Le Citron nouveau est arrivé !

Citron sur Salicaire.

D’un été à l’autre ! Chez le spectaculaire Citron, le passage de relai a lieu actuellement, avec la Salicaire et la Menthe aquatique pour témoins.

La vieille garde lâche prise progressivement depuis le début d’été. Après avoir traverser quatre saisons. Sacré exploit. Le Citron (Goneptryx rhamni) est en effet un des rares papillons à vivre une année complète en une seule génération. Mais tout a une fin. Le Citron nouveau vient donc d’arriver !

Fin juillet, début août. Au bord des fossés du marais, la Salicaine et la Menthe aquatique lui font bon accueil. Il s’y repaît longuement de nectar, les ailes toujours refermées. L’exception confirmant la règle, elles sont ici légèrement entrouvertes, laissant (un peu) entrevoir leur avers jaune vif pointé d’orange. 

Le revers est moins voyant. Jaune vert, fortement nervuré, avec une découpe évoquant une feuille, il pousse le mimétisme jusqu’à présenter des taches roussâtres, à la manière de quelque maladie foliaire. 

Camouflage aidant, le Citron a intérêt à se ménager, avec la faculté de se mettre « en pause » en cas de trop forte canicule puis, bien-sûr, pendant l’hiver. Car il ne s’accouplera qu’au printemps prochain pour passer le relai au milieu de l’été. Sacré bail !

Spectaculaire en vol, le Citron est souvent beaucoup plus discret dès qu’il se pose. Une manière toute personnelle de se fondre dans la végétation.

Les quatre saisons du Citron : au sortir de l’hiver

Après la longue dormance hivernale, dès les premiers beaux jours de février, bain de soleil revigorant pour le Citron au pied d’une haie du jardin.

Début mars 2022. Heureusement, quand tout semble endormis par ailleurs, on peut toujours compter sur les pissenlits !

Le printemps

Mi-juin 2020. Très pâle sous le soleil, Madame butine les petites fleurs mauves de la Brunelle sauvage.

Mi-juin 2020. La face dorsale de Madame est très claire, blanc verdâtre. Le cliché n’est pas d’une grande netteté mais c’est si rare de saisir le Citron les ailes grandes ouvertes !

Fin mai 2021. Sur une inflorescence de Scabieuse.

Mi juin 2022. Première marguerite pour Madame…

L’été

Fin juin 2024. Sur la généreuse Verveine de Buenos Aires.

Fin juin 2024. Une valeur sûre tout l’été ou presque : les hauts épis de la Salicaire.

Fin juillet 2021. Sur une inflorescence de cardère.

Début juillet 2023. Sur un capitule de Cirse commun.

L’automne

Mi septembre 2021. Le jaune citron transparaît un peu dans le contre-jour.

Début octobre 2022. Feuilles parmi les feuilles, plus que jamais !

En savoir plus : 

Photos JF Irastorza

 

La parade nuptiale du Grand damier

Le Grand damier, alias la Mélitée des centaurées, sur menthe aquatique. Parade nuptiale.

La génération estivale du Grand damier découvre les premières fleurs de la menthe aquatique. Et le tourbillon des parades nuptiales !

Le Grand damier, alias la Mélitée des centaurées, sur menthe aquatique. Parade nuptiale.

Après le ciel quasi automnal de la fin juillet, la génération estivale du Grand Damier, alias la Mélitée des centaurées (Melitaea phoebe), savoure enfin le soleil. Et, pour que la fête soit complète, voici les premières fleurs de menthe aquatique sur les prairies humides du marais.

Dans un quadrillage noir assez serré, le dessus des ailes alterne ainsi les lignes de « cases » orangées, jaunes ou fauves. Les formes en sont diverses, du rectangle au carré, en passant par pastilles et lunules à la marge.

Le revers des postérieures est très différent avec une alternance de bandes ondoyantes fauve clair et orangées, soulignées de noir, dont une ligne courbe caractéristique de grosses lunules jaunes pointées de rouge-orangé.

