La Scolie hirsute

La Scolie hirsute sur origan en fleurs / Un jardin dans le Marais poitevin.

Qui a connu les ravages du vers blanc sur les racines des légumes appréciera la présence de la Scolie hirsute au potager !

Scolie hirsute : deux large bandes jaune vif sur l'abdomen / Un jardin dans le Marais poitevin.

Taille maxi : 22 mm. Visible de juillet à septembre.

Dans la série des guêpes solitaires utiles au jardin, voici la Scolie hirsute (Scolia hirta). Elle est immédiatement repérable lorsqu’elle butine. Ici sur l’origan en fleurs. Grâce à sa taille respectable mais surtout aux deux larges bandes jaune vif qui barrent son abdomen. Les ailes fumées, elle se distingue encore, d’où son qualificatif, à la pilosité dense qui brille Scolie hirsute : solides antennes et ailes fumées / Un jardin dans le Marais poitevin.au soleil sur l’ensemble du corps.

Butineuse assidue, la Scolie est surtout la bienvenue au potager pour le met de choix qu’elle réserve à sa progéniture. Non pas des sauterelles comme l’Isodonte mexicaine ou des grillons comme le Sphex gryllivore, mais des larves de coléoptères, amatrices de racines, dont celles du hanneton : les trop fameux vers blancs.

Ses solides antennes les repèrent sous terre. Elle creuse alors jusqu’à les trouver. Pour les anesthésier et pondre un oeuf sur chacun d’eux. On devine la suite. Certes, elle peut aussi faire de même avec les larves de la Cétoine dorée, utiles à la décomposition du compost. Du moins permet-elle d’en réguler les populations.

Scolie hirsute : une pilosité dense sur l'ensemble du corps à dominante noire / un jardin dans le Marais poitevin.

Larve de hanneton.

La Scolie hirsute parasite la larve du hanneton : le vers blanc, un sacré ravageur !

Toujours fidèle à l’origan en fleurs !

Parmi les commensaux de la phacélie.

Plus petit que Madame, Monsieur lui fait sa cour. Il tourne autour, la titille, ose parfois des avances plus explicites. Mais elle continue à butiner en toute indifférence…

Sur inflorescence d’Eupatoire à feuilles de chanvre.

En savoir plus : 

  • Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, 2019, Heiko Bellmann, Delachaux et Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • La Scolie hirsute avec le site quelestcetanimal.com
  • La Scolie hirsute avec les Carnets nature de Jessica

 Photos JF Irastorza

 

Le Lion des pucerons !

Chrysope commune (Chrysopa perla).

Voilà une précieuse auxiliaire au jardin : la Chrysope commune est parfois appelée le lion-des-pucerons. On ne saurait mieux dire.

Chrysope commune (Chrysoperla carnea).

Longueur maxi : 15 mm. Visible de mai à août.

Mieux que les coccinelles, les syrphes et les téléphores ! Moins connue du jardinier et pourtant… Ce n’est pas pour rien que la Chrysope commune (Chrysoperla carnea) est parfois appelée le lion-des-pucerons. Si vous avez la chance de l’apercevoir, surtout faites-lui bon accueil. 

Transparentes, quadrillées de solides nervures noires, les longues et larges ailes ne cachent rien d’une  silhouette fusiforme à la dominante bleu vert tachée de noir. À peine perceptible sur la végétation printanière. Les yeux sont dorés ? En effet. Reste que la tête est bien trop petite pour qu’ils attirent l’attention ! 

Une petite tête dont on perçoit toutefois, en s’y attardant un peu, les puissantes mandibules. Les armes du lion. Si la chrysope est à la fois butineuse et carnivore, ses larves sont de redoutables chasseuses. Avec les pucerons pour cible prioritaire. Bonnes filles, elles dévorent aussi trips, acariens, aleurodes, petites chenilles… Et autres ravageurs.

Chrysope commune (Chrysopa perla).

Ailes quadrillées de nervures noires, longues et fines antennes, dominante bleu vert, large ligne dorsale noire, tache noire en forme de X sur la tête. On aperçoit bien ici les fortes mandibules du Lion des pucerons. Son nom latin (Chrysoperla) évoque des « perles dorées », allusion à ses petits yeux ronds. Difficiles à voir sur le terrain il est vrai.

En savoir plus : 

Photos JF Irastorza

 

Comme dans un gant !

Penstémon digitalis et Abeille charpentière.

Largeur, profondeur : la corolle tubulaire du Penstémon digitalis est juste comme il faut… Les plus gros butineurs s’y engouffrent sans hésiter !

Penstémon digitales et Bourdon des champs.Familière du lumineux Penstémon rouge, l’Abeille charpentière apprécie également les fleurs blanches de son cousin, le Penstémon digité (Penstemon digitalis). Elle n’est pas la seule. Les bourdons y sont également assidus. Particulièrement le Bourdon des champs qui s’y engouffre encore et encore…

Une corolle tubulaire discrètement veinée de rose pourpre et deux lèvres fortement échancrées : trois lobes ovales en bas, deux au-dessus. Les petits sacs de pollen s’y détachent d’autant mieux qu’ils y font écho au vert bronze du feuillage et des tiges rameuses. Les syrphes peuvent s’en repaître tout en restant campés au bord de la corolle.

Pour le nectar, c’est autre chose ! Pas d’autre solution que de plonger à l’intérieur. Heureusement le vestibule n’est pas trop profond. Les bourdons comme la Charpentière n’ont pas de peine à s’y couler. Comme dans un gant presque taillé sur mesure ! Et leur longue langue fait le reste.

Penstémon digitalis et Abeille charpentière.

La corolle du dessous fait la courte échelle à la Charpentière pour qu’elle puisse mieux se couler à l’étage au dessus !

penstémon digitalis et Syrphe ceinturé.

Les Syrphes restent à l’entrée. Pas la peine d’aller plus loin : les anthères et le pollen sont là à portée de langue.

Le Bourdon des jardins s’engouffre dans la corolle, la longue langue déjà dressée à l’avant.

Quelle langue ! Madame Anthophore sp. parée pour siphonner le nectar.

Photos JF Irastorza