La Miride rouge

Miride rouge, sur jeune pousse de rudbeckia.

Carnassière, la Miride rouge chasse petites mouches, pucerons, larves et acariens. Heureux de la voir au potager !

Miride rouge, sur jeune pousse de rudbeckia.

Taille maxi : 8 mm. Visible de juillet à septembre. Les premiers articles des antennes sont épaissis par une pilosité sombre.

Non, toutes les punaises ne sont pas ravageuses au jardin ! Certaines se rangent même plutôt parmi les auxiliaires. La petite Miride rouge (Deraeocoris ruber) par exemple. Loin de piquer les végétaux pour en sucer la sève, comme la plupart des punaises, voilà une chasseresse qui raffole notamment de pucerons.

Rouge ? En fait, la couleur de cette espèce est très variable d’un individu à l’autre. Avec deux types principaux : de la dominante roug orangé à la dominante noire. En passant par divers mixtes. Mais toujours avec une tache rouge à la pointe des élytres.

Autres caractéristiques : petite taille, silhouette allongée et antennes à nulle autre pareilles dont les deux premiers articles sont épaissis par une fine pilosité.

Assez craintive, la petite punaise se cache à l’arrière d’une tige ou d’une feuille dès que vous approchez. Sinon, au potager, elle patrouille sur les légumes et les fleurs à la recherche de petites mouches, de cochenilles, de pucerons, d’acariens et autres ravageurs. Aussi utile que discrète !

Dans sa forme rouge orangée, Miride rouge en chasse sur un bouton de marguerite.

Miride rouge, avec sa proie.

Comme toutes les punaises, la Miride rouge est une piqueuse-suceuse. Mais pas aux dépens des végétaux. Le rostre vient ici de perforer la proie.  Reste à en aspirer les fluides internes.

Accouplement tête bêche sur une feuille de marguerite.

En savoir plus : 

  • Hémiptères de France, 2015, Romain Garrouste, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photos des insectes, Heiko Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • La Miride rouge avec le site quelestcetanimal.com

Photos JF Irastorza

 

La Noctuelle gamma

Noctuelle gamma sur fleur de Sauge toute bonne.

Gamma, Lambda ou simplement Y ? La Noctuelle gamma se distingue notamment par son « autographe » blanc sur les ailes antérieures.

Noctuelle gamma sur fleur de Sauge toute bonne.

Envergure maxi : 40 mm. Période d’observation : pic en fin d’été.

On a envie de lui demander de se calmer ! Tout en butinant, la trompe plongée dans le tube nectarifère ici de la Sauge toute-bonne, les pattes pourtant bien campée, la Noctuelle gamma (Autographa gamma) n’en finit pas de vibrer. Avec frénésie. Drôle de caractéristique de l’espèce !

Mais, bien-sûr, le principal signe distinctif, qui lui a donné son nom, est cette marque blanche au centre des ailes antérieures. Sur fond chiné brun et gris avec des nuances rousses. Elle fait penser à la Goutte d’argent récemment rencontrée sur une fleur de Lychnis.

Pour le commun des mortels, elle évoque un Y un peu biscornu. Mais les pionniers de l’entomologie, hellénistes distingués, y voyaient plutôt la lettre grecque Gamma (γ) . Voire Lambda (λ). Tout dépend dans quel sens on la regarde.

Quoiqu’il en soit, voilà une nouvelle fois un papillon de nuit qui butine aussi volontiers le jour. Sa chenille apprécie pissenlit, luzerne, et ortie. Mais aussi hélas chou, tomate et salade. D’un beau vert tendre, elle est facile à repérer. Et à collecter.

Noctuelle gamma sur fleur de Sauge toute bonne.

Au fil des saisons

Fin mars sur le mirabellier en fleurs.

Début septembre, sur la menthe aquatique d’une prairie humide du marais. En automne, la Noctuelle gamma migre vers le sud, sous des cieux plus cléments où elle poursuit le fil de ses générations successives pour nous revenir au printemps.

Une proche cousine

Une proche cousine, la Noctuelle goutte d’argent, qui s’en distingue notamment par la fameuse marque blanche au centre des ailes antérieures. Et par un calme butinage, loin des incessantes vibrations de la Noctuelle gamma !

En savoir plus :

  • Hétérocères diurnes, 2020, Rainer Ulrich, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photo des insectes, 2019, Heiko Bellmann, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • Autographa gamma avec le site de l’Inventaire national du patrimoine naturel (INPN)
  • Autographa gamma avec la galerie du site insecte.org

Photos JF Irastorza

 

La Mégachile lagopoda

Mégachile lagopoda, mâle, sur capitule de Gaillarde.

Des tarses avant aplatis, frangés de longues soies blanches : voilà les « poignets laineux » de la Mégachile lagopoda. L’apanage de mâles si peu conviviaux !

Mégachile lagopoda, mâle, sur capitule d'artichaut en fleurs.

Chaque année, quelques têtes d’artichaut sont laissées à fleurs. Très appréciées des abeilles sauvages et des papillons, elles s’épanouissent en début d’été. Patience…

On se souvient des foucades de ces Messieurs, l’été dernier, sur la planche des artichauts en fleurs. Les mâles de la Mégachile poignets-laineux (Megachile lagopoda) sont de retour au jardin. Comment ne pas les remarquer… Pas de femelle encore à l’horizon ? Les bougres n’en sont que plus irascibles.

En attendant les généreux capitules mauves, ils sont quelques prétendants à vouloir s’approprier les touffes de Gaillarde et de Scabieuse. Intolérants entre eux, ils ne supportent pas davantage les autres butineurs. Cela dit, les halictes ne manquent pas de répondant. Les bourdons non plus.

Les kékés reviennent inlassablement à la charge. Pourtant, leurs fameux « poignets laineux » n’impressionnent personne. Drôle de coquetterie en vérité que ces tarses avant, élargis, abondamment hérissés de soies blanches !

Un comble : c’est à peine si les trublions prennent le temps de butiner eux-mêmes. Chaque chose en son temps sans doute. D’abord établir et défendre un territoire. En prévision de l’émergence de ces dames.

Sources :

Megachile lagopoda, mâle, en pause sur fleur de Gaura.

Brève pause en fin d’après-midi sur les fleurs fanées du Gaura. Au-delà des longues soies blanches des tarses avant, une pilosité courte mais dense. Jusque sur la face aux grands yeux noirs. On perçoit bien également ici les tibias arrière, très épaissis et arqués.