Le Moro sphinx

Moro sphinx en vol stationnaire sur mirabellier en fleurs / Un jardin dans le Marais poitevin.

Le Moro sphinx se nourrit sans poser les pattes. En vol stationnaire, avec une précision millimétrique.

Moro sphinx au repos sur feuilles mortes / Un jardin dans le Marais poitevin.

Envergure maxi : 50 mm. Visible de mars à octobre. Ici mimétisme au repos sur feuilles mortes.

Dans le grand bal du mirabellier tout juste en fleurs, le Moro sphinx (Macroglossum stellatarum), alias le papillon colibri, est assez facile à repérer, parmi abeilles, syrphes et bourdons. Son vol stationnaire ne ressemble à aucun autre, flamboyant sous le soleil.

Las ! L’opération ne dure que quelques secondes. Le temps de déployer la longue trompe coudée, avec une étonnante précision, jusqu’au fond de la corolle. Et le voilà déjà parti. Sans aucun doute le papillon le plus vif du jardin !  Il n’est pas du genre à virevolter. Ses trajectoires sont rapides, avec de brusques et imprévisibles changements de cap. A la manière du Grand bombyle. Toute proportion gardée.

Il est beaucoup plus placide lorsqu’il fait la pause dans la haie voisine. Il est alors presqu’invisible. Ailes repliées, l’ensemble devient gris fauve, marbré de brun, dans un mimétisme parfait avec la végétation. Surtout sur fond de feuilles mortes. Les antennes en forme de massue, le haut des pattes plumeux, la pointe de l’abdomen hérissée de longs poils drus, le Moro sphinx ne tarde pas à reprendre du service. L’appel du nectar.

Le tube nectarifère du chèvrefeuille des haies est profond. Pas de problème pour la très longue trompe du Moro-sphinx !

En savoir plus : 

  • Hétérocères diurnes, 2020, Rainer Ulrich, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • Macroglossum stellatarum avec le site insectes-net.fr
  • Macroglossum stellatarum avec le site quelestcetanimal.com

Photos JF Irastorza

 

Un air de Carnaval !

Chenille du Bombyx du chêne, masque facial / Un jardin dans le Marais poitevin.

La chenille du Bombyx du chêne compte-t-elle effrayer les prédateurs avec son masque facial ? Cela ne l’empêche pas de faire l’autruche en se lovant à la moindre alerte.

Chenille du Bombyx du chêne, enroulée sur elle-même / Un jardin dans le Marais poitevin.Clin d’oeil à la chenille du Bombyx du chêne en ce jour de Mardi gras. Elle est là dans un stade intermédiaire, déjà de bonne taille mais pas encore replète comme on a pu la voir en juin dernier. Elle perdra bientôt l’éclat de ses longues soies beiges et roussâtres pour prendre une tonalité générale plus brune. C’est alors qu’elle deviendra véritablement vorace.

Mais ce qui retient évidemment l’attention ici, c’est cet étrange masque grimaçant aux allures d’Art premier. Simple illusion d’une pigmentation beige sur fond noir, noyée dans un halo de poils clairs. En vérité, les chenilles n’ont en effet ni yeux ni narines… 

Elle chemine dans l’herbe rase et, comme toutes les chenilles, ne tarde pas pas à se lover à l’approche trop pressante d’un intrus. Allez donc lui faire comprendre qu’on ne lui veut aucun mal. Sinon admirer sa face de Carnaval !

Sources :

Chenille du Bombyx du chêne / Un jardin dans le Marais poitevin.

Si la chenille du Bombyx du chêne est imposante, son parasite ne l’est pas moins : l’Échinomye corpulente. Corps noir hérissé de soies épaisses, tête jaune orangé : une des plus grosses mouches européennes.

En savoir plus :

Photos JF Irastorza

 

Chenille de Phalène en mode brindille

Chenille de la Phalène / un jardin dans le Marais poitevin.

La chenille de la Phalène / Un jardin dans le Marais poitevinUn grand classique. Toujours aussi impressionnant. La chenille de la Phalène. Enfin d’une phalène. Tant la famille est nombreuse. Difficile ici à déterminer. Peut-être la Boarmie crépusculaire (Ectropis crepusculariaa). Quoiqu’il en soit, elle joue les brindilles sur le paillage d’une jardinière. Parmi les feuilles mortes, le mimétisme est parfait.

Mais si elle est malgré tout dérangée, elle a tôt fait de disparaître avec son allure si particulière d’arpenteur. Elle se cabre d’abord, puis se penche, campée sur ses pattes ventouses arrières, comme pour mieux scruter les chemins possibles alentours. Et la voilà partie. Passer d’une feuille à l’autre ? Rien de plus facile avec un tel jeu de ressort, prenant alternativement appui sur les trains avant et arrière.

L’alerte passée, le corps se raidit et les petites pattes s’escamotent. C’est généralement sa position favorite en « mode jour ». Le meilleur moyen de passer inaperçue. En attendant la nuit pour pouvoir manger tranquille. Quand toutes les chenilles sont plus ou moins grises.

En savoir plus :

Une cousine. La Boarmie pétrifiée au décor minéral caractéristique.

 

Une autre chenille de phalène (indéterminée) en « mode brindille », accrochée sur une épine de rosier.

Une belle arpenteuse ! La chenille de l’Hibernie défeuillante dans son attitude spécifique d’orante (tête et première paire de pattes relevées) lorsqu’elle s’immobilise.

Une phalène parmi bien d’autres : l’Alternée, ou Phalène du gaillet, présente une jolie livrée festonnée.

L’Acidalie dégénérée : un nom peu flatteur pour cette autre phalène à la dominante certes délavée mais tout aussi raffinée.

Comme son nom le suggère, la Brocatelle dorée évoque les précieux tissus brochés de la Renaissance.

Le Géomètre à barreaux. Le nom évoque à la fois le mode de déplacement de la chenille arpenteuse et, côté décor, un jeu d’épaisses lignes concentriques ponctuées de traits plus fins. Comme les barreaux d’un échelle.

La Phélène picotée, un décor alternant les bandes dorées et brunes, abondamment mouchetées.

En savoir plus :

Photos JF Irastorza