La belle envahissante

La jussie à grandes fleurs

Superbe et très mellifère. Mais ô combien invasive ! Rien n’arrête la Jussie à grandes fleurs dans les fossés du Marais poitevin.

C’est pourtant vrai qu’elle est belle. Hélas ! Car c’est bien pour les qualités ornementales de son feuillage et de son abondante floraison jaune vif que la Jussie à grandes fleurs (Ludwigia grandiflora) a été introduite en Europe au XIXe siècle. Originaire d’Amérique du sud, elle a fini par échapper aux bassins qui lui étaient destinés pour prendre ses aises dans la plupart des zones humides. Notamment dans le Marais poitevin.

Une calamité en vérité. La colonisation est telle en effet que toute autre végétation s’asphyxie. Dans les fossés plus ou moins envasés et même les « baisses » des prairies. 

Seule consolation, les éclatantes fleurs à cinq pétales sont très mellifères. Cela dit, la Jussie n’a pas vraiment besoin des abeilles pour proliférer. Elle compte surtout sur ses stolons et sa grande facilité de marcotage.

Et la belle n’a guère de « prédateur » pour en limiter l’expansion. Le ragondin peut-être en grignote-t-il un peu. Lui aussi a été introduit d’Amérique du sud au XIXe siècle. Avec le succès que l’on sait.

En savoir plus sur la Jussie à grandes fleurs avec le site abiris.snv.jussieu.fr

Découvrir le Plan de maîtrise de la prolifération des jussies dans le Marais Poitevin  par l’Institution interdépartementale du bassin de la Sèvre niortaise (IIBSN)

Fossé envahi par la Jussie à grandes fleurs.

Dans les fossés envahis, la jussie étouffe la végétation autochtone et, avec elle, la biodiversité animale s’étiole par manque de lumière.

La Jussie à grandes fleurs ne se contente pas des berges : amphibie et rampante, elle ne tarde pas à envahir les fossés plus ou moins envasés.

Photos Fernand © Août 2019

 

Le coton maraîchin

Abeille sur fleurs d'Épilobe velu.

Outre ses vigoureux stolons, l’Épilobe velu peut compter sur les aigrettes de ses graines pour se propager. Une matière première tombée en désuétude.

Abeille sur fleurs d'Épilobe velu.Sur les prairies humides comme au bord des fossés ou de la Sèvre, l’Épilobe velu (Epilobium hirsutum) a déjà commencé la dispersion de ses graines. Aigrettes et vent aidant. La canicule et la sécheresse ont hâté le mouvement. Pourtant, le temps plus clément et les pluies du début août semblent avoir redonné du tonus à Abeille sur fleurs d'Épilobe velu.cette solide maraîchine. Et c’est donc reparti pour une nouvelle et abondante salve rose vif !

Très prisées par les abeilles, les petites fleurs veinées de violet sont reconnaissables entre toutes. D’abord avec quatre pétales largement échancrés d’où émerge un long style blanc doté de quatre stigmates en croix. Ensuite, et peut-être surtout, avec un très long calice pourpre et vert aux allures de pétiole.

Hirsute, comme l’ensemble des tiges, c’est la future gousse qui, après le passage des abeilles, la fleur étant tombée, se gonflera pour éclater bientôt et libérer des centaines de petites graines aux longues aigrettes blanchâtres. Jadis récoltées, séchées et filées, celles-ci constituaient une matière première inattendue pour la fabrication de mèches rustiques. Le coton des maraîchins.

En savoir plus sur l’Épilobe velu avec le site abiris.snv.jussieu.fr, identification assistée par ordinateur.

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Graines à longue aigrette de l'Épilobe velu.

Photos Fernand © Août 2019

 

Le Cirse commun au jardin ?

Butineurs sur capitule de Cirse commun (Cirsius vulgare)

Rien de tel en effet que le Cirse commun pour séduire les butineurs au jardin. Mais gare bientôt à la dispersion des graines !

Piéride sur capitule de Cirse commun (Circium vulgare)On ne va pas se mentir. Le Cirse commun (Cirsium vulgare) n’est pas forcément le bienvenu au jardin. Ses cousins des champs et des marais non plus. Mais enfin, celui-ci a réussi à étirer sa haute carcasse épineuse en bord de clôture. À vrai dire sans gêner quiconque. Et le voilà en fleurs.Anthidie sur capitule de Cirse commun (Circium vulgare)

Comme autant de vases pansus, hérissés de bractées acérées, les gros boutons laissent ainsi émerger puis l’épanouir leurs capitules mauves. A la manière des chardons, de la bardane et… des artichauts. Une multitude de petits tubes regorgeant de nectar !

Tous les moyens sont bons pour attirer les butineurs au jardin. Alors, pourquoi par le Cirse commun ? En périphérie et en petit nombre. Évidemment, mieux vaudra couper les capitules avant qu’ils ne passent à graines et que le vent ne les disperse au potager. Il en viendra bien assez depuis le halage et les prairies alentours.

En savoir plus sur le Cirse commun avec le site abiris.snv.jussieu.fr (Identification assistée par ordinateur)

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Début août 2021. Cette année encore, un  pied épargné en bord de clôture. À vrai dire, les capitules sont superbes et les butineurs en rafolent.

Noctuelle en deuil (Tyta luctuosa) sur capitule de Cirse des marais.

Au bord du halage, un cousin du Cirse commun : pas de bractées hérissées pour le Cirse des champs dont le capitule est ici visité par la Noctuelle en deuil, dite la Funèbre (Tyta luctuosa).

Photos Fernand © Août 2019