La Noctuelle gamma

Noctuelle gamma sur fleur de Sauge toute bonne.

Gamma, Lambda ou simplement Y ? La Noctuelle gamma se distingue notamment par son « autographe » blanc sur les ailes antérieures.

Noctuelle gamma sur fleur de Sauge toute bonne.

Envergure maxi : 40 mm. Période d’observation : pic en fin d’été.

On a envie de lui demander de se calmer ! Tout en butinant, la trompe plongée dans le tube nectarifère ici de la Sauge toute-bonne, les pattes pourtant bien campée, la Noctuelle gamma (Autographa gamma) n’en finit pas de vibrer. Avec frénésie. Drôle de caractéristique de l’espèce !

Mais, bien-sûr, le principal signe distinctif, qui lui a donné son nom, est cette marque blanche au centre des ailes antérieures. Sur fond chiné brun et gris avec des nuances rousses. Elle fait penser à la Goutte d’argent récemment rencontrée sur une fleur de Lychnis.

Pour le commun des mortels, elle évoque un Y un peu biscornu. Mais les pionniers de l’entomologie, hellénistes distingués, y voyaient plutôt la lettre grecque Gamma (γ) . Voire Lambda (λ). Tout dépend dans quel sens on la regarde.

Quoiqu’il en soit, voilà une nouvelle fois un papillon de nuit qui butine aussi volontiers le jour. Sa chenille apprécie pissenlit, luzerne, et ortie. Mais aussi hélas chou, tomate et salade. D’un beau vert tendre, elle est facile à repérer. Et à collecter.

Noctuelle gamma sur fleur de Sauge toute bonne.

Au fil des saisons

Fin mars sur le mirabellier en fleurs.

Début septembre, sur la menthe aquatique d’une prairie humide du marais.

Une proche cousine

Une proche cousine, la Noctuelle goutte d’argent, qui s’en distingue notamment par la fameuse marque blanche au centre des ailes antérieures. Et par un calme butinage, loin des incessantes vibrations de la Gamma !

En savoir plus :

Photos JF Irastorza

 

La Grande sésie du peuplier

Grande sésie du peuplier, accouplement.

La Grande Sésie du peuplier : une silhouette massive, des ailes transparentes… Et un si petit Monsieur !

Envergure maxi : 50 mm (femelle). Visible de mai à août.

Le papillon frelon ! Parmi les noms vernaculaires de la Grande sésie du peuplier (Sesia apiformis), celui-ci a le mérite d’être imagé sans trahir la réalité. Car, comme toutes les sésies, il s’agit bien d’un papillon. Mais, noir, jaune et roux, elle ressemble en effet à un gros hyménoptère. Y compris par son vol lourd et bruyant. Est-il besoin de préciser qu’elle ne pique pas ?

Un long et épais abdomen cerclé de jaune, cantonné de petites ailes transparentes aux solides nervures rousses : le corps est finement velu, jusque sur les pattes et la face. Sans oublier le petit toupet de la pointe abdominal.

En ce début juin, c’est la saison des amours. L’accouplement a lieu « en opposition » et c’est Madame qui mène la danse ! Le petit Monsieur ne peut pas faire autrement que de suivre le mouvement, parmi les herbes, au pied des peupliers du jardin. Les larves grignoteront l’écorce avant d’y creuser des excavations puis de pénétrer dans le bois où elles séjourneront jusqu’à la nymphose du prochain printemps.

Grande sésie du peuplier, accouplement.

L’accouplement peut s’éterniser. Et quand Madame se déplace, pour échapper aux importuns par exemple, elle traîne le « petit monsieur » derrière elle ! On perçoit bien ici les petites ailes transparente aux solides nervures rousses. L’abdomen est presqu’entièrement cerclé de jaune. Sauf le segment central qui reste noir.

Une cousine

Sésie de l'oseille sur fleur de ronce commune.

Une cousine : la Sésie de l’oseille sur une fleur de Ronce commune. Beaucoup plus petite mais même silhouette, avec long abdomen massif, longues antennes à la pointe recourbée, ailes hyalines et… petit toupet à la pointe de l’abdomen.

Vous avez dit « petit monsieur » ?

Dans la série des amours disproportionnées : l’Andrène cendrée

Thomises variables, femelle et mâle / Un jardin dans le Marais poitevin.

… et la Thomise variable à qui revient la palme des amours improbables !

En savoir plus : 

  • Hétérocères diurnes, Rainer Ulrich, 2020, Delachaux & Nistlé.
  • La famille des sésies avec le site aramel.free.fr

Photos JF Irastorza

 

Le Sphinx gazé

Sphinx gazé sur Sauge des bois.

Aussi fuselé et vif que le « papillon colibri », le Sphinx gazé se distingue notamment pas ses ailes transparentes bordées de rouge.

Sphinx gazé sur Sauge des bois.

Envergure maxi : 50 mm. Visible de mai à août.

Même silhouette fuselée, même vivacité que son cousin le Moro sphinx. Mais les ailes du Sphinx gazé (Hemaris fusiformis) sont transparentes et bordées de rouge-sang. Blanchâtre en face ventrale, l’épaisse fourrure ébouriffée est barrée d’un large ceinture brun-rouge. Sans oublier le toupet noir à la pointe de l’abdomen ! 

La composition de la face dorsale est identique avec une dominante olivâtre. Ce vert brun mat se diffuse sur la naissance des ailes et vient coiffer une petite ronde dominée par deux solides antennes noires en forme de massue.

Champion du vol stationnaire, il aborde ici une fleur de Sauge des bois. La longue trompe coudée va s’insinuer entre les deux lèvres bleu violacé avec une étonnantes précision. Une goutte de nectar sans même poser les pattes ! Et le voilà qui passe déjà à une fleur voisine. Puis une autre. Avant de disparaître comme il est venu. Comme par enchantement.

Sphinx gazé sur Sauge des bois.

Le Sphinx gazé est très éclectique dans sa dégustation de nectar. Ses chenilles sont plus sélectives avec une préférence pour les feuilles de chèvrefeuille et de scabieuse.

Moro sphinx en vol stationnaire sur mirabellier en fleurs / Un jardin dans le Marais poitevin.

Le corps fuselé grisâtre, les ailes orangées : le cousin Moro sphinx en vol stationnaire, la longue trombe tendue vers le nectar du mirabellier en fleurs.

En savoir plus : 

  • Hétérocères diurnes, Rainer Ulrich, 2020, Delachaux & Niestlé.
  • La famille des Sphinx avec le site aramel.fre.fr

Photos JF Irastorza