La Goutte d’argent

 Goutte d'argent sur fleur de Lychnis.

Joli nom pour un papillon de nuit. Pour faire écho à la tache blanche dont la Goutte d’argentorne ses ailes antérieures.

Goutte d'argent, face ventrale.

Envergure maxi : 38 mm. Visible d’avril à octobre.

Encore un papillon réputé « de nuit » dont on peut facilement faire la rencontre sous le soleil. Et pas seulement en cas de malencontreux dérangement ! La Goutte d’argent (Macdunnoughia confusa), alias la Confuse, vole et butine volontiers le jour. Elle semble particulièrement apprécier ici le nectar du Lychnis fleur de coucou. Au point de se laisser approcher au plus près…

Pas trop quand même ! La voilà qui se cache alors parmi les herbes, accrochée à une tige de gratteron. L’occasion d’apercevoir la fourrure fauve de son revers. Une silhouette trapue et de grands yeux rouges.

Ce n’est évidemment pas sous cet angle que la Confuse a acquis sa réputation. Avec mille et une nuances de brun, auxquelles se mêlent gris bleuté, rouille, voire pourpre, l’avers se distingue surtout par une étrange tache blanche aux antérieures. Comme une coulure laiteuse. D’autant plus lumineuse qu’elle intervient sur un fond crépusculaire. La fameuse goutte d’argent !

Goutte d'argent sur fleur de Lychnis.

Les postérieures hésitent entre grisâtre et brunâtre, loin de la richesse chromatique des antérieures. Encore faut-il bénéficier de la complicité du soleil pour en faire ressortir toutes les nuances.

Début octobre. Dans le marais, sur les dernières fleurs de menthe aquatique.

À ne pas confondre avec Autographa gamma, qui lui ressemble beaucoup, n’était la tache blanche au centre des antérieures. Selon son orientation, elle évoque plutôt les lettres grecques Gamma ou Lambda, d’où ses noms vernaculaires.

En savoir plus : 

  • Hétérogènes diurnes, Rainer Ulrich, 2020, Delachaux & Niestlé.
  • La famille des Noctuelles, dont la Goutte d’argent, avec le site aramel.free.fr

Photos JF Irastorza

 

L’Hibernie défeuillante

Hibernie défeuillante, chenille sur feuille de rosier.

Avec un nom pareil, l’Hibernie défeuillante n’a pas bonne réputation. Mais avouez qu’elle est belle. Même si point trop n’en faut !

Hibernie défeuillante, chenille sur feuille de rosier.

Longueur de la chenille : 32 mm. Visible au printemps dans les haies, jardins et vergers.

Six vraies pattes à l’avant, deux paires de fausses à l’arrière. Comme tous les membres de la famille des Géomètres, la chenille de l’Hibernie défeuillante (Erannis defoliara) se reconnaît à sa manière d’arpenter le feuillage. Avec une attitude spécifique d’orante (tête et première paire de pattes relevées) lorsqu’elle s’immobilise.

Son décor vivement coloré la rend incomparable : tête et dessus du corps orangés, large bande latérale ondoyante jaune avec liseré noir et taches orangées pointées de blanc. Comme souvent chez les phalènes, en cas de danger, ou simplement pour faire une pause, elle se met en « mode brindille », tendue et immobile, pour « disparaître » aux yeux des prédateurs.

Éclectique, elle affectionne notamment rosier, aubépine, chèvrefeuille, saule, groseillier… Elle est certes dite « défeuillante » mais pas de panique au jardin tant qu’elle est, comme ici, isolée. Les dégâts viennent avec un éventuel surnombre. Reste alors la collecte. Aucun danger dans la manipulation. Ni piquante, ni urticante. Elle est facile à « cueillir ». Par ici la sortie ! Une haie voisine fera très bien l’affaire.

Hibernie défeuillante, chenille sur tiges de rosier.

La chenille émerge en avril. Elle s’enterrera fin mai, début juin, pour devenir chrysalide et n’éclore qu’en automne. Le discret petit papillon de nuit s’accouplera en hiver. Fort heureusement, déposés dans une crevasse d’écorce, les oeufs résisteront au gel !

En savoir plus : 

  • Hétérocères diurnes, Rainer Ulrich, 2020, Delachaux & Niestlé.
  • La famille des géométrides, les chenilles arpenteuses, sur le site aramel.free.fr

Photos JF Irastorza

 

La Phalène picotée

Phalène picotée, mâle.

Des points par milliers, pêle-mêle ou rassemblés en épaisses lignes concentriques : sur fond doré pour Monsieur Phalène picotée. Argenté pour madame.

Envergure maxi : 35 mm. Visible d’avril à septembre.

Il suffit de se promener actuellement dans une prairie pour l’apercevoir voleter au-dessus des (déjà) hautes herbes. La Phalène picotée (Ematurga atomaria) démarre in extremis, presque sous vos pas, pour aller se cacher un peu plus loin. Plutôt au raz du sol, à l’arrière d’une feuille de rumex ou sous le couvert d’une touffe de graminée.

Il ou elle ? Une fois n’est pas coutume, les deux sexes sont faciles à distinguer. Monsieur présente ainsi une livrée dorée, piquetée de brun et parcouru d’ondes transversales brunes. Il arbore surtout de superbes antennes en forme de peigne. Madame est plus sobre. Même décor ondoyant et moucheté sur un fond plutôt argenté. Et des antennes simplement filiformes.

Très fréquente en cette saison, la Phalène picotée passe parfois par le jardin. Y compris le jour. Aucun risque pour le potager. Ses chenilles préfèrent la végétation des champs. En particulier le lotier.

Phalène picotée, femelle.

Les antennes de la femelle sont filiformes. Et, pour un décor ondoyant et moucheté comparable, sa couleur de fond est grisâtre. Voire argentée. Surtout aux antérieures. Les deux sexes présentent la même frange alternativement claire et sombre.

Femelle en dégustation sur une fleur de Bugle rampante.

Réputée « de nuit », la Phalène picotée se rencontre aisément aussi le jour. Dérangée, elle volète pour aller se réfugier dans la végétation basse de la prairie ou derrière une feuille au pied d’une haie. Il s’agit ici d’un mâle aux antennes caractéristiques.

Géomètre à barreaux.

Un cousin, le Géomètre à barreaux, également familier des prairies alentour. Et parfois du jardin..

En savoir plus : 

  • Hétérocères diurnes, Rainer Ulrich, 2020, Delachaux & Niestlé.
  • La famille des Phalènes avec le site aramel.free.fr

Photos JF Irastorza