La Crépide capillaire

Abeille sur inflorescence de Crépide capillaire.

La Crépide capillaire abonde au jardin. Une plante sauvage assurément mais, par ces temps de sécheresse, toutes les mellifères sont les bienvenues.

Mégachile du rosier sur inflorescence de Crépide capillaire.Les forcenés de la tondeuse trouveront sans doute les allées du jardin mal entretenues. Il est vrai qu’à la faveur des récentes pluies, les crépides viennent d’y lâcher la bride à leurs inflorescences. Notamment la Crépide capillaire (Crepis capillaris). Oh, elles ne prennent guère de hauteur. Une trentaine de centimètres seulement. À force d’être régulièrement décapitées, Mouche éristale sur inflorescence de Crépide capillaire.elles savent bien qu’il vaut mieux rester modestes.

Négligé ou pas, le jardin est plutôt réjouissant ainsi piqueté de centaines d’éclats dorés. Du moins jusqu’en fin d’après-midi. Les boutons se referment alors sagement pour s’épanouir à nouveau le lendemain au lever du jour. Et les butineurs accourent aussitôt.

Rien ne pressent donc pour ressortir la tondeuse. D’autant qu’à l’étage en dessous, le paillasson tarde à reverdir. Attendons donc de nouvelles pluies pour que Trèfle blanc, Potentille et Luzerne lupuline sortent enfin de leur léthargie. Et puissent prendre le relais auprès des abeilles, syrphes et papillons.

Piéride sur inflorescence de Crépide capillaire.

Sur deux rangs, les bractées jaunes forment une collerette autour de l’inflorescence. Leur extrémité est finement dentée et leur face extérieure se teinte de gris puis de rouge.

Également un capitule jaune mais des bractées et un feuillage très différents pour la Cripide fausse-vipérine visitée ici par une petite abeille Mégachine sp.

En savoir plus : 

  • Guide des fleurs sauvages, Richard Fitter, Alaster Fitter et Marjorie Blamey, 2009, Delachaux & Niestlé
  • Fleurs sauvages, guide nature, collectif, 2022, La Salamandre.
  • Orchidées de Poitou-Charentes et Vendée, Jean-Claude Guérin, Jean-Michel Mathé, André Merlet, Maryvonne Lorgeré, 1995, Éd. Méloé.
  • Avec l’herbier numérique du site flore-en-ligne.fr
  • Avec le site sauvagesdupoitou.com

Photos JF Irastorza 

 

La belle envahissante

La jussie à grandes fleurs

Superbe et très mellifère. Mais ô combien invasive ! Rien n’arrête la Jussie à grandes fleurs dans les fossés du Marais poitevin.

C’est pourtant vrai qu’elle est belle. Hélas ! Car c’est bien pour les qualités ornementales de son feuillage et de son abondante floraison jaune vif que la Jussie à grandes fleurs (Ludwigia grandiflora) a été introduite en Europe au XIXe siècle. Originaire d’Amérique du sud, elle a fini par échapper aux bassins qui lui étaient destinés pour prendre ses aises dans la plupart des zones humides. Notamment dans le Marais poitevin.

Une calamité en vérité. La colonisation est telle en effet que toute autre végétation s’asphyxie. Dans les fossés plus ou moins envasés et même les « baisses » des prairies. 

Seule consolation, les éclatantes fleurs à cinq pétales sont très mellifères. Cela dit, la Jussie n’a pas vraiment besoin des abeilles pour proliférer. Elle compte surtout sur ses stolons et sa grande facilité de marcotage.

Et la belle n’a guère de « prédateur » pour en limiter l’expansion. Le ragondin peut-être en grignote-t-il un peu. Lui aussi a été introduit d’Amérique du sud au XIXe siècle. Avec le succès que l’on sait.

En savoir plus sur la Jussie à grandes fleurs avec le site abiris.snv.jussieu.fr

Découvrir le Plan de maîtrise de la prolifération des jussies dans le Marais Poitevin  par l’Institution interdépartementale du bassin de la Sèvre niortaise (IIBSN)

Fossé envahi par la Jussie à grandes fleurs.

Dans les fossés envahis, la jussie étouffe la végétation autochtone et, avec elle, la biodiversité animale s’étiole par manque de lumière.

La Jussie à grandes fleurs ne se contente pas des berges : amphibie et rampante, elle ne tarde pas à envahir les fossés plus ou moins envasés.

Photos Fernand © Août 2019

 

L’Épilobe velu

Épilobe velu et Abeille domestique.

Outre ses vigoureux stolons, l’Épilobe velu peut compter sur les aigrettes de ses graines pour se propager. Une matière première tombée en désuétude.

Épilobe velu et Abeille domestique.Sur les prairies humides comme au bord des fossés ou de la Sèvre, l’Épilobe velu (Epilobium hirsutum)  commence la dispersion de ses graines. Ici et là, la solide maraîchine n’en lance pas moins de nouvelles salves rose vif !

Très prisées par les abeilles, les petites fleurs veinées de violet sont reconnaissables entre toutes. D’abord avec quatre pétales largement échancrés d’où émerge un long style blanc doté de quatre stigmates en croix. Ensuite, et peut-être surtout, avec un très long calice pourpre et vert aux allures de pétiole.

Hirsute, comme l’ensemble des tiges, c’est la future gousse qui, après le passage des abeilles, la corolle étant tombée, se gonflera pour éclater bientôt et libérer des centaines de petites graines aux longues aigrettes blanchâtres. Jadis récoltées, séchées et filées, celles-ci constituaient une matière première inattendue pour la fabrication de mèches rustiques. Le coton des maraîchins.

Graines à longue aigrette de l'Épilobe velu.

Épilobe velu en bordure de Sèvre niortaise.

Découvrir d’autres plantes sauvages du jardin et/ou du marais.

En savoir plus : 

 Photos JF Irastorza