Est-ce le retour du soleil ou le parfum de la menthe aquatique ? Ces deux-là se font la cour. On remarquera au passage que, chez les papillons, en témoignent les trompes plongées dans les petites corolles, la parade nuptiale n’exclut pas le butinage !

Le Grand damier, alias la Mélitée des centaurées, sur menthe aquatique. Parade nuptiale.

Première printanière

Le Grand damier, tapi dans les parties enherbées du jardin.

Avril 2021. Dans la végétation basse du jardin.

Le Grand damier : un peu de réconfort auprès du Gléchome lierre terrestre.

Fin avril 2021. Les yeux gri-bleu, les antennes en pointillés noirs et blancs à l’extrémité en forme de massue. Le revers des antérieures rappelle peu ou prou le damier jaune et orangé du dessus. Différent, celui des postérieures est notamment marqué, sur fond fauve clair, par une bande sinueuse orangée et par une suite complète de lunules jaune pâle pointées de rouge-orangé.

Fin avril 2022. La génération printanière de la Mélitée des centaurées vole d’avril à juin. La génération estivale de juillet à septembre. Et c’est sous forme de chenille qu’il passe l’hiver, emmitouflé dans un cocon de soie.

Début mai 2022. Brève halte sur la Sarriette en fin de floraison.

Mi mai 2022. Le Grand damier sur la Centaurée jacée, une de ses fleurs fétiches.

Génération estivale

Mi septembre 2022. Après trois mois de canicules à répétition, heureusement, les pluies de septembre ont (un peu) revigoré les prairies fleuries.

Fin juillet 2023. Bonne nouvelle pour les papillons : la menthe aquatiques de prairies humides commence à fleurir !

Début août 2023. Parade nuptiale.

En savoir plus :

  • Moussus, Lorin et Cooper, 2022, Guide pratique des papillons de jour, Delachaux & Niestlé.
  • Higgins, Hargreaves et Mhonoré, 1991, Papillons d’Europe et d’Afrique du nord, Delachaux & Niestlé.
  • Le Grand damier avec le site quelestcetanimal.com

Photos JF Irastorza

 

Le Fadet commun

Fadet commun

Vous vous lasserez avant lui : le Fadet commun n’aime rien tant que de jouer à cache-cache avec les photographes !

Fadet commun.Tout aussi imprévisible qu’au jardin ! En cette fin d’été, le voilà sur les fleurs d’une prairie humide du marais. Le Fadet commun (Coenonympha pamphigus). On l’appelle aussi parfois le Procris en référence aux amants terribles de la mythologie grecque. Beauté, passion, jalousie, mort tragique… Finalement, quitte à évoquer une légende, celle des petits lutins malicieux lui ressemble davantage. Essayez de l’approcher, vous comprendrez pourquoi !

De petite taille (2 à 3 cm d’envergure), il folâtre discrètement dans la végétation basse. Avec sa dominante brun-gris, plutôt pâle, timidement rehaussée d’orangé sur les antérieures, on le remarque à peine. Et on a tôt fait de le perdre de vue lorsqu’il zigzague. Il se pose ici où là, démarre en trombe à vos pieds, semble prendre un malin plaisir à jouer à cache-cache avec vous.

À bien regarder, s’il vous en laisse le temps, le Fadet commun arbore un ocelle noir, pupillé de blanc, cerclé de fauve, à l’apex antérieur. Ça c’est facile. Moins évidente : une ligne d’ocelles blancs cerclés de brun, à peine perceptibles aux postérieures. Sinon, celles-ci évoquent la montée d’un orage avec un ciel et un soleil voilés sur lesquels avance une masse nuageuse que l’on imagine tourmentée.

Fadet commun.

La ligne d’ocelles blancs cerclés de brun est parfois, comme ici, très peu visible aux postérieures.

Pas de confusion possible avec le Myrtil qui est beaucoup plus grand (environ 4,5 cm d’envergure)…

… ni avec l’Amaryllis dont l’ocelle noir est doublement pupillé de blanc.

En savoir plus : 

Photos JF Irastorza