un jardin dans le Marais poitevin.

Au revers des ailes postérieures, un réseau de fines lignes blanches évoque celui d’une carte routière. D’où son nom.

Elle ne survivra pas au printemps. La Carte de géographie donnera bientôt naissance à une seconde génération, beaucoup moins colorée. Jusqu’en automne.

Carte de géographie, première génération, mars 2019 / Un jardin dans le Marais poitevin.

Livrée printanière.

La dernière fois qu’elle est passée au jardin, elle était à dominante noire, discrètement marquée de blanc et d’orange. C’était l’été dernier. Deux générations se succèdent en effet chez la petite Carte de géographie. L’une printanière. L’autre estivale. Semblables dans l’allure générale et le comportement. Très différentes dans le jeu de couleurs de leur livrée.

Livrée estivale.

C’est donc la première génération qui vient de faire son apparition. Une marge et un semi de taches noires, quelques filets et points blancs, comme pour rappel, mais c’est surtout l’orange-brique qui éclate sous le soleil de mars ! 

D’une génération l’autre, le revers des ailes est plus semblable. C’est lui qui vaut son nom à la Carte de Géographie ! Sur fond brun, plus violacé dans la seconde génération, un ensemble de fines lignes blanches, davantage concentré sur l’aile postérieure, évoque ainsi le tracé d’un réseau routier. Et pourquoi pas celui des conches et des rigoles du Marais poitevin ?

Carte de géographie, première génération, mars 2019 / Un jardin dans le Marais poitevin.

Fin mars 2020. Première apparition printanière sur une haie du jardin.

Fin avril 2021. Sur le Cerfeuil sauvage, premières ombelles du printemps

Mi avril 2021. Bain de soleil au pied d’une haie.

Début juin 2020. C’est déjà l’été : la seconde génération de la Carte de géo vient d’émerger !

Fin mai 2022. Quand la Carte de géo succombe aux leurres de l’Orchis pyramidal.

Début avril 2024. Sur l’aubépine en fleurs.

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Photos JF Irastorza

 

La Piéride de la moutarde

Elle ne s’éloigne jamais très loin et n’est guère farouche. La Piéride de la moutarde laisse assez facilement admirer ses yeux gris bleu !

Piéride de la moutarde sur fleur de Grémil pourpre bleu / Un jardin dans le Marais poitevin.Un papillon blanc. Une Piéride. Oui mais laquelle ? Ni celle du chou ou du navet. Elle est bien trop petite. Guère plus de deux centimètres d’envergure. Avers des ailes, abdomen, pilosité de la tête : la Piéride de la moutarde (Leptidea sinapis) est blanche jusqu’au bout des pattes ! 

Trois exceptions cependant. D’abord le revers des ailes. De larges lignes grisées y forment un discret réseau, comme estompé, à peine perceptible sous le soleil. Ensuite les antennes. En forme de massue, on croirait leur pointe incandescente, brune puis roux orangé. Enfin les yeux ! Si ceux de la petite Aurore sont verts, ceux-ci n’en sont pas moins attendrissants. D’un étonnant gris-bleu. Constellés de petits points plus sombres.

La Piéride de la moutarde affectionne les pieds de haie et les prés refermés du marais. Elle y butine notamment le Grémil pourpre bleu. En attendant la Moutarde noire qui ne devrait plus tarder à fleurir.

Piéride de la moutarde, réseau grisé au revers des ailes, pointe des antennes orangé, pattes blanches et yeux bleu-gris / Un jardin dans le Marais poitevin.

Deux à trois générations se succèdent en mai-juin puis juillet-août. Les chenilles se développent sur diverses légumineuses. La dernière génération passe l’hiver à l’état de chrysalide.

Une silhouette gracile sur un bouton d’oeillet d’Inde. La Piéride de la moutarde visite régulièrement le jardin de son vol lent et bas.

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