La Tenthrède rustique

Tenthrède rustique, femelle, sur ombelle de Cerfeuil des bois.

Grande amatrice de nectar, la Tenthrède rustique a un faible pour les ombellifères qu’elle fréquente assidument au printemps.

Tenthrède rustique, femelle, sur ombelle de Cerfeuil des bois.

Taille maxi : 12 mm. Visible de mai à juillet.

Même comportement que sa cousine, la petite Tenthrède de la ronce (Arge cyanocrocea), mais un physique très différent. Active butineuse, la Tenthrède rustique (Macrophya montana) apprécie ainsi les ombellifères du printemps. Notamment le Cerfeuil des bois. Et, pour installer sa progéniture, elle privilégie actuellement la végétation naissante des haies et des fourrés. Particulièrement la ronce.

La comparaison s’arrête là. Car, avec une silhouette plus allongée, la dominante ici est noire rehaussée de jaune vif. Par petites touches autour du pronotum, sur les pattes et, par bandes transversales, à l’avant puis à l’arrière de l’abdomen.

Du moins pour la femelle. Car le mâle est presqu’entièrement noir. À l’exception des pattes avant et médianes très pâles. Et d’une petite coquetterie aux pattes arrière : une tache blanche sur les tarses avec un discret rappel à l’extrémité des tibias.

En ce début de printemps, ces Messieurs vont et viennent d’une ombelle l’autre le long du halage. Chamaillerie garantie lorsque survient une belle. Jusqu’à ce qu’elle choisisse. Ou pas. C’est alors reparti pour un tour.

Accouplement en opposition sur une ombelle de cerfeuil des bois.

L’accouplement commence parfois par une véritable mêlée où deux voire trois mâles se présentent à la belle. Qui choisit l’un d’entre eux… ou la poudre d’escampette !

Tenthrède rustique, femelle, sur ombelle de Cerfeuil des bois.

Un point commun avec la Tenthrède de la ronce et la plupart des Tenthrèdes : un thorax marqué de profonds sillons, au point de paraître cabossé.

En savoir plus :

Photos JF Iradtorza

 

La Tenthrède de la ronce

Tenthrèdde de la ronce sur première ombelle de Cerfeuil des bois.

Noir bleuté et jaune safran, la Tenthrède de la ronce installe sa progéniture dans les haies. Pour sa part, elle raffole du nectar des grandes ombellifères.

Tenthrède de la ronce sur ombelle de Cerfeuil des bois.

Taille maxi : 10 mm. Visible de mai à juillet.

Ni guêpe, ni abeille. Les tenthrèdes n’ont d’ailleurs pas de « pincement » entre abdomen et thorax. Elles ne chassent pas pour nourrir leur progéniture. Ni ne l’approvisionne pas en pollen et nectar ! Les femelles pondent plus simplement au revers des feuilles. Et les larves – aux allures de petites chenilles – en feront leur affaire… Est-il besoin de préciser sur quelles feuilles la Tenthrède de la ronce jette son dévolu ?

Moins à craindre donc au potager que ses cousines défoliatrices de l’oseille, du rosier, du groseillier ou de la rave ! Pour l’heure, tout juste émergée, elle prend des forces en sirotant le nectar des premières ombellifères. Toute petite, moins d’un centimètre, elle est facile à reconnaître avec ses solides antennes, et, surtout, sa livrée bicolore. Noire et orangée. Jusque sur les pattes et les ailes !

Deux taches noires barrent les ailes. Avec des nervures jaune orangé à l’avant, noires à l’arrière.

Début aout 2021. Sur une ombelle de Grande berce, au bord du halage.

Quelques cousines

Une cousine, la Tenthrède rustique (Macrophya montana), également familière des ombellifères et dont les larves se développent aussi sur la ronce.

Tenthrède temula. Butinage sur ombellifère en bordure du halage.

La Tenthrède temula installe sa progéniture plutôt dans les haies, notamment sur les troènes.

Une autre cousine, très ressemblante, la Tenthrède du rosier. Femelle en ponte sur une jeune pousse….

… et sa progéniture à l’assaut du feuillage moins d’un mois plus tard !

Larve de la Tenthrède de l'oseille.

Déjà un bel appétit pour cette jeune larve de la Thenthrède de l’oseille. Mieux vaut intervenir (ramassage) en cas d’envahissement : il ne restera bientôt que les nervures !

En savoir plus : 

 Photos JF Irastorza

 

Le Chrysotoxe prudent

Chrysotoxe prudent sur ombelle de Cerfeuil des bois.

Une allure de guêpe pour un bel auxiliaire du potager : les larves du Chrysotoxe prudent y font la chasse aux pucerons des racines !

Taille maxi : 15 mm. Visible de mai à août.

On a déjà vu un de ses cousins, le Chrysotoxe intermédiaire, sur les fleurs du jardin. Un syrphe de taille respectable. Près d’un centimètre et demi. Le Chrysotoxe prudent (Chrysotoxum cautum) présente la même allure de guêpe. Avec rayures et taches jaunes sur fond noir, ailes ambrées et longues antennes dressées à l’avant. Jusqu’à la face triangulaire jaune, barrée de noir.

Comment le distinguer de son cousin ? Des ailes moins contrastées. Le jaune du scutellum réduit à un simple liseré. Des fémurs orangés à la naissance noire. Et des antennes un peu moins longues. Surtout le troisième article.

Au-delà de ce distinguo, voilà à nouveau un syrphe utile au potager. Fidèle à la tradition familiale, les larves du Chrysotoxe prudent sont en effet à la fois terricoles et amatrices de pucerons. Ceux notamment des carottes mais aussi des racines du choux, des laitues et des haricots ! 

Chrysotoxe prudent sur ombelle de Cerfeuil des bois.

En savoir plus :

  • Mouches et moustiques d’Europe, 2024, Denis Richard et Pierre-Olivier Maquart, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • Le Chrysothoxe prudent avec les Carnets nature de Jessica

 Photos JF Irastorza